l'objet: (fr) Bolivie : des anars occupent des édifices gouvernementaux avec dynamite et cocktail molotov (ca) (en)
la date: Thu, 5 Jul 2001 17:13:46 -0400 (EDT)
De: "Nicolas Phébus" <nicolasphebus@yahoo.com>
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2 juillet 2001 - Juventudes Libertarias (Jeunesses libertaires), Bolivie
Depuis 95 jours, les "petits endettés" demandent une solution à leurs problèmes
de crédit. À 10 heure ce matin, certains d'entre eux ont occupés des édifices
gouvernementaux. Parmi eux se trouvent des membres du groupe anarcho-féministe
Mujeres Creando (Initiative de femmes), que le gouvernement tient responsable
de l'action.

Environ une centaine de militantEs ont occupé le bureau de la Defensoria del
Pueblo (Défense du peuple) et plusieurs douzaines occupent les bureaux de
l'archevêché catholique. Mais les événements les plus frappant sont arrivés à
l'agence de supervision des banques, où un millier d'endettés occupent les
bureaux et gardent en otages 94 fonctionnaires de l'institution.

Un groupe de militantEs est passé inaperçu des gardes de sécurité, est entré
dans l'édifice de l'autorité bancaire et a pris certains des employéEs en
otage. Des groupes ont également pu entré dans le bureau de l'archevêché
catholique et la Defensorìa avant d'être repérés.

Une fois à l'intérieur de l'agence bancaire, les militantEs ont versé de la
gazoline dans le hall d'entrée, près de la porte des bureaux du surintendant.
Pour empêcher la police d'entrer, ils ont également lancé des bâtons de
dynamite depuis le dernier étage de l'édifice dans la Isabel la Católica plaza.
Des groupes de policiers en civils ont tentés de reprendre l'édifice.
Des fonctionnaires de haut niveau de l'autorité bancaire ont été attachés dans
leurs bureaux à des ballots de dynamite pour empêcher toute intervention
policière. Les militantEs portent des douzaines de bâtons de dynamites en
bandoulière et certains portent de vieilles armes militaires.

Au moins une douzaine de militantEs se sont positionnés sur les balcons du
cinquième étage de l'édifice de l'autorité bancaire pour faire des discours
avec des mégaphones.

"Nous sommes ici parce que personne ne nous écoute. Ces gens montrent la dureté
de cœur typique des banquiers. Nous sommes ici parce que nous ne pouvons pas
payer nos dettes." Leurs mots résonnaient fortement de leurs position au
cinquième étage, accompagnés d'insultes et de chansons destinés aux banquiers.
Portant mégaphones, cocktails molotovs et bâtons de dynamite, les "petits
endettés" marchaient sur les balcons de l'édifice, provocant plus d'une
explosion dans Plaza Isabel la Católica pour que leurs revendications soit
entendues.

Une femmes a utilisé un mégaphone pour communiquer ses griefs à la police qui
entoure l'endroit : "Pour les pauvres il n'y a pas de repos, pas de justice.
Ils nous ont tout pris, nous laissant des bâtons de dynamite à manger. Parce
que seuls les négociants ont des droits, nous sommes ici, vivant dans la rue,
dans le froid la nuit, avec à peine un repas par jour, depuis plus de 90 jours.
Et personne ne nous écoute."

Une autre femme représentant les "endettés" à une conférence de presse a
déclaré "Nous ne pouvons pas quitter s'il n'y a pas de dialogue pour régler
notre problème, et si on ne trouve aucune solution, nous sommes déterminés à
nous suicider en face d'eux -parce qu'on ne peut plus tolérer cette situation."
Ce mouvement de protestation inclus 12 000 travailleurs et sans-emploi qui ont
emprunté de petites sommes d'argent et ont été abusés par les pratiques
usurières des banques privés. Aujourd'hui, ils revendiquent l'annulation totale
de leurs dettes, l'abandons des poursuites contre eux et la fin de l'imposition
de leur maigres gains. Depuis 3 mois, des milliers "d'endettés" sont venus à La
Paz de toutes les parties de Bolivie pour faire des manifs quotidiennes. Au
début c'était pacifique mais au fur et à mesure ça c'est radicalisé, allant
jusqu'à tenter de brûler des banques. À cause de la misère et du désespoir qui
les entoure, plus de six "endettés" se sont suicidés durant le conflit.
Plusieurs ont été forcé d'abandonner tous leurs biens à leurs créancier et à
vivre dans la rue. Pendant ce temps, le gouvernement favorise les riches en
effaçant leurs dettes et en leurs prêtant des sommes d'argent immense.
Au milieu de la nuit, des tentatives ont commencés pour libérer les 94
fonctionnaires toujours en otage dans l'édifice de l'autorité bancaire. Ces
tentatives impliquaient un comité de 6 personnes pour assurer leur sécurité,
incluant l'anarchiste Julieta P., ainsi que des personnages peu important comme
le législateur de droite F. Kieffer, un ancien paramilitaire. Tandis que les
négociation continue, l'édifice demeure fermé. Sont impliqués dans les
négociations les "endettés" (avec l'anarchiste María Galindo du groupe Mujeres
Creando comme porte parole) et des représentants des banques privés, des
représentants du clergé, de la Defensora del Pueblo (Défense du peuple) et des
membres de Derechos Humanos (Droits humains).

Les caméras, la nourriture et la boisson sont interdites. L'édifice est
constamment entouré par un cordon policier. D'après des rapports officieux, des
tireurs d'élites ont pris position dans la zone et des commandos spéciaux ont
été appelés.

Le gouvernement bolivien est ouvertement fasciste. Le président-général
génocidaire Banzer est responsable de la mort de plusieurs combattants sociaux
pendant les 4 ans de son régime. Nous dénonçons les clowns des droits humains,
l'église catholique réactionnaire et les suppôts des banques comme écran de
fumée pour détourner l'attention de la table de négociation pendant que le
gouvernement prépare ces chiens à exécuter un bain de sang.

L'activité des "petits endettés" est par nature anticapitaliste, parce qu'elle
déligitimise la propriété privée et attaque directement le profit. Elle utilise
l'action directe et l'auto-organisation.

L'État bolivien a été qualifié de plus corrompu des Amériques. L'inégalité
côtoie le sordide. La faim, les massacre et le chômage sont la règle.
L'intensité de la lutte de classe rend les exploités plus radicaux dans leurs
luttes. Il y a 12 jours, les fermiers Aymars ont bloqués les autoroutes dans la
région de Altiplano pour demander l'abandon du néolibéralisme. L'État a répondu
en assassinant deux d'entre eux. La réponse fut des attaques à la dynamite sur
les lignes de haute-tension.

Nous appelons le mouvement anarchiste en particulier et les anticapitalistes en
général à protester aux ambassades boliviennes, à diffuser l'info sur nos
luttes pour arrêter le génocide en préparation.
La violence est justifiée, l'insurrection indispensable.
EN AVANT POUR LA RÉVOLUTON SOCIALE...
ACTION DIRECTE CONTRE LE CAPITAL ET L'ÉTAT!
Juventudes Libertarias, Bolivie
Email: jjll_bolivia@hotmail.com
Web: www.come.to/jlb
Photo disponibles sur le web à
http://www.infoshop.org/inews/stories.php?story=01/07/04/4930223]
[Traduction de (en) Bolivia - Anarchists Occupy Government Buildings (ca),
publié le 4 juillet sur A-Infos. L'original en espagnol avait été traduit en
anglais par Robby Barnes et Sylvie Kashdan. Traduction en français : Nicolas
Phébus, Groupe Emile-Henry (Nefac-Québec)]
* * *

Mujeres Creando

Avec seulement 15-20 membres actives, le groupe anarcho-féministe Mujeres
Creando a fait une différence en Bolivie. Le groupe s'attaque aux question de
genre, de la sexualité, des classes et de la race, appuyant sa critique de la
société par des actions concrètes.

Les activités du groupe inclus l'opération d'un petit centre culturel, des
publications et toutes sortes d'agitations. Le groupe est surtout reconnus pour
ces graffitis, toujours signé Mujeres Creando. Les cibles favorites du groupe
sont les néolibéraux, les gauchistes machistes et les féministes officielles
("technocrates du genre").

D'autres féministes disent que le style "rentre dedans" du groupe est contre
productif. Mais Mujeres Creando est la seule organisation du pays parle
publiquement, constamment et clairement pour les opprimés, peut importe qui ils
sont. Les têtes de file inclus les deux seules militantes ouvertement
lesbiennes de Bolivie. Le groupe forge des espaces de liberté et d'action pour
toutes.

Voici comment le groupe se définit : "Mujeres Creando es un colectivo de
afectos y defectos, mucha creatividad y propuesta. Hemos nacido con la
intención de ser un movimiento transformador. Movimiento como espacio de
cultura arte y propuesta social donde pintemos, contemos historias, las
bailemos, las cocinemos, subvirtiendo los órdenes y las órdenes patriarcales.
Reconocemos, entre otras personas, a tres madres vertientes, la cosmovisión de
nuestras ancestras andinas herejes y rebeldes, las propuestas anarquistas con
la desmistificción del poder la lucha contra el estado, la autoridad y no
militarista. Y nos reconocemos fundamentalmente en el feminismo autónomo como
movimiento social y donde nuestras identidades se desarrollan libremente. El
feminismo autónomo constituye para nosotras una de las fuentes valiosas de
develamiento de nuestro ser y hacer en cada uno de nuestros pueblos. Junto a
otras hermanas latinoamericanas, hemos logrado separar lo que es el feminismo
de la tecnocracia de genero y esa es una lucha historicamente valiosa que a
significad arrancar de las fauces del patriarcado al feminismo que corria el
peligro de se eglutido y manipulado."

Contactez Mujeres Creando at Casilla
12806, La Paz, Bolivia;
creando@ceibo.entelnet.bo
Tom Kruse
http://www.americas.org/News/Features/199906_Gay_Rights/bolivias_mujeres_creando.htm
[Extrait de www.infoshop.org, traduit par Nicolas Phébus]
****** Agence de Presse A-Infos ******
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