l'objet: (fr) Bolivie : la chasse aux militantEs est commencée (en)
la date: Fri, 6 Jul 2001 16:36:44 -0400 (EDT)
De: "Nicolas Phébus" <nicolasphebus@yahoo.com>
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La chasse aux militantEs est commencée en Bolivie (4 juillet 2001, Juventudes
Libertarias)

Une femme portant une ceinture de bâton de dynamite fut l'image la plus
parlante d'une journée violente. Quand, dans la ville de La Paz, des centaines
de "petits endettés" et d'anarcho-féministes ont occupés trois édifices publics
le matin du 2 juillet, désarmant les gardes et prenant en otage 60
bureaucrates. Les militantEs menaçaient de faire sauter la place si leurs
instructions n'étaient pas suivie. Ils étaient chargés de plus de dynamite, de
gazoline et de bombes artisanales que nécessaire.

Presque simultanément, un autre groupe occupait les bureaux de la Conférence
Épiscopale de Bolivie, où ils ont également pris des otages. Pendant ce temps
là, un troisième groupe "d'endettés" cernait l'édifice de la Défense, où ils
ont permis aux employés de quitter les lieux.

Dans la ville de Sucre, 40 militantEs ont envahis les bureaux de l'Archevêché.
Ils étaient accompagnéEs de 14 enfants, le plus jeune âgé d'à peine 7 mois. Là,
ils ont déclaré une grève de la faim, tandis qu'il y avait des manifestations
de rue dans la ville de Tarija.

La tension c'est concentrée à La Paz, dans la Surintendance des Banques. Le
préambule de la prise d'otage fut une suite de manifestations des "endettés"
qui a commencée il y a presque 100 jours. Le but de leur mobilisation est de
forcer le système bancaire à oublier leurs dettes.

Mais certainEs des participantEs de l'assaut contre la surintendance ont criéEs
qu'ils étaient prêtEs à se tuer si la police entraient dans l'édifice. Sur le
toit, une dizaine "d'endettés" criait des slogans contre les banquiers. Deux
femmes, d'environ quarante ans, avaient des cocktails molotovs dans les mains.
Les autres portaient de la dynamite.

Les tapis des luxueux bureaux furent imbibés de gazoline et les portes furent
minées de dynamite, a dit une personne sur place. Les militantEs ont agis avec
une grande habilité. Aucun des captifs ne fut agressé. À l'extérieur, la police
amassait des centaines d'hommes, et à quelques occasions, des policiers en
civil ont essayer de reprendre l'édifice mais ils ont été accueillis par de la
dynamite et des molotovs.

Par des négociations à 16h40, ils ont annoncés qu'ils libéreraient les otages à
condition que les militantEs ne soient pas arrêtéEs et que les négociations
portent dorénavant sur les questions bancaires. À 19h45, tous les otages
étaient libéréEs, et on s'est rendu compte qu'il n'y en avait qu'une
soixantaine et non une centaine comme l'avait inventé le gouvernement, de même
il semble que les militantEs étaient environ 200 et non 1000 comme certains
médias l'ont affirmé. Durant la journée entière, la police n'a pas permis à la
Croix rouge d'amener de l'eau dans l'édifice. Sans parler de la nourriture, et
en fait, plusieurs des "petits endettés" n'avaient pas mangé depuis des jours.
Le mouvement des "petits endettés" rassemble plus de 12 000 familles qui ont
empruntés de l'argent, dans plusieurs cas pour acheter de la nourriture, avec
des intérêts bancaires de 60% pour des prêts de quelques centaines de dollars.
Dans la plupart des cas, les "endettés" ont rembourser la somme originale, mais
sont maintenant tenus à la gorge par le paiement des intérêts et les banques
leurs ont absolument tout pris. Ces gens viennent de tout le pays et sont
arrivés à La Paz où ils manifestent depuis trois mois, dormant dans les rues,
mangeant quand ils le peuvent. Alors qu'ils manifestaient de façon non-violente
et par la désobéissance civile, ils ont été terriblement réprimé et certains se
sont tués. Pratiquement aucune option ne leur a été laissée et ils ont choisi
l'action directe violente. Le collectif anarchiste Mujeres Creando a été avec
eux non pas comme conseiller ou comme guide, mais comme camarades et sœurs dans
le même système pervers d'exploitation et d'oppression. Elles ont aidé au
développement de pratiques organisationnelles horizontales et développées une
grande solidarité.

Le désespoir des "petits endettés" est tel qu'un des otages parle d'une
militante totalement déterminée. Avant de venir, elle avait fait un pacte avec
ses enfants. Si quelque chose lui arrivait, sa famille au complet avait décidée
de s'empoisonner.

La libération des otages à l'intérieur a laissé aux "endettés" et à une
commission de sûreté jusqu'à 3h00 le 3 juillet, quand les militantEs ont
abandonnéEs l'édifice et commencé une procession vers la Plaza des étudiants.
Les plans de la police étaient notoire et laissait présager une opération
violente. L'intention de la police était d'éviter la jonction de la marche avec
un autre groupe "d'endettés" qui les attendait à la Plaza des étudiants mais
finalement ils n'ont rien empêché et les deux groupes se sont rassemblé et ont
eu une bonne réunion grâce à l'unité qui s'est maintenu.

Si la police n'a pas lancé de reprise sanglante de l'édifice, s'était parce que
des centaines "d'endettés" faisaient pression dans les parages.

Après des négociations ardues, les "petits endettés" et les banquiers ont signé
un contrat en neuf points aujourd'hui (4 juillet). Ils n'ont pas obtenus
l'amnistie des dettes ou des intérêts promis dans les contrats. Les financiers
et les banquiers ont été d'accord pour concilier les compte de banque et
réviser, sur une base de cas par cas, les actions antagonistes et unilatérales
de bilan de ceux qui ont emprunté moins de 5 000$.

Tandis que la conciliation des compte de banque se fait, les banques ne
déposséderont pas les "endettés" et ne les priveront pas de leurs outils de
travail. Le processus durera 100 jours. En plus de ça, la commission de sûreté
dit que le gouvernement promettra de ne pas persécuter les militantEs.
Mais, tandis que ces négociation avaient lieu, le gouvernement a enrôler un
réseau (?) pour détenir les militantEs, que nous, les Juventudes Libertarias,
avons dénoncé parce que la commission de sûreté était composée de prêtres, de
politiciens de droite et de clowns libéraux et n'était qu'un écran de fumée
pour préparer la chasse politique.

"Nous sommes une seule famille. Ils veulent la justice? Nous allons leurs en
donner de la justice" ont averti des centaines de "petits endettés" qui étaient
les protagonistes de l'occupation de la Surintendance des Banques. Des milliers
de militantEs se sont réunis dans la ville de La Paz. Ils ne retourneront pas
dans leurs districts d'origine et encore moins dissoudre l'Association
nationales des petits emprunteurs de Bolivie avant l'annonce officielle de
l'arrestation de ceux qui ont occupés l'édifice de la banque. Ils ont annoncés
que si les arrestations continuent, 10 000 militantEs de toute la Bolivie se
concentreraient à La Paz pour défendre leur droits dans les rues.
Jusqu'à 22h00 le 4 juillet, il y avait 20 arrestations pour au moins neuf
accusations, telles que sédition, rébellion, conspiration, association
criminelle, terrorisme, etc... Tout de même, les "endettés" ont indiqués que
l'action extrême de la "prise" de l'édifice bancaire était due au désespoir de
centaines de familles qui sont à La Paz sans réparation d'aucune autorité.
En ce moment, nous recevons des rapports de multiples opérations policières
comme celle de la Plaza des héros, où 10 militantEs furent surpris au milieu
d'une réunion et arrêtéEs, tandis qu'un autre groupe prenait l'autoroute,
désespéré d'éviter la capture. Cinq "endettés" de plus ont été capturés à la
Plaza San Francisco dans une manifestation de triomphe parce que les financiers
avaient signer un accord. Les autres "endettés" ont trouvé refuge dans
l'Université. Dans le centre de la ville, des patrouilles policière amènent un
grand nombre "d'endettés" vers des destinations inconnues.

Le gouvernement a indiqué que les groupes anarchistes et les ex-guérilleros
étaient les plus recherchés, puisque qu'on les suspecte d'être les auteurs
intellectuels.

Il y a également des ordres de rechercher et capturer le syndicat paysan qui
maintient des blocages routiers depuis 13 jours pour revendiquer l'abandons du
néolibéralisme. Les tireurs d'élite du gouvernement ont déjà assassinés deux
des paysans il y a une semaines, comme ils ont assassinés deux "petits
endettés" dans une manifestation en avril dernier.

Felipe Quispe, le secrétaire général de la Confédération paysanne depuis
qu'elle est clandestine, a indiqué qu'il n'y aurait pas de problèmes à prendre
les armes et à se soulever contre l'État si le gouvernement les force à le
faire. Il dit que les paysans sont écœurés de la farce du gouvernement : "nous
allons le justifier parce qu'ils nous forcent à le faire; maintenant il n'y a
plus d'autres choix parce que le gouvernement ne veut plus dialoguer; le
gouvernement n'écoutera pas les moyens légaux, la méthode démocratique. Alors,
qu'est-ce qu'un pauvre peut faire d'autre? Il y a des options, mais c'est de
choisir des méthodes plus révolutionnaires, plus honnêtes, et ces méthodes
attendent sous chaque poncho."

Quispe dit qu'il a une sympathie absolue pour les méthodes de lutte adoptées
par les "petits endettés" dans la prise de l'édifice bancaire. "C'est la seule
option qui reste pour le pauvre", dit il. El Mallku a annoncé qu'il a donner
une dure lutte au gouvernement et qu'un blocage d'ampleur s'en venait. "À
partir de lundi, nous ridiculiserons tous les blocages, nous allons employer
tous les moyens nécessaires, nous ne serons pas monotones, nous ne ferons pas
toujours la même chose, nous devons avoir de l'initiative de notre côté. Nous
sommes à planifier comment nous allons faire tomber (sentir?) ce gouvernement
néolibéral" a-t-il dit. Durant la nuit d'aujourd'hui, 4 juillet, la Centrale
Ouvrière de Bolivie (COB; NDLT : la COB est la centrale syndicale nationale,
avec une base radicale mais une direction relativement conservatrice) a appuyé
le leader paysan Felipe Quispe, qui est menacé d'arrestation par le
gouvernement qui parle de décréter l'état d'urgence, avant un congédiement
massif, le peu d'attention donné à leurs revendications par le pouvoir exécutif
et le rejet de l'invitation de l'église de rendre public les développements de
la rencontre. La décision fut prise dans une assemblée ouvrière nationale à
laquelle participait 31 des 49 représentantEs.

Ils ont indiqués que la lutte des paysans ne pouvait être isolée du mouvement
ouvrier, parce qu'elle traite d'une lutte pour la justification d'un des
secteurs les plus appauvri du pays.

La bourgeoisie dans son ensemble appréhende avec horreur que l'action des
masses puisse la déposséder et mettre la stabilité du régime bourgeois en jeu.
Les tentatives de répression du gouvernement bourgeois ne rencontre que
l'intensité des mobilisations populaires.

Les travailleurs en lutte générale pour le droit de manger, d'avoir du travail,
d'avoir de l'éducation pour leurs enfants -que le gouvernement considère comme
des demandes irrationnelles-doit être victorieuse dans la lutte, dans la rue,
sur les autoroutes, balayant les bourgeois ineptes du pouvoir.

La violence émerge d'une manière inévitable et nous sommes obliger de nous
défendre et de nous armer pour résister à la répression du gouvernement. La
lutte des exploités est même dans tous les coins du monde; la solidarité doit
être une tâche irréductible. Nous insistons pour continuer la lutte en Bolivie,
pour contre-informer et dénoncer la chasse que le Président Général Banzer a
commencer.

MAINTENANT PLUS QUE JAMAIS... ACTION DIRECTE CONTRE L'ÉTAT ET LE CAPITAL!
TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES DU MONDE ENTIER, UNISSEZ-VOUS, ORGANISEZ-VOUS ET
ARMEZ-VOUS!

Juventudes Libertarias, Bolivie
Email: jjll_bolivia@hotmail.com
Web: www.come.to/jlb
US solidarity: tr11@sover.net
[traduction de "(en) Update on Bolivia" posté sur A-Infos le 5 juillet par
Ethan Mitchell tr11_mx@yahoo.com.mx. Traduit en français par Nicolas Phébus à
partir de la traduction anglaise et Ethan Mitchell]
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