l'objet: (fr) Bolivie : L'Etat Bolivien se prépare à un massacre (14 juillet 2001)
la date: Thu, 26 Jul 2001 02:20:59 -0400 (EDT)
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Retranchés dans les monts et munis d'armes à feu,
de frondes, de chicotes et de dynamite, des
centaines de paysans de la province Omasuyos ont
attendu, défiants, ce 13 juillet, les militaires qui,
sur ordre du gouvernement, avaient menacé de
commettre un massacre si les barrages routiers
n'étaient pas levés dans le haut-plateau Bolivien.
Les paysans couvraient leurs visages aves des
passe-montagnes pour ne pas être identifiés par la
presse nationale et internationale, qui s'était
donné rendez-vous à Achacachi à l'occasion de la
fin de l'ultimatum pour le débloquage des routes.
Approximativement, 25 à 30000 paysans postés à
différents points critiques de Achacachi ont
déclaré une guerre civile et un état de siège dans la
province d'Omasuyos. Ils demandent l'abolition du
néo-libéralisme, l'autodétérmination des peuples
indigènes, la terre, l'arrêt de la répression
syndicale, la démilitarisation du haut-plateau, etc.
Les paysans organisés en trois secteurs, appelés
respectivement caserne (" cuartel ") Sopochani,
quartier général de Paxchani et commandement
général de l'armée indigène de Qalachaca, exigent la
déclaration de la guerre civile.

Le gouvernement avait donné aux Forces Armées la
consigne de débloquer les accès au haut-plateau
de La Paz dès l'expiration de l'ultimatum, ce 12
juillet à 14h30. Mais il a laissé hier en suspens
l'intervention militaire et policière étant
donnée la résistance tenace des paysans, laissant
planer la menace en déclarant que l'intervention peut
acoir lieu " à n'importe-quel moment ". Le choc
armé a été à deux doigts de se déclencher.
Le vent dans les pampas glacées du haut-plateau
souffle avec fureur, tandis que les puissantes
détonations de dynamite résonnent pour avertir que "
le territoire Aymará sera défendu avec le sang ".
Les paysans Aymarás ne constituent pas une
guérilla, ils se sont organisés spontanément, face à
l'annonce du massacre par le gouvernement Bolivien
ils refusent de mourir comme des agneaux, ils ont
pris des vieux fusils et de la dynamite pour
empécher l'escalade de la terreur que l'Etat a
déclenché sur les travailleurs et les paysans.
Armées, les visages couverts de passe-montagnes,
les " troupes paysannes ", comme elles se font
appeler, sont disposées à mourir si les forces du
gouvernement essayent de rompre les barrages
routiers installés depuis le 21 juin dernier.
Une assemblée générale a décidé hier sa stratégie
militaire en ordonnant le " siège " des troupes
militaires et policières stationnées dans la zone,
et en proclamant l'état d'urgence dans le
territoire en conflit. La mesure est spécifique : " le
transit de militaires et policiers est interdit
pendant les 24 heures de la journée ".
Quispe, le secrétaire général de la Confédération
des Paysans, a dit que le retrait des troupes
militaires de la zone, ainsi que l'abandon du
nouveau procès qui lui est intenté, sont des préalables
au dialogue avec le gouvernement. Les paysans
acceptent le dialogue mais ils menacent avec une
guerre civile s'ils continuent à se faire assassiner
ou si le gouvernement ne respecte pas les
accords.

Des paysans Aymarás arrivent de tout le
haut-plateau vers le centre du conflit, à la localité de
Achacachi, sans qu'il y ait de grandes nouveautés,
au milieu de détonations de dynamite et de
rafales d'armes automatiques, défiant le gouvernement
raciste, fasciste et narcotraficant du
tortionnaire général-président Banzer, domestique de
l'impérialisme capitaliste.

La longue colonne, combative, des paysans de
Warizata, Chojqa Kala et d'autres, arrivaient hier
avec des drapeaux rouges, whipalas (drapeaux
indigènes) et les fusils en l'air. Après avoir occupé
pendant quelques minutes les pentes qui entourent
le pont en pierre, qui a servi de tribune, les
dizaines de milliers de paysans ont commencé à
marcher divisés en d'immenses colonnes par les chemis
communaux qui partent de Achacachi vers le
sud-est, la route vers le siège du gouvernement.
Aujourd'hui, 14 juillet 2001, a commencé une
grande assemblée paysanne qui decidera des actions à
mener, tandis que le gouvernement a reculé, pour
le moment, la menace d'une boucherie ne devant
pas être écartée.

La Bolivie se débat aujourd'hui dans une
gigantesque crise économique, en grande partie produit de
la déprédation des multinationales et du
gouvernement le plus corropu des Amériques (selon l'ONG "
Transparence Internationale "), qui a produit une
intensification de la lutte de classes,
mobilisant tous les travailleurs. Mineurs, étudiants,
cultivateurs de coca, petits débiteurs, ouvriers,
instituteurs, travailleurs de la santé, indigènes,
prisonniers, se soulèvent contre toute la
politique bourgeoise qui nous affame, tandis que la
bureaucratie syndicale, réformiste et collaborationniste
signe des accords avec le gouvernement.
Nous nous réjouisserions des protestations
solidaires des anarchistes d'Espagne, du Chili,
d'Uruguay, de France et nous appelons à développer
l'internationalisme ouvrier.

Ne permettons pas l'assassinat de masse, dont
l'Etat Bolivien se prépare à être le protagoniste,
avec la complicité de l'impérialisme capitaliste.
Nous appelons à des actions internationalistes en
défense des exploités de Bolivie, qui luttent
pour la cause commune des travailleurs et des
travailleuses du Monde : liberté, égalité.
Jeunesses Libertaires, Bolivie

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E-mail : jjll_bolivia@hotmail.com