EDU LIBRE !
MAIS LES INCARCERATIONS ARBITRAIRES SE MULTIPLIENT EN ESPAGNE

Dans la nuit du 23 au 24 octobre, nous avons appris la libération d’Edoardo Garcia Macias, après un an d’emprisonnement dans les quartiers d’isolement FIES des prisons madrilènes. Son rôle actif dans le mouvement de solidarité avec les détenus espagnols classés FIES en lutte pour l’abolition de ces infâmes quartiers d’isolement l’avait placé dans le collimateur de la police et mené derrière les barreaux suite à un grossier montage policier. Qu’il soit innocent ou coupable n’a aucune importance. Son incarcération et toutes les mesures répressives prises par la police espagnole récemment ne sert qu’à intimider le reste du mouvement, à freiner l’étendue sociale des luttes en cours. Peu avant la libération d’Edu, 3 autres anarchistes on été victimes d’un montage en Espagne. Ils son accusés d’avoir placé plusieurs bombes à Madrid en mai et juin. Cette fois-ci, on pouvait lire dans les quotidiens espagnols qu’ils ont été incarcérés sans la moindre preuve à leur encontre, mais que selon la déclaration du juge, ils « sont anarchistes, rendent visite à des prisonniers et ont des contacts à l’étranger.» Il a ajouté que rien de concret ne lie les personnes arrêtées aux bombes mais que la constatation précédente est une raison suffisante pour les enfermer. Ils sont donc accusés d’avoir posé une bombe contre un magasin FIAT quelques jours après l’assassinat de Carlo Giuliani à Gênes, ainsi que d’avoir placé d’autres engins explosifs la veille de la venue de Georges Bush en Espagne et en signe de solidarité avec les mineurs des Asturies emprisonnés. Ces arrestations interviennent dans un contexte de campagne répressive en Europe, et particulièrement dans les états du Sud, contre les milieux anarchistes et autonomes, ainsi que dans le cadre de la préparation du sommet de l’Union Européenne en mars prochain, dans un esprit de tolérance zéro, dixit Le Premier Ministre, au regard des émeutes de Gênes. Il existe également la volonté d’en finir avec le mouvement de solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte dans les quartiers d’isolement depuis plus de deux ans, qui a donné lieu a de nombreux rassemblements, manifestations, actions de sabotage etc.

Enfin, la banalisation de ces arrestations arbitraires notamment en Italie et en Espagne sont également à mettre en parallèle avec la volonté de ces états ainsi que de la Grèce et du Portugal d’élargir et de renforcer leur accord mutuel concernant l’ « anéantissement des groupes anarchistes dangereux ». Europol, en plein développement, pourra s’inspirer et calquer ses méthodes sur cette mise en pratique d’accords concernant la gestion des incontrôlables au niveau de 4 états.

Petite chronologie des événements répressifs en Espagne :

• environ 14 personnes proches des milieux anars, squatters, autonomes ont été arrêtées et inculpées pour terrorisme en 2001. La majorité proviennent de la scène squatt de Barcelone. En août dernier, le gouvernement a fait mine de découvrir un soit-disant soutien des squatters à l’ETA. La plupart ont été relâchés, mais 2 sont en cavale et d’autres sont dedans.
• tous les grands squats de Madrid ont été expulsés, et beaucoup ont connu le même sort à Barcelone.
• chaque « manifestation subversive » est victime d’agressions policières démesurées. Des flics anti-émeute armés de pistolet à balles en plastique encerclent les manifs, légales ou non ; les manifestant-e-s sont régulièrement matraqué-e-s, et des dizaines ont été arrêtées en manif cette année. L’agression la plus marquante s’est tenue lors de la manif contre la banque Mondiale à Barcelone. Le gouvernement a essuyé l’humiliation d’annuler la conférence par crainte des débordement attendue dans une ville qui a largement sut bâtir un réseau de lieux autonomes et offensifs. Il fallait nettoyer cette honte. Suite à cette manif truffée de provocateurs de la police, des expulsions ont eu lieu, dont celle de la Kasa de la Muntanya, plus vieux squat de Barcelone, lors de laquelle un jeune homme a perdu un œil, victime des balles en plastique de la police.

En octobre, un appel a été lancé par une « Assemblé de soutien à Eduardo » pour une semaine d’action et de solidarité avec Eduardo et les victimes des montages concernant ce que les médias appellent l’affaire des colis piégés. Le semaine doit commencer le 8 novembre, soit le premier anniversaire de l’incarcération d’Edu. Celui-ci, maintenant libre, n’est pas le seul individu impliqué dans l’affaire, il appartient donc à chacun de répondre à cette appel par des initiatives locales. Voici quelques extraits de cette appel : « Les personnes et collectifs qui composent l’Assemblée de Soutien participent et invitent participer aux journées de lutte qui s’étendront du 8 au 14 novembre. Nous demandons aux personnes, collectifs et organisations qui veulent se solidariser d’agir durant ces journées et nous donnons quelques exemples mêmes si d’autres idées valent tout aussi bien.

Samedi 10 novembre : Descendons dans les rues ! Pour cela ainsi que pour les autres propositions d’actions cordonnées, nous demandons que les collectifs et les compagnons qui veulent participer de s’organiser dans la rue, par des manifestations, des rassemblements, des banderoles, des actions etc. Nous sommes conscients du fait que la situation est différente à chaque endroit, mais même si l’on est peu on peut réussir à faire quelque chose d’original et qui attire l’attention et susciter le débat avec les gens.

Dimanche 11 : « marche sur les prisons » . Nous proposons qu’aux endroits où vous en avez la possibilité et où vous disposez de quelques prisons et de la volonté d’agir par rapport à cela, vous organisiez un rassemblement ou une marche devant la prison. Parce que la meilleure façon d’agir et de se solidariser avec les compagnons victimes des représailles et de poursuivre cette lutte que eux-mêmes menaient, le soutien aux détenu-e-s. Pendant les autres jours, laissez libre cours à votre imagination, débats, informations, actions, agitation dans la rue etc.

Nous exigeons :
La liberté immédiate et l’acquittement de toutes les personnes impliquées dans ce montage.
Non à la criminalisation, à la répression et aux montages contre les mouvements sociaux.
Abolition des quartiers FIES et de n’importe quelle méthode d’Assassinat par l’isolement.
Libération immédiate de tou-te-s les prisonnier-e-s malades ou atteint-e-s de pathologies incurables.
Fin de la dispersion et transfert consécutif de chaque prisonnier vers la prison la plus proche de son domicile.
Libération immédiate de tous les prisonnier-e-s ayant effectué les æ de leur peine.


[Extrait du Bulletin #32/33 de l'ABC Dijon, octobre/novembre 2001]