Joaquin Garces Villacampa

Aujourd'hui, j'en suis à 37 jours de grève de la faim rigoureuse (aujourd'hui 11 novembre 2002, ça fait déjà 49 jours de grève de la faim). Ma situation reste la même, l'imbécillité de ces fascistes (" démocrates pour toujours ") est telle qu'ils espèrent encore que je cède, alors que mes indicateurs vitaux sont désormais préoccupants. Je refuse tout compromis (…) : je ne SORTIRAI d'ici
qu'en LIBERTE ou enveloppé d'un suaire noir. Je refuse toute autre option.
J'exige ma LIBERTE, je me solidarise avec tous les compagnons en lutte pour les 4 revendications (à l'intérieur et en liberté) et, particulièrement, avec ceux qui sont brutalement fait agresser et insulter dans les mass-mierda, suite aux provocations et agressions de Quatre-Camins. Et aussi avec les dix compagnons d'Aranjuez, centre d'extermination où ils ont fait l'objet d'un montage répugnant, avec mon bon ami Amadeu Casellas à qui je ne peux même pas écrire à cause des procédés arbitraires qu'ils appliquent à son courrier.
Après 22 ans de séquestration institutionnelle effective, et le non respect par la " justice " de ses propres résolutions [référence à L. Cond.], je continue de revendiquer la LIBERTE ou la MORT ; pour moi, les paroles de ces fils du National Catholicisme ne riment à rien. Je ne les appelle pas autrement pour ne pas insulter les femmes qui arpentent les Ramblas ou Montera.
J'exige qu'Angel Yuste, chef du bras séculaire du Saint-Office, s'entretienne avec moi ainsi que je l'exige du Chef de la Justice des Oubliettes, Mercedes de la Merced, célèbre pour son apologie du franquisme dans un meeting lors des dernières élections " démocratiques ". Qu'ils écoutent mes paroles, qu'ils me regardent dans les yeux et si je n'en demande pas autant aux mass-mierda, c'est uniquement parce qu'ils sont l'instrument (médiatique) des BOURREAUX, ça n'aurait donc pas de sens.
Certains anarchistes disent que la solidarité n'appelle pas de gratitude. Respectable, comme toute opinion, mais moi, anarchiste depuis l'adolescence, je remercie de leur solidarité toutes les entités et groupes libertaires du MOUVEMENT ANARCHISTE REEL, vous qui me soutenez de diverses façons. Je me nourris de votre soutien qui m'a bouleversé et j'espère que la lutte individuelle qui est la mienne, élèvera encore plus le moral de la RESISTANCE et de votre LUTTE.
Tous ensemble nous vaincrons cette forme nouvelle et raffinée du fascisme qu'est la démocratie représentative, N'AYEZ AUCUN DOUTE Là-DESSUS.
Nos ennemis ont aujourd'hui beaucoup de force, mais contrairement à ce qu'a dit Unamuno, je dis : VOUS NE VAINCREZ PAS, VOUS NE CONVAINCREZ PAS.
Sur cette route de sang des femmes et des hommes opprimés que nous parcourons, aussi longue soit-elle, nous attend l'ANARCHIE, unique possibilité qu'il reste à l'humanité pour coexister intelligemment, quand tous les empires et les systèmes seront réduits à l'absurde par leurs propres contradictions. Nous, hier les mêmes que demain et que maintenant, NOUS SERONS TOUJOURS EN LUTTE, parce que nous connaissons cette réalité : ils ne pourront jamais en finir avec nous.

SALUT COMPAGNONS ET BEAUCOUP DE FORCE DANS LA LUTTE,
nous couvrirons notre tronçon de route avec l'ANARCHIE-EGALITE.
PRISON-DEMOLITION !

Centre d'Extermination d'Aranjuez - 30 octobre 2002
C.P. Madrid (Aranjuez) — Ctra. - Nacional 400 - Km28 — Apartado 2000
28300 Aranjuez (Madrid) — Espagne

[Extrait de la brochure #4 de TLMD, mai 2003, p.33]