07.10.04
Solidarité avec Gabriel, José, Bart et Begoña
Anarchistes arrêté-e-s à Aachen, Allemagne

Le 28 juin 2004, quatre personnes ont été arrêtées à Aachen, suite à un échange de tirs avec la police et une prise d’otages en voulant échapper à un contrôle. Il s’agit de Bart De Geeter, José Fernandez Delgado, Gabriel Pombo da Silva et Begoña Pombo da Silva.

Bart De Geeter est un anarchiste belge, âgé de 26 ans, actif dans le mouvement depuis plusieurs années et plus particulièrement investi dans la solidarité envers les prisonniers (en tant que membre de l’Anarchist Black Cross de Gand) et les sans-papiers.
Gabriel Pombo da Silva est un anarchiste espagnol connu, âgé de 36 ans, qui a passé 20 ans en prison, dont 14 en régime d’isolement FIES. En octobre 2003, il s’est évadé et a fui l’Espagne. Gabriel est un des rebelles sociaux/anarchistes qui se sont battus pendant des années contre les conditions brutales, l’isolement, la torture et les mauvais traitements dans les prisons espagnoles.
Agé de 44 ans, José Fernandez Delgado est un autre anarchiste espagnol qui s’est récemment évadé de prison après y avoir passé au moins 8 ans.
Begoña Pombo da Silva a 34 ans et est la sœur de Gabriel. Elle vit en Allemagne et a une fille de 7 ans. Hormis le fait d’être la sœur de Gabriel, elle n’a aucune relation avec le mouvement anarchiste.

Les quatre ont été arrêté-e-s par la police allemande juste après la frontière, dans une station essence sur la route de Aachen. Il semble que la raison de cette intervention ait été un contrôle anti-drogue. Quand les policiers ont voulu fouiller la voiture, un des quatre a sorti un revolver et a tiré en l’air. Suite à cela, les trois hommes ont pris un couple en otage et se sont enfuis à bord d’une voiture ; par contre, la jeune femme a été cernée et arrêtée par la police. Les trois hommes ont été pris en chasse par la police, un échange de feu a eu lieu, et quand leur voiture s’est accidentée, ils ont laissé partir les otages avant de prendre la fuite avec une autre voiture. Finalement, les trois se sont cachés dans un garage où ils se sont retrouvés encerclés par la police. Après un moment ils se sont rendus.

Les charges retenues à l’encontre des trois hommes par le procureur public de Aachen sont : tentative de meurtre (9 fois), prise d’otages (2 fois), vol à main armée, préparation de braquage et infractions graves au code de la route. Vu le déroulement des faits, il est probable que les charges retenues à l’encontre de Begoña soient moindres.
En ce moment une enquête internationale est en cours à l’encontre de la mouvance internationale de la gauche radicale. Ce qui veut dire que des anarchistes espagnols, belges et allemands sont concernés par cette enquête et sont considéré-e-s en tant que « réseau international ». A notre connaissance, aucune enquête n’est ouverte sur la base de l’article 129a/B du Code Pénal allemand (terrorisme). De même, il n’y a aucune demande d’extradition venant d’Espagne ou de Belgique. Il nous reste à voir si d’autres charges suivront, éventuellement émanant d’autres pays de l’Union Européenne.

Que des investigations internationales à l’encontre du mouvement de la gauche radicale soient en cours est devenu évident lorsque, le 4 août 2004, à Dresde, la police a perquisitionné la maison de deux camarades. Toutes deux sont des activistes de longue date au sein du mouvement de solidarité envers les prisonniers et l’organisation Rote Hilfe (secours rouge) en Allemagne. Il leur avait été demandé par l’Anarchist Black Cross de Gand (Belgique) de trouver des avocats pour les détenus, et depuis ce moment elles suivaient l’affaire ensemble avec l’ABC–Gand. Ces deux femmes sont maintenant suspectées d’avoir planifié un braquage avec les quatre personnes arrêtées !!
Selon la police, on aurait retrouvé dans la voiture des arrêtés, une carte de Dresde sur laquelle des armureries et postes de police étaient indiqués. Une route de fuite vers la République Tchèque figurerait aussi sur cette carte. Cette carte ainsi que le fait de trouver un avocat pour Bart et de demander un permis de visite semblent avoir été suffisant pour que la police effectue une perquisition chez elles. Pendant la perquisition, effectuée par la LandesKriminalAmt Sachsen et la police de Aachen, des portables, ordinateurs, écrits, lettres de prisonnier-e-s (etc.) ont été confisqués. Les deux femmes n’ont pas été arrêtées. Une des femmes a porté plainte suite à cette perquisition, mais celle-ci a été rejetée par la Cour régionale de Aachen, considérée comme infondée. Elle a fait appel de cette décision.

Dans les médias, l’affaire a d’abord été traitée comme un fait spectaculaire, bon pour faire la une des journaux, pour satisfaire le besoin de sensations, et pour faire progresser un peu plus la peur de tout ces « dangereux criminel-le-s ». Quand la presse a eu écho des motivations politiques, les premières histoires de connection avec ETA ont vu le jour – comme d’habitude quand il s’agit de l’Espagne/d’espagnols. De la part des journalistes qui ne cherchent pas à en savoir plus que ce que leur racontent les gouvernements, la police et la justice, on ne peut s’attendre à grand-chose d’autre…
Par contre, nous sommes conscient-e-s que ce sont nos camarades qui ont été capturés et qu’ils luttent, tout comme nous, contre la répression et la prison, contre la pauvreté et l’exploitation, contre l’exclusion et l’aliénation. Nous ne doutons pas qu’ils continueront la lutte à l’intérieur de la prison. Nous serons à leurs côtés, à l’extérieur, car nous ne pouvons accepter et nous ne voulons nous résigner face à ce monde misérable et son ballet d’injustices, de mensonges et de souffrances. Car personne n’est vraiment libre tant que nous ne le sommes pas tou-te-s.

Nous appelons à la solidarité internationale avec nos camarades capturés suite à leur engagement dans la lutte, pour casser tous les murs, toutes les frontières et pour la liberté de chacun-e !

Les prisonnier-e-s sont dispersé-e-s dans des prisons différentes et gardé-e-s à l’isolement, ce qui veut dire qu’ils restent au moins 23 heures enfermées dans leur cellule, qu’ils n’ont pas de contact avec d’autres prisonniers et qu’ils doivent porter des uniformes de prison.
Gabriel est surveillé toutes les demi-heures par l’œilleton et les gardiens allument arbitrairement la lumière de sa cellule, ce qui entraîne des troubles du sommeil. Pour José, nous savons que la première semaine il n’a eu aucun moment d’activité et qu’il est donc resté 24h/24h dans sa cellule. Les conditions de détention semblent s’améliorer pour Bart,
mais il est toujours souvent transféré de cellule ou de bâtiment.

[ABC-Gand]

Ecrivez aux prisonnier-e-s :

Bart De Geeter
JVA Düsseldorf
Ulmenstasse 95
40476 Düsseldorf
Allemagne

José Fernandez Delgado
JVA Wuppertal
Simonshöfchen 26
42327 Wuppertal
Allemagne

Gabriel Pombo da Silva
JVA Aachen
Krefelder Strasse 251
52070 Aachen
Allemagne

Begoña Pombo da Silva (transférée de Heidelberg à Köln)
JVA Köln
Rochusstraße 350
50827 Köln
Allemagne

IMPORTANT!! Toute correspondance est d’abord envoyée au Procureur public pour être lue et éventuellement acceptée, refusée ou censurée, il est donc plus facile (et rapide) d’envoyer vos cartes/lettres (tout comme des magazines/livres/CD) directement à l’adresse suivante :

(Nom du/de la prisonnier/e)
c/o Staatsanwaltschaft Aachen
AZ 401 JS 284/04
Stiftstrasse 39-43
52062 Aachen
Allemagne

 

Vous pouvez verser un soutien financier (besoin important) sur le compte de l’Anarchist Black Cross – Gent :

001 – 3364945 – 91
IBAN: BE23 001336494591
BIC: GEBABEBB

 

Vous pouvez aussi envoyer de l’argent aux prisonnier-e-s individuellement (vous devez mentionner le nom complet et la date de naissance) :

Gabriel Pombo da Silva, 18.11.1967
JVA Aachen
Postbank Koln
reknr.: 5211 20-507
(BLZ 370 100 50)
DE 37370100500521120507 (IBAN)
PBNKDEFF (BIC)

José Fernandez Delgado, 09.05.1960
JVA Düsseldorf
Postbank Köln
reknr.: 10 691 506
(Blz 370 100 50)
DE 89370100500010691506 (IBAN)
PBNKDEFF (BIC)

Bart De Geeter, 11.10.1978
JVA Düsseldorf:
Postbank Köln
reknr.: 106 925 08
(BLZ 370 100 50)
DE 98370100500010692508 (IBAN)
PBNKDEFF (BIC)

Begoña Pombo da Silva, 05.02.1970
JVA Köln
Postbank Karlsruhe
reknr.: 4384755
(BLZ 66010075)
DE 83660100750004384755 (IBAN)
PBNKDEFF (BIC)