Lettre de Gabriel Pombo da Silva, septembre 2004

Chers compagnons,

Je vous écris pour vous faire connaître ma situation, celle de deux autres compagnons et de ma soeur Begona. Comme je suis soumis à la censure, je ne peux parler des motifs de mon arrestation. Je ne sais rien des deux autres personnes arrêtées avec moi, parce qu'ils nous ont mis dans des prisons différentes. Ici, nous sommes en isolement, sans aucun contact avec les autres détenus. Nous sommes revêtus d'un uniforme gris et bleu-azur et enfermés 23h/24. Toutes les demi-heures, ils ouvrent le judas de la porte et nous empêchent de dormir. Un vrai style de détention pour Talibans...

Ma soeur est incarcérée bien qu'elle n'ait rien à voir avec nos activités anarchistes, juste parce que c'est ma soeur. En ce qui concerne mon cas, il n'y a rien à faire. Je suis coupable d'être un anarchiste et de continuer mes activités.

Je n'attends rien de la justice allemande, comme d'aucun autre tribunal bourgeois. De fait, ils veulent maintenant non seulement m'incriminer pour ce que j'ai fait, mais aussi pour des histoires espagnoles (j'ignore lesquelles, vu que je me suis enfui de ces pays), nous verrons bien ce qu'ils inventeront. Peu importe que je n'ai rien commis d'illégal au cours de mon séjour à l'étranger, ils m'accuseront de ce qu'ils voudront même si je refuse de participer à leur farce... Qu'est-ce que je peux attendre d'un tribunal en tant qu'anarchiste ? J'essaie de le demander à Granado et Delgado, Sacco et Vanzetti, Severino di Giovanni, à tous ceux de l'enquêter Marini... Les exemples nous font avancer, et la mémoire est là pour être consultée. Je suis l'unique responsable de tout ce qui s'est passé ; les autres sont détenus parce qu'ils sont anarchistes. Et elle parce que c'est ma soeur.

Vous savez que je n'ai jamais fui mes responsabilités morales, mon éthique anarchiste me l'en empêche. La seule chose qui me fait chier c'est qu'ils enferment à l'intérieur les autres alors qu'ils n'ont rien fait. Diffusez cette lettre. Restez forts... l'anarchie est inévitable !!!

Une forte accolade

Gabriel Pombo Da Silva,
septembre 2004