Comunicado de Gabriel Pombo da Silva

Aachen, le 11 mars 2005

ChèrEs compagnonNEs

Bien que je sois soumis à de strictes conditions de détention (23 heures par jour en cellule), la SOLIDARITE des amiEs et compagnonNEs traverse les murs, les barreaux, tout le battage et la mise en scène du terrorisme d’Etat pour parvenir jusqu’à moi. Vos quelques lettres viennent ainsi rompre l’isolement et fondre de votre tendresse subversive et rebelle tout le métal et le ciment dans lesquels ils prétendent me cacher et m’enfermer...

C’est ainsi que j’ai pu avoir quelques infos entre les mains par le biais de mes amies, compagnonNEs et avocats. J’ai donc eu vent de la proposition d’une Semaine de Lutte du 13 au 19 mars soutenue par la CNA de Compostelle, l’Union libertaire de Ferrol et la F.A.G (Fédération anarchiste de Galice) récemment créée. La CNA de Madrid s’associe à cette initiative (et je suppose qu’entre temps cette proposition aura attiré d’autres associations et groupes qui viendront s’y ajouter).

Je partage l’opinion de la CNA de Madrid qui pense que cette initiative ne doit pas en rester (et donc s’y limiter) aux cas de “suicides” (assassinats légaux ou “règlements de compte”) et aux morts de nos amiEs et compagnonNes en taule. Ces assassinats sont les effets logiques de cette machinerie-système d’exclusion, de torture et de mort qu’on appelle les Institutions Pénitentiaires et les Tribunaux de Justice, “filles” à la solde de l’Etat, lui même créature du Capitalisme vorace et déprédateur…
Lutter avec passion et non par sentimentalisme momentané et baveux. Lutter sans complexes parce que nous sommes anarchistes et que nous voulons un Monde Nouveau qui ne repose pas sur la Domination et le Contrôle, la Misère et l’Exploitation de l’homme par l’homme. Lutter, parce qu’il n'y a rien à perdre et tout à gagner. Lutter avec tous les moyens que nous offrent notre tête et nos bras.

Lutter pour nous qui sommes vivantEs et aussi en hommage à nos mortEs tombés aux griffes de ces répugnants déprédateurs. Lutter, non pas lorsqu’ils nous tuent, mais tous les jours, partout, parce que c’est comme ça… Nous n’oublions pas qu’ils sont aussi faits de chair et d’os et que leurs centres/bases de domination ne sont pas sur la Lune mais ici, parmi nous…

Oui, compagnonNes, ils ne sont pas invulnérables et quand nous comprendrons cette lapalissade, nous commencerons à nous bouger... les assassins et “ proto-hommes ” et femmes de l’Etat et ses Tentacules commenceront alors à trembler...

La CNA de Madrid dit dans son communiqué (en réponse à la proposition initiale) que la réponse ne doit être ni seulement à l’échelle locale (la Galice ?), ni être partielle (protester seulement contre la mort de X.Tarrío, Paco Ortiz etc. (1)). Je suis d’accord avec ça et je pense que la réponse ne devrait pas se limiter au territoire Ibérique...Avez-vous contacté et fait la même proposition à la CNA-ABC d’Italie, de France, de Belgique, d’Hollande et d’Allemagne-Angleterre. Au delà des Pyrénées, il y a aussi des anarchistes, compagnonNEs !! Il y en a aussi en Suisse, en Pologne, en Tchéquie, en Russie ... en Grèce.

Et nos frères et sœurs de l’autre côté de l’Atlantique ?
Je pense de plus que la SOLIDARITE ne doit pas aller dans une seule direction et se faire sur un seul sujet.
Samedi 26 février, des centaines de compagnonNEs de France, d’Allemagne, de Belgique et de Suisse ont réussi à se rassembler devant trois prisons françaises pour demander la libération des trois activistes d’Action Directe (A.D.) Jean-Marc Rouillan, Georges Cipriani et Nathalie Menigon. On peut voir sur les photos, outre celles de la CNT (France), des banderoles communistes. Mais on voit surtout des gens solidaires qui sont au delà des drapeaux.

Je veux dire par là que la SOLIDARITE devrait être discutée entre Rebelles et Révolutionnaires sans que nous importent les frontières et les drapeaux qui symbolisent nos idées respectives ...
Cela aurait été bien que la Péninsule soit SOLIDAIRE de cette initiative ...Nous aurions au moins pu faire des rassemblements face aux ambassades Françaises sur “notre territoire”(2).

C’est un fait que la Répression touche chaque fois un nombre de compagnonNEs plus élevé et que nous devrions chercher des complicités dans toutes les directions. Je trouve très important qu’il existe une vraie relation inter-individuelle (qui ne passe par seulement à travers le papier et les “ e-mails ”) entre rebelles et révolutionnaires dans ce qu’ils appellent “ europe” ... élargir nos vues, nos idées, nos pratiques et nos moyens... échanger des expériences, des projets et renforcer les liens de Solidarité.

La question de nos luttes ne devrait pas rester subordonnée au victimisme et au martyrisme “processionnel” [des gens qui passent en procès] mais plutôt être liées à un ANARCHISME énergique et combatif ...Ce n’est que par une attitude ferme et convaincue que nous pourrons étendre le feu Prométhéen de la Révolte.

Pour finir, je veux envoyer une forte accolade à ces complices dans la “CONSPIRATION” insurrectionnelle ... au “Contenurbio de Monstruos” au “Gremio Molotov” à “las Iconoclastas” et à “ las Luddistas” , à celles et ceux qui résistent et luttent dans le monde entier.

Salut CompagnonNEs et Vive l’Anarchie !!

Gabriel

PS : aux autorités de l’Etat espagnol : Vous allez devoir attendre votre tour pour subir notre bout de vengeance, parce que pour le moment j’ai du boulot en Allemagne

NdT :
1 Paco Ortiz Jimenez est mort le 19 juillet 2003 dans le FIES de Badajoz. Xosé Tarrio Gonzales est mort le 2 janvier 2005 en prison. Ces deux anarchistes luttaient chacun depuis plus de 15 ans dans les FIES espagnols.
2 Ceci s’est fait dans différentes villes d’Espagne comme Barcelone et Valence