Deuxième jour du procès, 24 mars 2005



Le deuxième jour du procès a été ouvert à 9h30, le 24 mars 2005. Quand les accusés Gabriel, Jose et Bart sont entrés de nouveau dans la salle des applaudissements retentirent des nombreuses personnes qui étaient venuEs pour les soutenir, par contre sans entonner de chanson cette fois-ci. Jose cria dans la direction du procureur "Nunca mas tortura! Libertad por todos! Por l'anarquia!" ("Plus jamais de torture! Liberté pour tous! Pour l'anarchie!". D'abord la défense a fait trois demandes. Ulf Israel, l'avocat de José, exigea qu l'on cesse de fouiller son client avant et après les visites d'avocat et d'arrêter d'utiliser des moyens de restriction de perception sensorielle (lunettes spéciales, bouchons pour les oreilles) pendant les transports. L'avocat de Gabriel a fait de même pour celui-ci et a de nouveau demandé que Gabriel n'ait pas à se dénuder avant et après les transports à la cour. Si cela ne se passait pas, il voudrait que Gabriel soit dispensé des auditions. (Vous pourrez lire les demandes sur www.escapeintorebellion.info) Aussi le fait que les spectateurs soient filmés a été critiqué et il a été rappelé au juge sa souveraineté policière. Le procureur de la république a en retour exigé que ces demandes soient rejetées. De plus le juge Nohl a été prié de laisser installer un système de microphones, car l'acoustique de la salle ne serait pas parmi les meilleures.

Après commença l'audition des témoins.

1er témoin, H.Dannhausen, collaborateur du ADAC (service de dépannage), a été questionné sur un évènement qui se serait déroulé avant les faits du 28.
Le fait que Begona tomba en panne avec une BMW acheté antérieurement et se serait fait remorquer par le dit témoin le 19 juin 2004 est sensé être une preuve qu'elle aurait cambriolé une banque à Karlsruhe avec José, le 18 juin. H. Dannhausen n'a pas pu se rappeler ni des visages ni des conversations et a été relaxé après peu.

Après a été entendu le Commissaire de la police judiciaire Johannes Kessel qui a été un des fonctionnaires enquêtants dans le cas des évènements du 28 juin 2004. Il commença à décrire le déroulement des faits, mais a ensuite été interrompu par l'avocat Pusch, qui représente Begona, parce qu'il reproduisait le rapport de police que tout le monde connaîtrait déjà.
D'après son récit ils serait arrivé au lieu du crime (station d'essence) bien après que les hommes accusés aient fuit. Il ne se rappellerait plus à quelle place du véhicule de police Begona se trouvait. Quand il a été questionné quant à ses activités concrètes pendant l'enquête il a répondu qu'il était responsable de la rédaction du rapport de la police et de la documentation du trajet de la fuite. Celle –ci a été commentée à l'aide d'une carte et de photos aériennes. Dans son rapport il aurait oublié qu'un des accusés aurait tiré en l'air à la station d'essence. De plus il a affirmé que tous les agents de la police des frontières (BGS) auraient été interrogés mais il ne savait plus par qui. Pendant son audition, il a souvent parlé d'échange de coups de feu, mais après intervention de la défense il a dû corriger cela en disant qu'il y avait eu des coups de feu.

Après que ce témoin ait été relaxé la défense a demandé s'il était vrai que le procès était observé par un agent du BGS en civil. Ceci a été confirmé, ce qui amena la défense à faire remarquer énergiquement que d'éventuels rapports ne pouvaient pas être transmis à des témoins. Avant que le témoin suivant soit appelé, les deux plaignants de la partie civile ont quitté la salle pour ne pas être psychologiquement chargés inutilement.

Le troisième témoin, Martin Dienstknecht policier (PHM) au BGS, entra dans la salle. Lui et son collègue Küppers, également policier (PHM) au BGS , sont les fonctionnaires qui ont arrêté la voiture avec les accusés à la station d'essence, après qu'ils aient passé la frontière, pour pouvoir effectuer un "contrôle de routine". Il a décrit le déroulement des faits autant qu'il s'en souvenait. Il affirma que tous les trois hommes auraient sortis des armes pendant le contrôle. L'un d'entre eux aurait tiré en l'air lors de la prise d'otage. À la question sur ses sentiments personnels pendant cette situation il a répondu qu'il est tout de même policier, et qu'il n'avait évidemment pas ressenti de peur. Il justifia d'avoir enfermé Begona, qui selon lui se serait comporté de façon passive et qui observait plutôt les évènements, dans le coffre de sa voiture après son arrestation en disant qu'il se serait senti menacé par elle. Le juge Nohl demanda s'il avait été nécessaire de l'arrêter, vu sa passivité, après un silence prolongé Diensknecht justifia l'arrestation avec une complicité possible et le fait qu'elle aurait résisté. Aussi à la question s'il était vraiment sûr que tous les trois hommes étaient armés il a répondu positivement avec insistance. Ont suivi des indications contradictoires à l'acte d'accusation quant à la répartition des sièges dans le véhicule de fuite. Les experts présents demandèrent quelle impression Gabriel aurait fait sur le témoin,
celui-ci a répondu qu'il avait l'air "décidé". Finalement la défense questionna Dienstknecht quant à l'exposé des faits que lui et son collègue Küppers avaient rédigé. Celui-ci aurait été rédigé par les deux directement après les évènements, dans les lieux de la police judiciaire (Kripo) d'Aix-la-Chapelle. Ont suivi plusieurs questions et interventions qui visaient à démontrer que ce rapport ne reflétait pas la perception subjective de PHM Diensknecht, mais qu'il aurait aussi été imprégné par les impressions de son collègue et éventuellement par celles d'autres (tiers). Une audition de Dienstknecht n'a pas eu lieu après les faits, alors que la plainte se base sur ce rapport. En plus le témoin affirma avoir discuté du contenu du rapport avec son collègue (également appelé comme témoin) et un psychologue de la police, pendant la pause. Après la pause de midi, l'avocat de Begona a encore une fois creusé pour savoir si sa cliente aurait vraiment résisté, ce que Dienstknecht affirma. Suivirent plusieurs questions concernant le rapport des faits avant que l'audition de ce témoin soit provisoirement interrompue.

Le quatrième témoin, Helmut Küppers (PHM du BGS), a été appelé. Lui aussi donna sa description des faits de cette journée, pendant quoi ses affirmations étaient contradictoires à celles de son collègue Diensknecht sur plusieurs points. Mais lui aussi affirma que les trois hommes étaient armés et expliqua que c'était un collègue de la police judiciaire d'Aix-la-Chapelle qui leur aurait demandé de formuler le rappport des faits en question.

Avant la suite du questionnement l'avocat de Gabriel, Martin Pöll, est intervenu pour exiger que les fers qu'il avait aux pieds soient desserrés, ce qui se passa après.

Après l'audition du témoin Küpper trois extraits de l'enregistrement de la caméra de surveillance de la station d'essence furent projetés. On ne pouvait pas reconnaître clairement si Bart était armé, par contre on y voyait que Begona s'était laisser arrêter sans résister. Suite à quoi Pusch, l'avocat de Begona, a parlé d'une plainte de leur côté pour faux témoignage contre Dienstknecht. Diensknecht a de nouveau été appelé et confronté au film, il a juste commenté qu'il s'était en effet senti menacé.

Après avoir entendu ce témoin la session a été fermée vers 16h30. Prochain rendez-vous est le mercredi 30 mars à 10h dans la salle 339 au tribunal de grande instance d'Aix-la-Chapelle.