Troisième jour du procès, 30 mars 2005



La session commença vers 10h20. Sven Lindemann, un des avocats de Bart, demanda de conclure de la vidéo des caméras de surveillance que Bart n’était
visiblement pas armé et qu’il aurait difficilement pu cacher une arme, vu qu’il portait un Jeans moulant et qu’il n’avait pas de sac. De plus il s’était tenu couvert et à l’écart des situations de danger et il n’était pas entré dans le premier „véhicule de fuite“.

Mme Schulz était la prochaine témoin. Elle raconta que le 28 juin 2004 elle avait été, avec son mari, à la station d’essence pour nettoyer sa voiture. Pendant qu’elle était en train d’aspirer, son mari lui dit de se couvrir. Deux hommes, elle identifia José et Gabriel, sont venus, l’un posa son arme sur la tête du mari, ils voulaient aller vers la voiture. Le mari leur demanda de laisser sa femme sur place, mais l’autre homme posa son arme sur la tête de la femme. Ils les forcèrent d’entrer dans la voiture, mais celle-ci ne démarra pas, et ils devaient tous ressortir. L’un des deux hommes tira en l’air pour que les policiers s’écartent.
Avec les otages ils allèrent vers la BMW rouge avec laquelle ils étaient venus. Selon la femme Gabriel était au volant, son mari à côté de lui. Derrière il y avait elle au milieu, Jose à sa gauche et Bart à sa droite. Pendant la fuite, où ils „brûlèrent“ plusieurs feus rouges, l’homme à sa gauche pointa à plusieurs reprises son arme vers sa tête. Son mari demanda où ils voulaient aller, on lui dit „Belgique“ et il répondit qu’il connaissait le chemin. À un croisement un véhicule de police est apparu devant eux.
Quand après ils allèrent vers la gauche au lieu d’aller vers la droite, un accident s’est produit. Ils firent marche arrière et poursuivirent leur fuite. À plusieurs reprises l’homme à sa gauche se pencha hors du véhicule et tira sur les véhicules de police qui les poursuivaient. Son mari voulait qu’elle s’attache, ce qu’elle fit, puis il demanda qu’ils prennent l’arme de sa tête. Les accusés répétèrent qu’ils ne leur voulaient pas de mal, mais elle ne comprenait pas pourquoi alors on appuyait une arme sur sa tête. La voiture s’arrêta, ils avaient l’impression qu’elle était endommagée. Les accusés allèrent vers un autre véhicule, une Mercedes, mais d’abord le conducteur ne voulait pas sortir, quelqu’un frappa avec son arme contre la vitre, le conducteur fut légèrement blessé. Mme Schulz et son mari attendaient la suite des évènements dans la voiture. L’un des accusés voulait les emmener, mais les autres voulaient bouger, ainsi ils continuèrent la fuite sans les otages. Quand la police est arrivée personne ne voulait les écouter et son mari s’énerva. Une ambulance fut appelée et on lui donna une infusion pour la calmer. Elle fut interrogée par la police pour la première fois le jour même. Le juge lui demanda combien d’hommes étaient armés, elle dit „deux“. Elle pointa sur Bart quand on lui demanda lequel ne l’était pas. Selon elle, Bart n’avait pas fait plus que lui passer la ceinture pour qu’elle s’attache. Il n’avait pas non plus participé à la prise d’otages proprement dite. Elle n’avait vu Begonia qu’à partir de la voiture à la station d’essence. Jose et Gabriel parlaient une langue qu’elle ne comprenait pas et de laquelle elle ne savait pas laquelle c’était. Pourtant, selon elle, c’était Jose qui traduisait la description de chemin que donna son mari. Aux autres questions du juge elle répond: Concernant la vitesse lors de la fuite, plus que 50 km/h parfois entre 70 et 80 km/h en passant parfois sur des trottoirs. Concernant ce que Bart fit quand ils changèrent de véhicule, que finalement il les suivit et qu’il ne portait pas d’arme. Elle n’avait pas remarqué si quelqu’un avait parlé au conducteur de Mercedes. Il avait l’air nerveux, les accusés aussi. Elle quitta l’hôpital le jour même mais resta en traitement psychologique. Au moment de la prise d’otages elle était enceinte, dans la 6ème semaine, elle est devenue mère il y a quatre semaines. Elle répéta que c’était Jose qui était assis à côté d’elle et que c’était lui qui traduisait. D’ailleurs le conducteur n’avait pas de cheveux, comme Gabriel actuellement. À la question de Martin Pöll elle a répondu que la police ne l’avait pas interrogée sur la situation de menace concrète qu’elle avait racontée maintenant.

M. Schulz, le mari, réaffirma largement ce que sa femme venait de dire. Il rajouta que Bart et Begona avaient parlé avec les deux autres par la fenêtre à la station d’essence, suite à quoi Bart entra dans la voiture et Begona resta sur place. Quand il demanda qu’ils arrêtent de menacer sa femme avec une arme cela fut fait. Quand on lui demanda pourquoi il avait identifié Jose comme conducteur et
Gabriel comme voisin de sa femme lors de sa première déposition, alors qu’aujourd’hui il affirma l’inverse, il a répondu qu’il les avait reconnu à cause de leur mimique dans la salle d’audition. Quand le juge lui demanda comment il avait ressenti les chants et les applaudissements lors de l’ouverture du procès il a répondu qu’il a ressenti de la colère et de la haine. Après pourtant une femme est venue le voir et lui a dit que ce n’était pas qu’ils ne comprenaient pas la situation de lui et de sa femme et qu’ils étaient désolés. Il s’était également informé au sujet de Gabriel et de Jose.

Après cela le juge a lu une décision selon laquelle Bart et Begona jouent un rôle subordonné dans le procès. Vu que Jose et Gabriel ont eu un rôle dominant parce qu’ils portaient des armes et qu’ils avaient des faux-papiers il existerait, pour eux, un risque accru d’évasion. Ceci justifierait les conditions de sécurité extrêmes (mains et pieds liés, les pieds aussi dans la salle d’audition, yeux bandés, oreilles bouchées). De plus cette situation justifierait le contrôle de tous les spectateurs, mis à part la police et les avocats. Après chaque contact avec des personnes non-contrôlées (avocats) les accusés sont à contrôler. Les contrôles (fouilles à nu) avant et après les transports prison-tribunal-prison sont justifiés.
Vu que Jose n’est apparemment pas en état d’anxiété, il n’aura pas de médecin à titre préventif. Il n’est pas non plus clair si Jose n’aurait pas appris l’ allemand entre-temps, et pour cela ses oreilles sont aussi bouchés.
Cette décision se réfère aux demandes de Martin Poell, l’avocat de Gabriel et Ulf Israel, l’avocat de Jose, posées lors de la deuxième journée du procès et ainsi « balayées ».
Ulf Israel et Martin Poell ont ensuite blâmé cette décision, ce qui entraîne une décision judiciaire (juge président ainsi que les deux autres juges).

Martin Poell incriminait, que le courrier défensif de son mandant (Gabriel) a été contrôlé les jours après les négociations, ce qui représente une restriction de la défense et non pas une mesure de sécurité.

Gabriel a dit que les mesures de sécurité sont une chose, mais les abus depouvoir une autre. Dans les prisons espagnols il a été torturé par les fascistes ainsi que par le juge. De se mettre à poil trois fois de suite signifie être humilié. Quel sens ont le bandage des yeux et le bouchage des oreilles, puisqu’il se trouve à un endroit fixe, la prison de Aachen. Il ne s’agit pas de sécurité, ils mettent en scène un spectacle dans lequel ils sont présentés comme des terroristes. Où aller, avec les pieds liés et la police autour d’eux!

Le deuxième avocat de Gabriel, Rubarth, s’adressait au juge et disait que celui pouvait bien voir dans les réactions de Gabriel par rapport à ces mesures, vu les expériences qu’il a vécu, qu’il ressentait le fait d’avoir les yeux bandés et les oreilles bouchées comme torture. Le juge n’aurait pas pris cela en compte lors de sa décision.

Ensuite venait le témoin Bender, le chauffeur de la Mercedes qui n’a pas pu être démarrée sur la station. Il décrivait précisément ce qu’il avait perçu, à partir du contrôle de la BMW jusqu’à la silhouette sportive de Begonia.
Après qu’il avait jeté se clé aux accusés, ce qu’il avait refusé jusqu’à ce que l’agent de la police de la frontière l’y avait incité, il rampait sur un champ, et quand il est revenu ensuite, tout le monde avait disparu, sauf un camionneur. Que sa voiture y était encore l’étonnait, et il en conclut que la femme avait essayé de démarrer la voiture et qu’elle n’y était pas arrivée car il utilisait une clef électronique.
Il croyait se souvenir que tous étaient armés, tous impliqués à part égale.
Il n’ avait pas vu vers où était allé le coup de feu qui avait été tiré. Il pensait que l’homme avec le sac à dos qui ensuite avait tiré l’arme (Gabriel) et Begonia communiquaient avec les yeux même s’il disait avant qu’elle portait des lunettes de soleil. Il ne le savait pas, le supposait, car ils ne disaient rien.

Après ce témoignage, le procureur Geimer a pris la parole à propos de la mesure de sécurité lue et les mots de Gabriel qui avaient suivi. Il disait que Gabriel devrait réfléchir sur ce qu’ils avaient fait subir aux otages. Martin Poell répliquait, que le procureur est prié de ne pas utiliser de tels slogans propagandistes, car l’un n’aurait rien à faire avec l’autre.

Puis fut appelé le témoin Fichte, camionneur stationné à la station « Stangenhäuschen“ à l’heure des faits. Il n’avait pas grande chose à dire sur le déroulement des faits en soi, vu qu’à ce moment il était assis dans le camion avec son collègue précaire pour leur pause de midi. Il a entendu des cris „jetez vos armes“ mais ne savait pas dire d’où ils étaient venus. Ils se sont cachés derrière le camion avec quelques „personnes âgées“. Il a entendu dire un policier dans sa radio « ....ont pris des otages“ et puis il a vu partir une BMW. Ensuite tous étaient partis. Il ferma les portes restées ouvertes de la FIAT Punto du couple Schulz, et rassembla les bagages dispersés de la BMW. C’est pourquoi il a du laisser prendre ses empreintes par la police. Il trouva un téléphone mobile qu’il mit avec les autres bagages.
Une femme (Begonia) était allongée par terre, sur elle un policier. Elle fut en suite mis dans le coffre du véhicule de police et ils sont partis. Sur question de l’avocat Pusch (Begonia) il s’est souvenu qu’elle lui avait crié qu’il était témoin pour son traitement.

Les derniers témoins de la journée étaient le policier (POM) Vengels et puis la policière (PM’in) Schroiff. Ils étaient tous les deux assis dans le troisième véhicule de police qui poursuivait le véhicule de fuite. Il se sont lancés dans la cours de poursuite après avoir reçu par leur radio la communication d’une BMW rouge, immatriculée KA (Karlsruhe), en fuite. Tous les deux décrivirent le trajet de la fuite, qui avait été prise avec du trafic dense et une vitesse excessive. Ils ne pouvaient pas déterminer la distance entre eux et la voiture qu’ils poursuivaient. Des coups de feu furent tirés sur les véhicules de police, Vengels décrivit comment l’homme se pencha par la fenêtre pour cela. Sur demande du deuxième avocat de Bart, Franke, il affirma que le trafic n’était pas dense à ces moments là et qu’ils avaient également ralenti par moments afin d’éviter des accidents. Illes décrivirent tous les deux comment à un moment ils perdirent de vue la voiture qu’ils poursuivaient et qu’ils s’étaient laissés guider par des passants parce qu’ils se trouvaient en dehors de leur « zone de garde ». Ils arrivèrent sur le terrain de l’atelier duquel sortirent plus tard Jose et Gabriel pour se rendre. À partir de là, la situation était „statique“. Le terrain et les bâtiments furent fouillés, la policière Schroiff n’y participa pas. Elle décrivit comment après les hommes sortirent de l’atelier, hésitants mais pas agressifs. Ils se couchèrent par terre et se laissèrent arrêter.

À la fin de la session le juge Nohl affirma que la directive de sécurité restera en vigueur, même après les remarques sur la situation dans les prisons espagnoles. Après que le juge interdit à quiconque de le traiter de « fasciste », Gabriel a encore une fois dit, en pointant sur les policiers en civil présents dans la salle, que les mesures de sécurité étaient largement suffisantes. Il dit que la décision était fausse, que le juge ne voyait pas ce qui se passait lors des transports et dans la prison. Il recevait ses affaires par une chambre et devait se déshabiller devant 15 hommes dans un garage de la prison, ce qui est humiliant. Il a dit qu’il était « un petit prisonnier politique, un activiste social, non pas un terroriste“ et que tout ce spectacle était absurde.

Martin Poell a encore une fois insisté sur le fait que le courrier de la défense et les notes du procès étaient „tabou“ et que cela devait également être respecté dans la prison.Le juge président affirma vouloir transmettre à la prison que rien ne devait être confisqué/pris.
L’avocat Ulf Israel annonça une demande pour la prochaine journée du procès,
le lendemain, pour que cela ne soit pas rejetée parce que « trop tard ».