André Allaix
Ecrou12768 QI
BP482 Rue Lavoisier
69665 Ville franche sur Saône

Le 20 Janvier 2004

 Mesdemoiselles , Mesdames, Messieurs

Une petite lettre pour vous présenter toute ma considération mais aussi pour vous souhaiter le meilleur pour cette nouvelle année. Tous mes voeux les plus sincères vous sont destinés

Je vous écris aussi pour vous donner, vous faire savoir... mon nouveau lieu d'accueil !!! Le QI de Villefranche... Rien à dire ! sinon... Il y aurait trop à dire !!! En quelques sortes, je suis encore au mitard... quoique... au moins à Moulins, je pouvais voir l'horizon !!! Là, après cette « belle et épaisse » grille, un mur à environ deux mètres, le top quoi !

Mais bon, je ne vais pas user de l'encre sur ces détails car, vous les connaissez... un QI c'est un QI.

Par contre je tiens à vous remercier pour vous être déplacés le 18/12/03. Idem, je n'irai pas plus loin dans mes propos au sujet de ce jugement... Sachez juste que la présidente était la JAP (juge d'application des peines) de la maison centrale de Moulins ! Vous comprendrez donc pourquoi nous étions interdits de parole... sur les aménagements de peine, etc. Nous avons essayé de faire de notre mieux, ça n'a pas été évident.

Si je ne vous écrit que maintenant, alors que j'ai été transféré le 6/01/04, ce n'est que parce que le calepin où votre adresse figure vient juste de m'être remis.

Je vous écris aussi vis à vis des plaintes que nous avons déposées ! J'ai écris à de multiples reprises au proc et au SRPJ de Clermont Ferrand... (le procureur de Moulins) pour être soit entendu par un juge d'instruction soit, au minimum, être ré auditionné. Mais... toutes mes demandes, toutes mes lettres restent sans réponse. Avec les coups et blessures, les menaces de mort, les insultes... nous avons eu « l'droit » à des attouchements !!! Alors que nous avions toujours les mains liées par les colliers serflex que le GIGN nous avait mis. Mis à nu sans ménagement, tous nos vêtements réduits en lambeaux... etc. M. Bastard a pu en parler lors de son dépôt de plainte, moi... c'est grâce à une psy que je peux en parler aujourd'hui ; j'ai écrit à de nombreux députés, au CTP, au Garde des sceaux, à la ligue des droits de l'homme, etc... etc.

Rien ne change, aucune nouvelle de nos plaintes. Aucune nouvelle de mes demandes multiples au près du proc et du SRPJ.

Pour tout vous dire, mon état psychologique n'était déjà pas « super » le 18, là... je suis à bloc ! Victime du pire... tout le monde s'en tape... quoi faire ? Ce matin, j'ai vu un psychologue, je lui ai avoué que je m'étais donné une ultime date de survie... oui !!!je vous parle de mort, de la mienne... !

Deux, nous étions deux le 24/11/03 !!! Pourtant tous les prisonniers de France et d'ailleurs subiront ce que nous avons subi s'ils ne se réveillent pas. J'avais déjà eu l'droit à ce traitement au mois d'avril 03... apparemment, cela ne regardait que moi. Subir, subir et encore subir... jusqu'au 24/11/03 je n'avais jamais baissé les bras, toujours la tête haute, malgré mon jeune âge... mais là ! malgré une politique ultra répressive, de terreur, chacun pense à sa gueule.

C'est sur ces maux que je pose le stylo.