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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Saint-Henri (Montréal, Canada) : nouvelles attaques contre l’embourgeoisement des quartiers
Article mis en ligne le 26 mai 2015
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L’embourgeoisement à l’origine de vandalisme dans Saint-Henri ?

Radio Canada, lundi 25 mai 2015 à 19 h 04 (extrait)

Une nouvelle vague de vandalisme dans le quartier Saint-Henri force le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) à ouvrir une enquête. Les vitrines de boutiques de la rue Notre-Dame Ouest, déjà frappées dans le passé, ont été fracassées au cours du week-end.

Coups de bâtons de baseball, jets de boules de billard... Certains commerces ont été violemment pris pour cibles dans la nuit de samedi à dimanche. Il s’agit pour la plupart de boutiques qui avaient déjà été visées ces derniers mois par des militants dénonçant l’embourgeoisement du quartier.

« Ça fait peur, c’est triste », réagit Jesse Bowden, copropriétaire du café et de la boutique de mode Campanelli : « Ces gens veulent freiner la revitalisation du quartier »

Le commerce d’en face, le salon de barbier de luxe Notorious, est lui aussi une victime récurrente. « On a cassé deux fois la vitre, une fois la porte, la troisième fois, on a mis de l’acide sur la vitre », racontait le copropriétaire Corey Shapiro, en décembre 2014. « Peut-être une fois par semaine, on retrouve du caca devant la porte. », ajoutait-il.

À l’époque, les attaques avaient été revendiquées sur un blogue anarchiste qui reprochait aux commerçants de contribuer, en participant à la revitalisation du quartier, à chasser les pauvres du quartier au profit de jeunes bobos.

« Les travailleurs-euses précaires, sans emploi ou tout autre marginal de la société se retrouvent toujours perdant-e-s dans ce processus de "revitalisation" »
— Extrait d’un message qui revendiquait de précédentes attaques en novembre 2014


Vandalisme : surveillance accrue sur Notre-Dame

Metronews, 25 mai 2015 | 18:07

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) assure depuis lundi une plus grande présence policière dans le secteur de la rue Notre-Dame Ouest, dans Saint-Henri, suite aux actes de vandalisme perpétrés contre des commerces dans la nuit de samedi à dimanche.

« Il y a une augmentation de la patrouille », indique Pierre Liboiron, chef du poste de quartier 16.

Des individus cagoulés armés de bâtons de baseball et de projectiles ont fracassé les vitrines de quatre commerces.

« Inqualifiable, inacceptable », lance le maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais, en réaction aux événements.

Les établissements qui ont été pris pour cibles sont situés près de la rue Delinelle. Une dizaine de suspects ont brisé les vitrines d’un salon de coiffure, un café et une boutique de vêtement. Ils avaient pris la fuite à l’arrivée des policiers.

Pierre Lafontaine, propriétaire d’une boutique de tailleur, a aussi reçu la visite des casseurs. Sa vitrine en portait encore les traces lors du passage de TC Media. « C’est la première fois », souligne celui qui a ouvert son commerce il y a une vingtaine d’années.

C’est que des commerces vandalisés en fin de semaine l’ont déjà été en décembre dernier.

Certaines des attaques, dont ont été victimes des commerçants depuis quelque temps, ont été revendiquées par des groupes dénonçant l’embourgeoisement de Saint-Henri.

Outre le fait que ces commerces ont déjà été pris pour cibles par le passé, les policiers n’ont rien trouvé sur les lieux permettant de lier le geste de samedi à un groupe de lutte contre l’embourgeoisement. « Il n’y avait aucun message », explique Raphaël Bergeron, porte-parole du SPVM.

« Que le message soit politique ou non, on ne peut pas utiliser la violence pour faire valoir son point de vue », lâche Benoit Dorais.
Le SPVM a ouvert une enquête. Le visionnement de vidéos de surveillance pourrait aider à retracer les suspects.

Outre une plus grande présence policière dans le secteur, les policiers ont également effectué un travail de porte-à-porte auprès des commerçants et des résidents de la rue Notre-Dame pour les inviter à être vigilants. « Les policiers ne peuvent pas être partout à la fois, note Pierre Liboiron. On a besoin de la collaboration des citoyens. »


Vandalisme dans St-Henri : près de 45 000$ en dommage

Journal de Montréal, Dimanche, 24 mai 2015 05:00

Quatre vitrines de la rue Notre-Dame Ouest, dans St-Henri, ont été fracassées dans la nuit de samedi à dimanche. Selon un entrepreneur du quartier, il est temps que la Ville de Montréal réagisse pour que cessent ces actes de vandalisme.

Quelques heures après les évènements, il n’y avait plus de traces des éclats de verre et des boules de billards lancées dans les vitrines. Tout a été rapidement nettoyé, les commerces étaient à nouveau ouverts et de nombreux policiers patrouillaient dans le quartier.

Corey Shapiro estime que les dommages lui coûteront environ 15 000$. « Tous les dommages sont importants. Je crois que le coût total de réparation tous les commerces sera de 45 000$ », indique-t-il.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) mène toujours l’enquête afin de déterminer l’identité de la dizaine de casseurs. Ceux-ci étaient tous cagoulés et vêtus de noir, ils étaient armés de bâtons et lançaient des projectiles.

Le SPVM n’était pas en mesure de confirmer ou infirmer si les commerçants victimes de vandalismes ont été la cible de menaces ou d’intimidation dans les derniers mois. Il ne pouvait pas indiquer non plus s’il y a eu une augmentation de la fréquence des actes de vandalismes dans le quartier.

Commerces ciblés ?

Les commerces de St-Henri sont la cible de quelques actes de vandalisme similaires depuis quelques années. Certains sont revendiqués par des groupes dénonçant l’embourgeoisement du quartier. Le SPVM ne pouvait toutefois pas confirmer si les évènements de dimanche sont liés à ceux-ci.

M. Shapiro avance toutefois que des entrepreneurs du quartier sont souvent victimes de ce genre d’intimidation, même si ceux-ci ne les dénoncent pas toujours au service de police.

« Par contre, c’est la première fois qu’une de mes entreprises a des bris aussi importants. Toutes les autres entreprises de la rue ont déjà eu leurs vitrines brisées au moins une fois. »

Il indique qu’un commerce avoisinant, le Campanelli Shop, est souvent marqué de graffitis. Il observe une augmentation du nombre de crachats dans les vitrines de certaines entreprises. La semaine passée, quelqu’un a mis de la colle dans presque toutes les serrures des commerces de la rue.

« L’autre jour, j’ai croisé quelqu’un dans la rue et il m’a dit qu’il me déteste. Je lui ai demandé pourquoi et il m’a dit que c’est parce que je fais de l’argent et que je suis bourgeois. Ces gens là n’ont pas d’arguments, ils nous blâment pour leurs problèmes », déplore-t-il.