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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Espagne : l’anti-terrorisme séquestre les comptes bancaires ouverts pour la solidarité avec l’Opération Pandora
Article mis en ligne le 2 juin 2015
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Par un arrêt de l’Audience Nationale nous avons pris connaissance de l’ordre, signé par le juge Eloy Velasco et sollicité par la Brigade d’Information de la Police Nationale, de bloquer et de saisir les comptes solidaires ouverts les jours suivant les arrestations [de décembre 2014].

Un nouveau chapitre s’ouvre dans cette farce de l’État espagnol contre le mouvement anarchiste, visant en l’occurrence à étouffer les gestes de solidarité matériels et économiques, mais aussi affectifs avec les entourages réprimés.
Comme nous le savons bien, la répression, dans ce cas avec le paquet de punition et d’intimidation connu sous le nom d’“antiterrorisme” (qui concerne un spectre toujours plus large et ne va cesser de s’étendre) comprend le châtiment classique et physique avec l’enfermement, l’isolement, l’absence de communication et la torture, complété —et en cela l’État espagnol est à l’avant-garde— par la punition des proches des prisonniers avec leur dispersion sur le territoire et les limitations de contact avec l’extérieur
A cela viennent encore s’ajouter l’envoi de messages (tantôt sporadiques et subliminaux, tantôt constants et explicites) : il n’y a pas de proches et d’amitiés, mais de “ténébreux réseaux” ; il n’y a pas de compagnons et de compagnonnes, mais des complices.
Que cherchent le pouvoir et la répression avec cela ? A user et affaiblir les prisonniers et prisonnières, ainsi que leurs entourages affectifs et politiques. A faire en sorte que tout le poids de la loi et la répression les écrase.
Ils sont conscients qu’il existe une force beaucoup plus puissante et effective qui dépasse tout le béton et l’acier qui constituent les prisons. Cette force est symbolique.
Si tu es ami des terroristes, tu es terroriste” est un de leurs messages. A mi-chemin entre la lèpre et la sorcellerie, le diagnostic et l’accusation de terrorisme cherchent à faire peur.
Une fois de plus, le dompteur de lions, fouet en main, ouvre les rideaux de son cirque et nous invite à y entrer — de manière forcée bien-sûr. A qui le tour de mettre sa tête dans la gueule du lion ou sous la patte de l’éléphant ? Qui, homme ou femme, mettront-ils dans un canon pour l’envoyer dans une cage la plus éloignée possible ? Qui les bouffons de la brigade d’information de la Police Nationale vont-ils mettre sous enquête et prendre en filature ? Et les cracheurs de feu des médias, contre qui vont-ils lancer leurs bouffées de venin ? Qui les mages de l’Administration Pénitentiaire vont-ils mettre dans une boite et couper en deux ? En plus d’humiliants, les spectacles du cirque classique sont très prévisibles.

Pour en revenir aux blocages et aux saisies des comptes bancaires, le juge ordonne en outre d’enquêter sur les mouvements financiers, les titulaires des comptes, les transferts, etc. Qu’est-ce qu’il croit que nous faisons avec l’argent, que nous l’envoyons en Suisse comme ses amis politiques et spéculateurs ?
Malheureusement, une des contradictions et peut-être aussi une des erreurs les plus grandes a été de créer un compte bancaire pour faire face aux dépenses provoquées par la répression, et principalement à la possibilité de devoir récolter rapidement de l’argent provenant d’individus et de collectifs solidaires de différents endroits, par exemple pour payer une possible caution (ce qui s’est passé un mois et demi plus tard), ainsi que pour subvenir aux dépenses occasionnées par le fait d’avoir plusieurs compagnons derrière les barreaux (avocats, mandats et voyages pour les visites).

Nous pensons qu’il est important de diffuser cela aux compagnons qui ne sont pas concernés directement, afin qu’ils sachent et voient avec ce nouveau pas vers où va la répression. Il faut signaler que des procédures de ce genre sont déjà utilisés contre d’autres secteurs également sous le coup de l’“antiterrorisme”. Qu’ils sachent aussi qu’à partir de maintenant, il n’existe plus aucun numéro de compte en solidarité avec les compagnons et compagnonnes anarchistes.

Il est important que ces nouveaux pas de la répression ne parviennent pas à nous affaiblir et à nous effrayer et que nous puissions en apprendre quelque chose.

Liberté pour les anarchistes emprisonné-es !
S’ils touchent aux un-es, ils touchent à tou-tes !

Barcelone, 1er juin 2015

[Traduit de l’espagnol de Indy Barcelone, 01 jun 2015]