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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Mexique : attaques contre des bureaux électoraux, les urnes ont brûlé malgré l’armée [mis à jour]
Article mis en ligne le 7 juin 2015
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Mexique : violences et tensions avant les élections

RFI, 03-06-2015 à 04:53 (extrait)

Depuis le début de la semaine, le climat électoral s’est encore dégradé au Mexique. Dans au moins six Etats du pays, plusieurs sièges de l’Institut national électoral ont été attaqués par des manifestants qui ont détruit du matériel électoral devant servir au scrutin de dimanche. Les Mexicains sont en effet appelés aux urnes pour renouveler la Chambre des députés, élire neuf gouverneurs et des centaines de maires, conseillers municipaux et députés locaux.

Plusieurs centres régionaux de l’Institut national électoral ont été occupés par la force et saccagés dans les Etats de Veracruz, du Chiapas et surtout de Oaxaca, où 16 000 bulletins de vote ont été dérobés ou brûlés. Des cocktails Molotov ont été lancés contre ce même institut à Puebla, de la propagande électorale a été détruite et des routes ont été coupées dans le Guerrero…

Dans la plupart des cas, ces actes de violence ont été commis par des maîtres d’écoles dissidents et des mouvements sociaux qui s’opposent à la tenue des élections [500 députés, 9 gouverneurs et environ 900 maires], dont ils prônent le boycott.


Boycott des élections au Mexique ? 40 000 militaires et policiers envoyés dans le Sud

Euronews, 07/06 08:17

Le Mexique déploie l’armée et la police fédérale dans plusieurs Etats du Sud du pays à la veille des élections législatives et locales. 40 000 hommes sont envoyés dans les Etats d’Oaxaca, au Chiapas, à Guerrero et au Michoacan pour assurer la sécurité du scrutin.

Hier, des manifestations anti-gouvernementales ont dérapé dans l’Etat d’Oaxaca.
Frustrés, entre autre, par l’impunité des criminels dans le pays, les protestataires ont pris pour cible les forces de l’ordre, leur jetant des pavés, et ont capturé deux policiers.

Parmi eux, des enseignants radicaux, comme dans l’Etat du Chiapas, qui réclament la suspension de la mise en place de la réforme de l‘éducation du gouvernement du président Enrique Peña Nieto. Ces enseignants ont radicalisé leur lutte depuis une semaine : ils ont envahi des bureaux de vote, brûlés des milliers de bulletins, incendié un centre de distribution d’essence, provoquant une pénurie dans la région, et ils appellent au boycott des élections.

Dans l’Etat du Guerrero, c’est la disparition et la mort présumée de 43 élèves professeurs qui a mobilisé les parents, proches et enseignants.
Ils ne veulent pas non plus des élections législatives et locales de mi-mandat, mais qu’on retrouve ces jeunes, qu’on punisse tous les coupables, que la corruption soit combattue efficacement.

Elections demain

Un total de 83 millions de Mexicains sont appelés à élire 500 députés fédéraux et neuf gouverneurs sur 32 Etats, ainsi que 900 conseils municipaux. Ces scrutins seront un test pour le président Enrique Peña Nieto. Selon les sondages, son parti, le PRI, le Parti révolutionnaire institutionnel, pourrait conserver une majorité simple à l’Assemblée.


Mexique : élections sur fond de contestations dans certains États

AFP, 07 juin 2015 à 18h09

Des manifestants ont brûlé des urnes électorales et bloqué plusieurs bureaux de vote dimanche perturbant les élections législatives et locales dans plusieurs États du sud du Mexique.

Les incidents se sont déroulés dans les États d’Oaxaca et du Guerrero, malgré le déploiement par le gouvernement fédéral d’importants effectifs militaires et policiers.

Parmi les manifestants figurent des enseignants radicaux, mobilisés contre une réforme de l’Éducation, et les parents des 43 étudiants disparus l’an dernier, qui dénoncent la collusion entre hommes politiques et narcotrafiquants.

À Tixtla, dans le Guerrero, les parents des jeunes probablement assassinés par un cartel de la drogue en relation avec le pouvoir local ont perturbé l’ouverture des bureaux de vote et incendié du matériel électoral dans plus de la moitié des bureaux. Les autorités locales ont dans un premier temps annoncé l’annulation de l’élection dans cette ville de 40 000 habitants avant d’indiquer que les voix seraient finalement comptées et la justice, saisie, pour se prononcer sur sa validité ou non. Soutenus par des étudiants masqués, les parents et proches des étudiants disparus ont affronté des résidents locaux qui défendaient les bureaux de vote, armés de bâtons et de pierres, tandis que des hélicoptères de la police survolaient la zone sans intervenir au sol.

« Tant qu’ils ne nous rendent pas nos fils, il n’y aura pas d’élections », selon le père d’un des disparus, qui refuse toujours de croire à la mort de ces 43 étudiants.

De son côté, le syndicat des enseignants (CNTE) réclame le retrait de la réforme de l’éducation, un projet phare du président Peña Nieto. Dans l’État d’Oaxaca, bastion de ce syndicat, les enseignants radicaux ont incendié dimanche matin une vingtaine d’urnes électorales dans plusieurs bureaux de vote, ainsi qu’un bus, abandonné en travers d’une autoroute.

À Huantla de Jimenez, ces enseignants ont dressé des barricades à l’aide de pierres et de troncs d’arbres pour empêcher l’accès aux forces de l’ordre, selon la police locale.

« La probabilité que la violence puisse jouer un rôle dans le déroulement de l’élection, en limitant le vote ou en affectant les résultats, atteint un niveau sans précédent dans l’histoire de la démocratie mexicaine, » estime Javier Oliva, expert en sécurité de l’Université autonome de Mexico.

Déposant son bulletin dans l’urne, dans un bureau de vote de Mexico, le président Peña Nieto a reconnu qu’il y avait des « incidents isolés » mais s’est dit « plutôt satisfait de savoir que la grande majorité des bureaux de vote avaient pu être installés ».


1er-6 juin 2015
Attaques contre l’INE et pas que

Dans la ville de Oaxaca, le syndicat (gauchiste) des instituteurs CNTE ont brûlé 13 000 bulletins de vote et les urnes devant un bureau de l’Institut National Electoral (INE). Dans les villages de Tehuantepec, Juchitán de Zaragoza (5000 bulletins), Oaxaca de Juárez, Huautla de Jiménez (6000 bulletins dérobés dans un véhicule officiel) et Miahuatlán de Porfirio Díaz, aux alentours de Oaxaca, il s’est passé la même chose. Dans plusieurs endroits, en plus des barrages routiers, des raffineries de la PEMEX (compagnie mexicaine du pétrole) ont également été bloquées. Le 5 juin, 3000 soldats des forces fédérales (police, armée et marine) ont pris possession de la ville, récupérant immédiatement 7 des 11 sièges de l’INE occupés ou bloqués, appuyés par des hélicoptères et des drones.

Dans le Guerrero, des membres du Movimiento Popular Guerrerense (MPG, qui occupe depuis plusieurs mois la mairie suite à la disparition de 43 étudiants) ont dérobé 116 000 bulletins de vote dans un bureau de l’INE (ils étaient destinés aux villages de Alcozauca, Malinaltepec, Cochoapa, Atlamajalcingo del Monte, Iliatenco, Xalpatlahuac, Metlatónoc et la zone rurale de Tlapa de Comonfort). Ils ont ensuite été réunis avec des urnes dans le centre-ville de Tlapa et incendiés au milieu de la place.

Dans la ville de Xalapa (Veracruz), un groupe d’une trentaine d’individus masqués ont cramé au molotov un siège de l’INE, la presse parle d’anarchistes. A Córdoba et Orizaba (district de Veracruz), les bureaux électoraux sont occupés par la coordination nationale des instituteurs. A Chilpancingo, le péage de l’Autoroute du Soleil a été occupé, faisant passer gratuitement les automobilistes, et c’est là qu’un véhicule transportant du matériel électoral a été intercepté, renversé et incendié.

A Tuxtla Gutiérrez (Chiapas), le siège de l’INE a été saccagé.

Pour le scrutin de dimanche 7 juin, se sont près de 40 000 militaires et hommes de la police fédérale qui ont été déployés par le gouvernement de Enrique Peña Nieto dans les Etats d’Oaxaca (16 000), du Chiapas, du Guerrero et du Michoacan depuis trois jours.

Interventions anarchistes

Dans un communiqué du 1er juin titré "A provocar el Junio Negro" (lire ici), des anarchistes ont revendiqué trois attaques explosives coordonnées à base de poudre noire/tubes/détonateur ce même jour dans la ville de Puebla (à 110 km au sud-est de Mexico, c’est la 4e plus grande ville du pays) : contre le Secrétariat à l’Economie, contre l’Instituto Nacional Electoral et contre la gare routière située près l’Université Technologique.
Leur texte dit notamment : "Pour tout cela et bien plus, boycott électoral. Pour tout cela et bien plus, feu à l’Etat capital. Pour l’autonomie, l’autogestion et l’insurrection généralisée. Mort au système-monde".

Le 6 juin, à travers un communiqué, c’est le Comando feminista informal de acción antiautoritaria qui revendiquait pour sa part l’attaque explosive à base de dynamite qui s’est produite vers 3h du matin contre les bureaux de la SEDATU (Secrétariat du Développement Agricole, Territorial et Urbain) à Mexico, District Fédéral. Il se terminait par "Ne vote pas. Tue-les tous" (lire ici).


fichiers joints

  • Xalapa (Veracruz) : incendie de l’Institut National Electoral (INE)
  • Débarquements de militaires à l’aéroport Santa Cruz Xoxocotlán (Oaxaca), 5 juin
  • Juchitan (Oaxaca), 1er juin : bulletins de vote
  • Mexico DF, 6 juin : attaque du SEDATU
  • Oaxaca : "Tous font des promesses. Personne ne les tient. Vote pour personne"
  • Oaxaca : bulletins de vote et photos des dignitaires dans un même brasier
  • Oaxaca : tag sur le siège de l’INE, "Nos rêves ne rentrent pas dans leurs urnes"
  • Oaxaca devant un bureau électoral, 6 juin
  • Oaxaca, 1er juin
  • Oaxaca, 1er juin
  • Oaxaca, 7 juin, le jour du vote...
  • Oaxacan, 6 juin : arrivée de l’armée en ville
  • Puebla (Mexique), 1er juin : l’Institut National Electoral
  • Puebla (Mexique), 1er juin : la gare routière
  • Puebla (Mexique), 1er juin : le Secrétariat à l’Economie
  • Tehuantepec (Oaxaca) : incendie d’un siège de l’INE
  • Tixla (Guerrero), 6 juin : destruction de bulletins de vote
  • Tlapa (Guerrero), 1er juin : 116 000 bulletins de vote partent en fumée

Liens Mexique

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