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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Athènes : affrontements devant le Parlement contre l’austérité de Syriza
Article mis en ligne le 16 juillet 2015
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Grèce : des échauffourées ont éclaté devant le Parlement

AFP, mercredi 15 juillet 2015 à 23h06

Des échauffourées entre la police et des manifestants armés de cocktails molotov ont éclaté à Athènes mercredi soir à l’issue de manifestations contre le nouveau plan d’aide à la Grèce que le Parlement doit adopter avant minuit.

Place Syntagma, où siège la Vouli (le parlement grec), plusieurs dizaines de jeunes gens casqués et masqués ont jeté des pierres et des engins incendiaires, à la fin d’une manifestation qui avait rassemblé quelque 12.000 personnes selon la police.

Des distributeurs de banques ont également été endommagés. Dans le quartier touristique de Plaka, au pied de l’Acropole, des heurts ont également opposé la police à des jeunes encagoulés qui ont mis le feu à au moins deux véhicules.

Des abribus et des devantures de magasins ont également été endommagés aux abords de la station de métro Acropolis. Quatre policiers et deux photographes de l’AFP ont été légèrement blessés dans ces affrontements et la police a annoncé avoir procédé à 40 interpellations.

Le calme semblait revenu vers 19h30 GMT dans la capitale grecque.

"Non aux privatisations, sauvons les ports, la (compagnie nationale d’électricité) DEI, les hôpitaux ! ", pouvait-on lire sur une banderole déployée devant le Parlement convoqué pour voté en procédure d’urgence l’accord trouvé lundi à Bruxelles en échange de nouveaux prêts d’environ 90 milliards d’euros et d’un rééchelonnement de la dette.

"Abolition du mémorandum, effacement de la dette", réclamait Adedy, le puissant syndicat de la fonction publique.

Le Premier ministre Alexis Tsipras doit faire face à une fronde politique issue de son propre parti Syriza et au mécontentement de nombreux Grecs qui s’estiment trahis par l’accord de Bruxelles, jugé encore plus sévère pour leur pays que celui qu’ils avaient rejeté par référendum le 5 juillet.

Le ministre des Finances Euclide Tsakalotos a déclaré pendant les débats parlementaires que ce n’était "pas un bon accord" mais que le gouvernement emmené par Syriza n’avait "pas eu le choix", à moins de précipiter la Grèce hors de l’euro.

Par ailleurs, une grève dans la fonction publique grecque a ralenti mercredi l’activité des transports ou des hôpitaux.

Alexis Tsipras sous haute pression

Les premières mesures de l’accord entre la Grèce et ses créanciers doivent donc être adoptées ce mercredi soir par le Parlement grec, avec un risque pour Alexis Tsipras d’en sortir affaibli, mais dans des proportions surmontables.

Clé de sa démonstration de bonne volonté aux créanciers, avant d’espérer obtenir dans quelques semaines un troisième plan d’aide d’au moins 80 milliards d’euros, le gouvernement de M. Tsipras devait faire adopter "d’ici au 15 juillet" un premier train de mesures. Il s’agit notamment d’une hausse de la TVA, et de l’adoption d’une règle d’or budgétaire.

Techniquement, le texte risque plutôt d’être adopté le 16, car à 17h00 GMT (19h en Belgique) le débat n’avait pas commencé, les questions de procédure n’étant pas complètement réglées.

Ce n’est pas gagné, Varoufakis pas tendre

Reste à savoir qui des 300 députés votera pour. Les grands partis d’opposition, Nouvelle Démocratie (conservateurs), Pasok (socialistes) et Potami (centre-gauche), réunissant 106 députés à eux trois, y ont appelé.

"Les députés de Nouvelle Démocratie votent toujours selon leur conscience, et celle-ci dit oui à la poursuite du parcours européen du pays", a déclaré Evangelos Meimarakis, le président du parti par intérim.

Du côté de la coalition gouvernementale, composée du parti de gauche radicale Syriza de M. Tsipras (149 députés) et de l’allié de droite souverainiste ANEL (13 députés), le comportement lors du vote à venir était moins clair.

Chez Syriza, 32 députés avaient manifesté des réticences (15 "oui mais", 2 non, 8 abstentions et 7 absents) lors du vote sur le principe-même des négociations du week-end, vendredi dernier.

Mercredi, l’une des positions les plus tranchées a été celle de la ministre adjointe des Finances Nadia Valavani, qui a rendu son portefeuille, estimant que "la solution qui nous est imposée aujourd’hui d’une façon si déprimante, n’est pas viable".

Quant à l’ex-ministre des Finances Yanis Varoufakis, que M. Tsipras a qualifié mardi "d’excellent économiste, mais pas bon politique", il a comparé l’accord à "un nouveau traité de Versailles", et l’a reproduit sur son blog, entièrement annoté de critiques en rouge, prévenant l’internaute "Lisez ça et pleurez".

Mais personne ou presque n’a vraiment dit ce qu’il voterait.