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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Paris : les bourgeois s’indignent
Article mis en ligne le 8 octobre 2015
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Menaces et "climat délicat" après l’arrivée du FN à Sciences Po Paris

Express, 08/10/2015 à 14:37 (extrait)

Impossible en ce mercredi après-midi de franchir les portes de Sciences Po Paris sans montrer patte blanche. Les appariteurs contrôlent chaque carte d’étudiant. "Une mesure que l’on voit uniquement lorsqu’un invité ’sensible’ est invité", glisse un étudiant. En ce jour pourtant, aucune personnalité au pedigree sulfureux n’est attendue. Mais les tags rouges "Welcome to facholand" qui accueillent le visiteur sur le bitume, devant l’institution de la rue Saint-Guillaume, donnent une indication sur les raisons de la fébrilité ambiante.

Depuis que le Front national a obtenu le nombre de voix pour se faire reconnaître comme association au sein de l’école, l’ambiance s’est dégradée. "On pensait qu’une fois le FN reconnu, on passerait à autre chose. Mais non, c’est délétère et électrique, regrette Omar Ben Abdehramen, responsable du syndicat étudiant de droite UNI. Tout le monde se demande qui sont les 120 qui ont voté pour le FN..."


La façade de Sciences Po de nouveau taguée

Figaro étudiant, 07/10/2015 à 10:57

Le 27 rue Saint-Guillaume, siège de Sciences Po Paris, a été tagué durant la nuit pour la deuxième fois en deux semaines : « Siège du F Haine », « fachos : hors de nos vies », « Clément, on t’oublie pas »...

Rentrée agitée au 27 rue Saint-Guillaume. En deux semaines, la façade de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris a ainsi été taguée deux fois. Le dimanche 27 septembre, un étudiant du prestigieux établissement découvrait une première inscription, « Les chrétiens meurent », accompagnée de symboles chrétiens tels que des croix classique, vendéenne et orientale ainsi que les lettres grecques alpha et oméga.

Une fois la police passée, les inscriptions avaient été effacées. Mais cet acte de vandalisme semble avoir donné des (mauvaises) idées à d’autres : en cette matinée du mercredi 7 octobre, les étudiants ont découvert de nouveaux et multiples tags en arrivant à Sciences Po.

« Siège du F Haine », « fachos : hors de nos vies », « Clément, on t’oublie pas », « no pasaran »... La référence à Clément Méric, militant aujourd’hui décédé connu pour ses positions antifascistes, et les nombreuses inscriptions « antifa » laissent penser que des militants anti-fascistes pourraient être à l’origine de ces tags - sans certitude pour l’instant néanmoins.

« Je suis très choquée »

Sur place, les réactions sont nombreuses et vives. « Je suis déçue, consternée », réagit Alice, en 2ème année. « Cela ne peut pas être un élève de Sciences Po », veut croire son amie Zoé. « Il y a un vrai respect pour l’école parmi les élèves... » « Rien, il n’y a rien à dire là-dessus... », lâche un professeur de relations internationales d’un air dépité.

« Je suis très choquée », déclare quant à elle Clémence, étudiante en master de sécurité internationale. « C’est lié à l’entrée du FN à Sciences Po, mais ça n’arrange rien... Ce n’est pas comme ça que l’on doit combattre ! ». Un avis partagé par Victor et Billal, tous deux étudiants en master droit-éco. « Ce n’est pas la bonne stratégie pour parler du FN » assure Victor. « Ce militantisme est dépassé depuis des années » renchérit Billal.

« Il y a assez de forums pour s’exprimer »

Pour les deux jeunes étudiants, il existe suffisamment de forums pour traiter de tous les sujets de manière républicaine et apaisée. « Je crois même que hier se tenait une discussion sur la présence du FN à Sciences Po. C’est ici qu’il fallait être présent » s’indigne Victor. « Là, cet acte lâche ne sert à rien mais nous coûte de l’argent » poursuit-il.

En milieu de matinée ne restent plus dehors que des agents de sécurité de l’IEP et un agent de propreté de la ville de Paris. Ce dernier, qui avait déjà effacé les tags de la semaine dernière, confie que les graffitis actuels seront sans doute effacés tôt demain matin, car cette opération nécessite de bloquer toute la rue. « J’espère qu’il n’y aura plus de tags désormais... », conclut-il.