" />
Slogan du site

Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Ceuta (Maroc/Espagne) : l’assaut de la frontière à la nage
Article mis en ligne le 18 octobre 2015
Imprimer

Frontière Ceuta et Melilla (Espagne / Maroc)

Depuis des années, les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc sont un point de passage important pour les migrant-es qui veulent rejoindre l’Europe. Depuis des années, la guerre aux migrant-es y fait rage.

Plusieurs lignes de grillages et de barbelés, surmontées de lames de rasoir, ont été élevées et les polices espagnoles et marocaines travaillent main dans la main pour empêcher les migrant-es de passer, parfois en ouvrant le feu. Les accords de coopération entre l’Union européenne et l’Espagne d’une part et le Maroc d’autre part, font de lui le gendarme de l’Europe dans la région.

Les flics marocains mènent régulièrement des opérations aux abords des enclaves, incendient les campements des migrant-es, raflent dans les quartiers où vivent les migrant-es des villes alentours, expulsent les migrant-es en plein désert à la frontière algérienne, etc.

Que ce soit à la frontière ou dans les quartiers, de nombreux/ses migrant-es sont mort-es, tué-es par les flics et les gardes frontières.

Mais, depuis des années, les migrant-es continuent de s’organiser pour prendre d’assaut les murs de barbelés qui s’érigent face à eux/elles.

Le 3 octobre, un assaut de la frontière a eu lieu à Ceuta, côté mer par 200 personnes. 87 d’entre-eux ont réussi à grimper les grillages et à atteindre Ceuta à la nage [en deux groupes coordonnés par la terre et la mer du côté de la digue de Benzú, par mer certains avaient des canots pneumatiques, d’autres nageaient équipés de bouées]. La répression a été féroce et 13 migrant-es ont été blessé-es par la police et amené-es à l’hôpital.

Six jours plus tard, après une nouvelle tentative de passage, deux hommes ont été mortellement tabassés par la marine marocaine à côté de Ceuta après leur interpellation. Une vingtaine d’autre, tabassés également, passent 12 heures enfermés dans des fourgonnettes des flics avant d’être transférés à la gendarmerie.

Suite à ces nouvelles tentatives de passages, la police marocaine a effectué des arrestations massives dans les forêts autour de Ceuta et de Boukhalef ainsi qu’à Nador et Tanger. Les tentes ont été brûlées, plusieurs personnes tabassées et certain-es ont été déporté-es en bus vers le sud du pays. Apparemment des habitant-es de la zone auraient également pris part à ces violences.

[Extrait de Brèves des frontières #3 (début octobre 2015), publié sur sanspapiersnifrontieres, oct 18, 2015]


Les autorités ont enregistré plus de 65 assauts en 2014 à Melilla, contre 38 en 2013. Plus de 16.000 personnes ont tenté d’y accéder en 2014 et près de 5.000 y sont parvenus, contre quelque 3.000 en 2013.

Lundi, les autorités marocaines ont de leur côté affirmé que 87 assauts sur Ceuta et Melilla avaient eu lieu l’an dernier, lors desquels plus d’une centaine de membres des forces de l’ordre marocaines ont été blessés.

(AFP / 10 février 2015 18h54)


fichiers joints

  • Ceuta, 3 octobre 2015 : l’assaut par la digue de Benzú, groupe de nageurs équipés de bouées
  • Ceuta, 3 octobre 2015 : l’assaut par la digue de Benzú, groupe en canot pneumatique