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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Souvenirs de novembre 2005 (II)
Article mis en ligne le 7 novembre 2015
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Incendie de But et Saint-Maclou à Arras : c’était il y a dix ans

La Voix du Nord, 07/11/2015

C’était le 8 novembre 2005. Il y a tout juste dix ans. Ce soir-là, les magasins But et Saint-Maclou étaient ravagés par un incendie criminel. Arras intégrait la sombre carte des villes touchées par les émeutes urbaines.

Le contexte de novembre 2005

Tout commence le 27 octobre 2005 du côté de Clichy-sous-Bois. Bouna (15 ans) et Zyed (17 ans) perdent la vie dans un transformateur électrique après une course-poursuite avec la police. Ce drame va être le déclencheur d’une vague de violences urbaines dans toute la France. Les cités s’embrasent, d’abord en région parisienne, puis dans le reste de la France. Douze jours après le début des émeutes, un couvre-feu est instauré dans certaines villes. Une première depuis 1955 !

Le mardi 8 novembre, Arras va intégrer cette carte de la délinquance. Vers 22 heures, les sapeurs-pompiers sont appelés pour un incendie au magasin But, avenue Churchill. Celui-ci a vraisemblablement pris au milieu du magasin. Les flammes se sont propagées rapidement, à Saint-Maclou, situé juste à côté. Les deux boutiques sont complètement ravagées, sous le regard médusé de quelques spectateurs. La réserve de But est épargnée par le sinistre.

Un préjudice énorme

Le préjudice total est énorme : douze millions d’euros de dégâts (huit pour But et quatre pour Saint-Maclou). C’est le plus gros enregistré lors de ces émeutes de 2005.

L’incendiaire présumé est très vite interpellé. Ce mardi 8 novembre 2005, Jérémy V., un Arrageois de 20 ans originaire des quartiers ouest, décide de jeter une bouteille de Fanta remplie d’essence et des chiffons enflammés, du bas du magasin But, sur le toit. Elle passe par une bouche d’aération. Le pyromane n’aurait pas eu besoin de monter sur le toit. Il retrouvera ses deux copains plus tard devant l’incendie. En repartant, tous trois s’arrêtent devant une R 19. L’un des jeunes plie la portière, casse une vitre. Jérémy allume alors une bouteille de Yop remplie d’essence. C’est à ce moment-là qu’ils sont aperçus par un témoin qui préviendra les policiers. Jérémy endossera tout sur ses épaules même si, comme on le rappela lors de son jugement, « techniquement, c’est impossible de faire tout ça seul. »

La peine la plus lourde

En première instance, en comparution immédiate, Jérémy a été condamné par le tribunal correctionnel d’Arras à une peine de quatre ans de prison ferme (la plus lourde en France dans le cadre de ces violences urbaines). Quelques mois plus tard, le jeune homme fait appel. À Douai, en mars 2006, il écopera de deux ans et demi.