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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Anonymous vs Andra : "notre objectif n’était pas de nuire ou de causer des dégâts" (mis à jour)
Article mis en ligne le 9 novembre 2015
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Nancy : sursis demandé contre trois Anonymous

Vosges Matin, 10/11/2015 à 08:21

Petit sourire énigmatique et fine moustache. Le fameux masque des Anonymous est là et bien là. Sur le pupitre de la procureur-adjointe de Nancy. Emballé, emprisonné, dans un sachet en plastique. Comme n’importe quelle pièce à conviction. Tout un symbole.

Ce lundi, trois membres du célèbre groupe de cyber-activistes ont en effet dû s’expliquer à visage découvert devant le tribunal de Nancy. Trois hommes démasqués mais pas seuls. Une centaine de militants écolos et altermondialistes sont venus les soutenir. Tous n’ont pas pu accéder à une salle d’audience déjà bien garnie en journalistes. Ils se sont alors rabattus sur une manif devant la cité judiciaire. Avec banderole et slogans. Dans une ambiance plutôt bon enfant.

Atmosphère encore plus calme, presque studieuse, devant le tribunal. Car sans leur masque, les Anonymous dévoilent des profils inoffensifs. Il est vrai que celui qui est présenté comme le plus virulent, Cédric Sibille, un Belge de 36 ans installé à Nantes, n’a pas fait le déplacement. Les deux autres sont là.

L’un, David Druart, est un chômeur de Reims. La quarantaine, brun, visage marqué et anorak déchiré, il vit du RSA et ponctue ses phrases de « euh » hésitants. A ses côtés, Loïc Schneider, un jeune nancéien qui habite toujours chez ses parents et hésite entre une carrière d’avocat ou de maraîcher bio, parle beaucoup et facilement.
« Une nouvelle façon de manifester »

Mais cela ne gomme pas son allure de grand gamin dégingandé. Capable d’arracher un sourire à la présidente Stragier par une remarque naïve. Ou d’avoir les larmes aux yeux lorsqu’il raconte comment les agents de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) lui ont mis la pression en garde à vue. Car les policiers voyaient en lui un pirate informatique, potentiellement dangereux.

Les trois Anonymous sont en effet jugé pour avoir participé en décembre dernier au piratage des sites du Conseil général de la Meuse, du Conseil régional de Lorraine et de l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Les attaques informatiques ont consisté à saturer de messages les sites jusqu’à les mettre temporairement hors fonction. L’objectif était de protester contre l’implantation d’un centre d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure.

« On ne demandait pas l’arrêt du projet mais uniquement un débat télévisé et un référendum », précise le jeune Loïc Schneider qui a surtout joué un rôle de communiquant pour revendiquer les attaques, sans y participer directement. Car il n’a aucune compétence en informatique. Il n’en fallait pourtant pas beaucoup. « C’est à la portée de presque tout le monde. C’est une nouvelle façon de manifester », affirme le quadra David Druart. « Ce genre d’actions est très courant. C’est juste un blocage. Il n’y a aucun vol de données », ajoute Loïc Schneider.

Un euro symbolique

Mais pour l’avocat de l’ANDRA, Me D’Haultfoeuille, il s’agit bien d’une « attaque », d’un « déni de démocratie » et non d’une banale manif virtuelle. Il réclame 1 € symbolique. « Peu importe le but politique ou citoyen qui était recherché par les prévenus », estime pour sa part la procureur-adjointe, Virginie Giard. Seul compte, à ses yeux, le fait que les trois Anonymous ont franchi la ligne jaune de l’illégalité.

Elle requiert 4 à 6 mois de prison avec sursis contre les deux présents et 8 à 10 mois contre le « grand absent. » Les avocats de la défense, Mes Pereira, Vallée et Ambroselli, font feu de tout bois pour obtenir la relaxe. Cela commence par des arguments ultra-juridiques et se termine par la lecture d’un poème du plus jeune des Anonymous. Sans oublier la dénonciation de la puissance du lobby nucléaire. Jugement le 23 novembre.


Trois Anonymous jugés pour les cyberattaques contre des sites lorrains

Est Républicain, 09/11/2015 à 09:23

Nancy. Ils seront trois à s’aligner à la barre du tribunal correctionnel de Nancy ce lundi matin. Trois Anonymous mais sans le fameux masque de la BD « V for Vendetta » qui est devenu le signe de ralliement de cette nébuleuse contestataire très active sur le Net.

Le trio a été démasqué et sera jugé à visage découvert pour avoir piraté en décembre dernier les sites du Conseil général de la Meuse, du Conseil régional de Lorraine et de l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (ANDRA). Ces cyberattaques visaient à protester contre le projet de stockage souterrain de déchets nucléaires à Bure dans la Meuse.

« Nous n’avons rien fait de mal »

Si ces actions ont passablement énervé les autorités qui ont mis le paquet pour identifier et arrêter les trois Anonymous, ces derniers peuvent toutefois compter sur un courant de sympathie dans l’opinion. Des appels à se mobiliser en leur faveur circulent en effet depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux. Un tract a également été distribué sur Nancy pour appeler à une manifestation devant le tribunal ce lundi matin.

S’ils font cause commune, les trois prévenus sont toutefois aussi dissemblables que possible. Ils ne se connaissent d’ailleurs pas. Ils ne se sont jamais rencontrés et n’ont eu des contacts que sur le Web pour préparer leur opération de piratage. L’un est un chômeur de Reims. Un autre est un trentenaire de Nantes très actif dans les mouvements altermondialistes. Le dernier, enfin, Loïc Schneider, est un jeune étudiant nancéien idéaliste, sans compétence informatique particulière.

Son but lors du procès du procès ? Obtenir une relaxe et « faire comprendre que notre objectif n’était pas de nuire ou de causer des dégâts mais de faire passer un message », explique le jeune homme qui se voit plus comme un « lanceur d’alerte » que comme un redoutable activiste.

Loïc Schneider entend d’ailleurs bien continuer à jouer ce rôle devant le tribunal. Il a prévu de lire un texte expliquant ses motivations. « On voulait juste un référendum sur le projet d’enfouissement des déchets de Bure. C’est tout ! Et nous n’avons rien fait de mal. Nous n’avons ni volé, ni abîmé des données informatiques. Ce que nous avons fait s’apparente à un sit-in ou un blocus. Rien de plus », développe le jeune Anonymous qui joue gros lors de son procès.

Lui et ses camarades risquent en effet 10 ans de prison et 150.000 € d’amende. C’est un maximum. En cas de condamnation, ils n’auront jamais des peines aussi élevées. Ce que Loïc Schneider redoute le plus, c’est une inscription sur son casier judiciaire. Ce qui l’empêcherait de réaliser le projet professionnel qu’il a en tête : devenir avocat en droit de l’environnement. Pour y parvenir, la première cause qu’il va devoir plaider et gagner sera donc la sienne.


3 Anonymous jugés pour avoir attaqué le site web du ministère de la Défense pour "venger" la mort de Rémi Fraisse

AFP, 09/11/2015 | 11:56

3 militants des "Anonymous", soupçonnés d’avoir attaqué des sites web institutionnels, et notamment celui du minisère de la Défense pour "venger la mort du militant écologiste Rémi Fraisse, opposé au barrage de Sivens, comparaissent lundi devant le tribunal correctionnel de Nancy.

Ils sont accusés d’avoir lancé des attaques informatiques contre le site de l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra), ceux du conseil régional de Lorraine, du conseil général de la Meuse, et celui du ministère de la Défense.

David Druart, 41 ans, Loïc Schneider, 20 ans, et Cédric Sibille, 36 ans (absent lundi) sont poursuivis pour "accès frauduleux dans un système de traitement informatisé de données", "suppression de données résultant d’un accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données" et "entrave au fonctionnement d’un système de traitement de données", avec comme circonstance aggravante que les faits ont été commis en bande organisée.

Ils risquent 10 ans de prison et 150.000 euros d’amende.

Les attaques pour lesquelles les trois suspects sont jugés sont de type "attaques par déni de service" : il s’agit de saturer les serveurs concernés, pour les rendre inaccessibles au public.

L’attaque contre le site du ministère de la Défense avait été revendiquée pour "venger" la mort, le 26 octobre, du militant écologiste Rémi Fraisse, opposé au barrage de Sivens.

Les autres ont été commises dans le cadre de l’ #opGPII, opération organisée par les Anonymous contre les "les Grands Projets Inutiles et Imposés". Dans ce cas précis, c’est le projet de l’Andra d’un site d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) qui était visé. Parmi les soutiens présents au tribunal de Nancy, certains arboraient des pancartes "Bure Stop".

Deux hommes avaient été interpellés en avril dans un premier temps, puis un troisième au cours de l’enquête.