" />
Slogan du site

Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Île Christmas (Australie) : mutinerie incendiaire au centre de rétention (mis à jour)
Article mis en ligne le 10 novembre 2015
Imprimer

Fin de l’émeute dans un centre de rétention pour migrants au large de l’Australie

Le Monde | 10.11.2015 à 09h28

Le centre de rétention de Christmas abrite 203 hommes : des demandeurs d’asile et des ressortissants étrangers, dont bon nombre de Néo-Zélandais, condamnés dans des affaires judiciaires et qui sont en cours d’extradition.

Les autorités australiennes ont repris, mardi 10 novembre, le contrôle d’un centre de rétention pour demandeurs d’asile situé sur l’île Christmas, où une émeute avait débuté dimanche après la mort d’un détenu. Des renforts de la police australienne avaient été envoyés sur l’île – territoire australien situé à 2 600 kilomètres au large de Perth (côte nord-ouest de l’Australie), dans l’océan Indien – pour faire face à des prisonniers armés de machettes et de cocktails Molotov, selon le témoignage d’un détenu.

Le centre de rétention de Christmas abrite 203 hommes : des demandeurs d’asile et des ressortissants étrangers, dont bon nombre de Néo-Zélandais, condamnés dans des affaires judiciaires et qui sont en cours d’extradition. Le ministère a assuré que cette reprise de contrôle avait essentiellement été faite au travers de la négociation, mais que la force avait été employée contre « un noyau dur de détenus qui avaient construit des barricades et opposaient une résistance active ».

Le ministre de l’immigration, Peter Dutton, a chiffré à un million de dollars australiens (655 000 euros) le montant des dégâts occasionnés lors de cette émeute. Si aucun détenu ne manque à l’appel, cinq d’entre eux recevaient des soins sans que leurs jours ne soient en danger, a précisé le ministère.

Politique dure vis-à-vis des migrants

L’émeute avait éclaté après la mort inexpliquée d’un demandeur d’asile évadé de ce centre, identifié par les médias comme un Kurde d’Iran s’appelant Fazel Chegeni. Les conditions de sa mort restent encore floues, mais elles ont déclenché la colère de nombreux prisonniers, sur fond de plaintes constantes de leurs conditions de détention.

L’Australie mène une politique extrêmement dure vis-à-vis des demandeurs d’asile, plaçant ceux qui parviennent à gagner ses rives dans des camps sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle Guinée, sur l’île de Nauru, dans le Pacifique, et sur l’île Christmas. Depuis la fin de 2014, Christmas accueille aussi des étrangers condamnés dans des affaires judiciaires et dont les titres de séjour ont été annulés. Un Iranien de 23 ans, Reza Barati, avait été battu à mort lors d’une émeute qui avait fait 69 blessés à Manus en février 2014. Le Sénat australien avait accusé le gouvernement d’avoir échoué à protéger les demandeurs d’asile.

Cette politique est dénoncée par les organisations de défense des droits de l’homme en raison des conditions de rétention sur ces îles, du manque de perspective pour les demandeurs d’asile ou encore de l’opacité dans laquelle ces camps sont gérés.


Emeute dans un centre de rétention pour migrants au large de l’Australie

Le Monde | 09.11.2015 à 07h57

Une émeute a éclaté lundi 9 novembre, dans un centre rétention pour demandeurs d’asile sur l’île de Christmas, dans l’océan Indien, au lendemain de la mort d’une homme qui avait tenté de s’enfuir. Le ministère de l’immigration australien a confirmé « des troubles » en cours dans le centre de rétention sur l’île Christmas, située à quelque 1 600 km des côtes australiennes et à 350 kilomètres au sud de l’île indonésienne de Java.

Au lendemain de la mort d’un homme qui avait tenté de s’enfuir, le centre de rétention pour demandeurs d’asile de Christmas Island, situé dans l’océan Indien, est le théâtre, lundi 9 novembre, d’une émeute que peinent à contenir les autorités australiennes. Elles ont ainsi confirmé que «  les gardes se sont retirés des bâtiments, pour des raisons de sécurité », alors que plusieurs incendies ont été signalés dans le centre.

Le ministère de l’immigration a rapporté « des troubles importants » étaient en cours dans le centre, situé à quelque 1 600 kilomètres des côtes australiennes et à 350 kilomètres au sud de l’île indonésienne de Java. Les groupes de défense des réfugiés assurent que des barrières et des murs du centre ont été détruits.

L’émeute a éclaté à la suite de la mort d’un homme qui avait tenté de fuir le centre samedi et dont le corps a été retrouvé le lendemain, au pied des falaises de l’île. La cause de sa mort n’est pas encore connue. Selon le communiqué du ministère, « une manifestation pacifique d’un groupe de détenus iraniens a commencé après la fuite, et la mort en dehors du centre, d’un détenu dimanche (…), mais d’autres détenus ont profité de la situation pour lancer une émeute et tout casser. »

Politique d’asile très restrictive

Les médias néo-zélandais rapportent que l’homme retrouvé mort dimanche était un Kurde iranien, nommé Fazel Chegeni. « Comme beaucoup d’autres, Fazel souffrait des effets d’une longue détention arbitraire », accuse Ian Rintoul, porte-parole d’un groupe de défense des réfugiés cité dans le quotidien australien Sydney Morning Herald. Il voit dans cette émeute « une explosion de colère face à la mort anonyme et à la brutalité qu’ils subissent chaque jour ». Selon la BBC, Fazel Chegeni aurait expliqué à ses codétenus «  ne plus supporter la détention » et avoir seulement « besoin d’aller dehors ».

Selon la sénatrice écologiste Sarah Hanson-Young, le centre est en état de « chaos ». « J’ai parlé avec des personnes enfermées dans le centre, ils disent que la situation est très troublée et qu’il y a plusieurs incendies sur les lieux », précise à la BBC, affirmant craindre pour la sécurité de certains détenus.

L’Australie a mis en œuvre ces dernières années une politique d’immigration très stricte critiquée avec véhémence par les organisations de défense des droits de l’homme. Les bateaux de clandestins sont systématiquement refoulés par la marine australienne. Ceux qui parviennent néanmoins à gagner les rives sont placés dans des camps de rétention sur l’île de Christmas, mais aussi l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle Guinée ou sur l’île de Nauru, dans l’océan Pacifique. Même si leur demande d’asile est jugée légitime, Canberra ne les autorise pas à s’installer en Australie.

Le mois dernier, des organisations australiennes de médecins ont de nouveau fait part de leur malaise face à la détention de mineurs dans les centres de rétention pour migrants, estimant que ces enfants, une fois soignés en Australie, ne devraient pas y retourner.