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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Quelques brèves de Mytilène (île Lesbos, Grèce)
Article mis en ligne le 24 novembre 2015
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Mytilène (île Lesbos, Grèce) : attaque contre Syriza et des banques

La nuit du 17 novembre 2015, nous avons attaqué les locaux du parti Syriza à Mytilène avec des pierres et de la peinture, et simultanément vandalisé les agences bancaires de Eurobank, Alpha Bank, Piraeus Bank et de la Banque Nationale de Grèce.

Le lendemain, nous avons mené une seconde attaque contre les locaux de ce parti en réponse à la mise sous silence des incidents de la nuit précédente.

Nos raisons pour attaquer étaient évidentes. Syriza, en étant le parti au pouvoir avec les pratiques qui n découlent en matière d’immigration, d’économie et de politiques répressives, tout comme les banques qui sont un rouage central du capitalisme, seront toujours nos cibles.

Jusqu’à la fin des Etats, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de frontières !
Vive l’anarchie !

[Traduit de l’anglais de contrainfo, November 20th, 2015 ]


Lesbos (Grèce)

Le 31 octobre, une grosse manifestation s’est déroulée dans la ville de Mytilène, à laquelle ont participé beaucoup de migrant-es et des personnes solidaires habitant-es de l’île. Les membres du parti au pouvoir Syriza n’ont pas été accepté-es dans le cortège. Sur cette île grecque, située en mer Égée, plusieurs milliers de migrant-es, survivant-es de la traversée, vivent dans les rues en attente d’une autorisation pour se rendre sur le continent.

Le 5 novembre, alors que les derniers jours ont été plus meurtriers que jamais dans la mer Egée, le premier ministre Tsipras a escorté Martin Schulz, le président du parlement européen, lors d’une visite sur l’île de Lesbos.
Les anarchistes locaux ont occupé la mairie de la ville et suspendu une banderole disant «  The Aegean is full of migrants’ dead bodies. Europeans too are peoples’ murderers ». Quand Tsipras et Schulz sont arrivés sur l’île, d’autres manifestant-es les attendaient également.

Le 7 novembre, des migrant-es ont occupé un immeuble désaffecté sur le port de Mytilène. Le bâtiment était l’ancien « centre des travailleurs » de la ville, qui avait été fermé ces dernières années. Ces derniers jours, des milliers de personnes vivaient dans le port et dans les rues, en attente des navires pour le continent (les travailleurs des navires étaient en grève).
C’est une initiative auto-organisée par les migrants et des groupes locaux sont là pour les soutenir.

Trois jours plus tard, le 10 novembre, le bâtiment a été expulsé par des membres du parti communiste de Grèce (KKE), armés de bâtons, jouant le rôle de la police anti-émeute. L’immeuble était vide depuis plusieurs années, mais le KKE qui contrôle ce « centre des travailleurs » l’utilisait comme débarras.

[Sanspapiersnifrontieres, Brèves des frontières n°5, novembre 2015]