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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Blois (Loir-et-Cher) : identifier l’ennemi, les engins de chantier à la chignole
Article mis en ligne le 26 novembre 2015
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Blois - Des engins de chantier victimes d’un forcené de l’écologie

26/11/2015 05:46 (extrait)

Par militantisme écologiste, un Blésois de 45 ans a crevé les pneus de nombreux engins de chantier. Le préjudice se monte déjà à plus de 160.000 €.

Des actes contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes

Ces gestes sont louables, mais, voilà, le quadragénaire est allé un peu trop loin dans son militantisme écologiste. Le Blésois est fermement opposé à la construction de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Alors il a décidé de crever les pneus de nombreux engins de chantier, au moins une bonne vingtaine. Depuis février dernier, il a sévi sur pas moins de quatorze chantiers en cours à Blois et à Saint-Sulpice-de-Pommeray, dont ceux du KFC et du CFA. Il visait deux entreprises en particulier : Eurovia et Colas, deux sociétés qui devraient participer à la construction du futur aéroport. Il cherchait ainsi à « affaiblir » ces deux entreprises, comme il l’a expliqué aux policiers. D’ailleurs, quand ces derniers lui ont dit que des sociétés locales avaient également été victimes de ses actes, il en a semblé tout désolé.

Pour percer les pneus, l’homme utilisait une chignole. Une perceuse manuelle qu’il avait achetée sur un site de petites annonces en ligne, car « tous les objets ont le droit à une seconde vie », a-t-il déclaré aux policiers.
Sur les engins endommagés, l’homme a à chaque fois laissé un message de revendication, inséré dans une bouteille en plastique. « Le bâtiment nique la nature », signé « Rémi Fraisse (1) - Makronissos (2) ».
L’enquête a été longue, les actes de dégradations étant espacé d’un mois environ à chaque fois, voire de deux. L’homme agissait de nuit, les week-ends ou les jours fériés.

Les policiers blésois ont mis en place des surveillances. Ils ont aussi fait analyser par le service régional d’identité judiciaire d’Orléans les empreintes et traces ADN relevées sur les bouteilles et le fameux message. Pas de correspondance. Jusqu’au 12 novembre dernier. Des policiers repèrent un homme près du chantier du CFA. Ils veulent le contrôler, il tente de s’enfuir. Mais il est interpellé rapidement. Là, empreintes et ADN sont relevés. Et, après analyses, les empreintes correspondent à celles précédemment relevées par les fonctionnaires.

Le Blésois est donc interpellé à son domicile le 16 novembre. Perquisitions dans la foulée. Les policiers retrouvent la chignole.
En garde à vue, l’homme a tout reconnu sans problème. Une information judiciaire a été ouverte et le quadragénaire a été placé sous contrôle judiciaire.
Pour l’instant, le préjudice est évalué à plus de 160.000 euros. Mais il devrait largement dépasser les 200.000 € car ce montant ne prend pas en compte les pertes liées aux retards de chantiers et celles éventuellement liées à des contrats non honorés.

(1) Ce jeune militant a été tué par une grenade offensive tirée par un gendarme sur le site du barrage de Sivens dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014. (2) Makronissos est une île grecque qui a été utilisée durant la guerre civile en Grèce (1946-1949) comme lieu de déportation des opposants politiques, majoritairement des communistes.