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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

[COP21] : braver l’état d’urgence en s’affrontant avec ses défenseurs (mis à jour - 317 GaV + les condamnations)
Article mis en ligne le 29 novembre 2015
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Deux peines de prison avec sursis ont été prononcées contre des manifestants, interpellés dimanche après des incidents lors d’une manifestation interdite à Paris

NouvelObs, 03/12/15 à 10:08

Le tribunal correctionnel de paris a prononcé mercredi des peines de prison avec sursis contre deux manifestants interpellés dimanche à Paris lors d’une manifestation interdite en marge de la COP21. Cela porte à quatre pour l’instant le nombre de condamnations après les incidents survenus lors du rassemblement qui a dégénéré.

Un Espagnol de 28 ans a été condamné à quatre mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir décoché un coup de pied à un policier. Son avocate, Alice Becker, dénonce des poursuites "politiques".

Un autre prévenu de 19 ans a été condamné, également en comparution immédiate, à huit mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir jeté une canette vers les policiers.

Mercredi, le tribunal correctionnel avait déjà condamné à 1.000 euros d’amende une jeune manifestante pour avoir refusé la prise de ses empreintes digitales, et à trois mois de prison ferme, mais sans incarcération immédiate, un manifestant coupable d’avoir blessé légèrement un CRS en jetant une bouteille.

La manifestation du 29 novembre avait été interdite en raison de l’état d’urgence décrété après les attentats de Paris.


COP 21 : Manifestation tendue place de la République, plus de 200 interpellations

Libération — 29 novembre 2015 à 16:44)

Des milliers de militants se sont rassemblés dimanche place de la République, à Paris, certains cagoulés et armés de projectiles. La police a procédé à 208 interpellations et 174 garde à vues.

Ce devait être un rassemblement pour « braver l’état d’urgence » et faire pression sur les gouvernements réunis à Paris pour la COP 21. De climat, il n’a guère été question dans la bouche de plusieurs centaines de personnes, venues cagoulées et masquées, et qui ont tenté d’en découdre avec les forces de l’ordre dimanche après midi sur la place de la République. La situation a dégénéré peu avant 14 heures, quand un cortège improvisé a tenté d’emprunter l’avenue de la République, derrière une banderole de plusieurs organisations anarchistes. Après un face-à-face tendu d’une vingtaine de minutes avec les CRS, les manifestants ont entrepris de faire le tour de la place, se heurtant à chaque artère à une haie de policiers.

Chaîne humaine

Parmi les slogans, « Police partout, justice nulle part », « Etat d’urgence, on s’en fout, on ne veut pas d’Etat du tout », « Police nationale, police du Capital » ou encore « Flics, porcs, assassins ». Aux lancers de projectiles divers, les CRS ont répliqué par des charges et des tirs de grenades lacrymogènes, qui ont noyé la place de la République sous un brouillard âcre et piquant pendant près d’une heure. Certains des militants violents sont allés se servir sur le mémorial aux victimes des attentats pour récupérer des projectiles, bougies ou pots de fleurs. En réponse, d’autres manifestants, plus modérés, ont formé une chaîne humaine autour de la statue-mémorial pour la protéger.

Pendant ce temps, un gros millier de personnes continuait à scander des slogans pour la défense du climat, avant de s’extirper progressivement des lieux. « A la base, on devait marcher pour le climat, mais ça a dégénéré. On est déçus que le message climatique ait perdu de sa portée, racontent Lucas et Charlotte, deux jeunes d’une vingtaine d’années en service civique dans la région. Mais c’était important de venir, la rue est notre seul espace d’expression. » Peu après 15 heures, les fourgonnettes de la police ont commencé à investir la place de la République pour évacuer les manifestants encore présents.

Mais la place ne s’est pas vidée. Tandis qu’un groupe d’une cinquantaine de personnes, cernées contre un mur par les CRS, scandait « Plus chaud, plus chaud le climat ! », la foule réunie tout autour entonnait des « Libérez nos camarades ». Le face-à-face s’est longtemps poursuivi, jusqu’à l’interpellation au compte-gouttes peu après 16 heures. Les personnes arrêtées étaient ensuite placées dans un bus de la police. Avant 20 heures, la préfecture de police de Paris parlait de 208 interpellations et 174 garde à vue. Vers 18h30, la préfecture de police avait envoyé un mail à des journalistes accompagné d’une photo censé montré des projectiles envoyés vers les forces de l’ordre pendant la manifestation : cailloux, bougies, bouteilles, ainsi qu’un marteau.

Depuis Bruxelles, en marge d’un sommet de l’Union européenne avec la Turquie, le président français François a fustigé l’action « scandaleuse » d’« éléments perturbateurs qui n’ont rien à voir d’ailleurs avec les défenseurs de l’environnement », et dénoncé des incidents « regrettables ».

La journée avait commencé très tôt dans le secteur. Ainsi, dès 6 heures du matin ce dimanche, les bénévoles de l’ONG Avaaz ont installé sur la place de la République des milliers de paires de chaussures. Une action symbolisant la détermination de la société civile à faire pression sur les chefs d’Etat du monde entier, qui ouvriront lundi la COP 21. Et à peser pour aboutir à l’accord le plus ambitieux possible afin de lutter contre le réchauffement climatique. Puis, en fin de matinée, une chaîne humaine s’est mise en place entre République et Nation, réunissant des milliers de personnes. A l’origine, une manifestation devait se tenir sur ce tracé, mais elle a été annulée à la suite des attentats du 13 novembre.

La foule s’est dispersée dans le calme vers 12 h 30, tandis que des actions continuaient place de la République. Clowns activistes et autres activistes s’en prenaient notamment à la volonté des autorités de « museler le mouvement social » en interdisant les manifestations et en assignant à résidence de nombreux militants écologistes.


COP21 : 317 personnes en garde à vue après les heurts à Paris

Franceinter, 30 Novembre à 11H35

317 personnes sont en garde à vue ce lundi après les échauffourées qui ont eu lieu dimanche à Paris, en marge de la Conférence de l’Onu sur le climat (COP21). Des manifestants ont jeté des projectiles sur les policiers, qui ont répliqué à coups de gaz lacrymogènes.

La place de la République à Paris, enveloppée de nuages de gaz lacrymogènes : plusieurs centaines d’activistes et forces de l’ordre se sont affrontées ce dimanche après-midi, veille de l’ouverture de la COP21. Le visage masqué, des protestataires ont bravé l’interdiction de manifester en vigueur dans le cadre de l’état d’urgence. "De petits groupes violents (...) s’en sont pris aux forces de l’ordre avec des projectiles" comme des "bougies" déposées en mémoire des victimes des attentats ou "une boule de pétanque", a indiqué le préfet de police de Paris, Michel Cadot. La préfecture, qui a publié sur sa chaîne Youtube des images des affrontements.

Condamnations unanimes

Une action "scandaleuse" a réagit le président François Hollande, évoquant des "éléments perturbateurs" qui n’ont "rien à avoir avec les défenseurs de l’environnement".

Colère aussi du Premier ministre, Manuel Valls, qui s’est exprimé sur son compte Twitter.

Les violences contre les forces de l’ordre place de la République sont indignes. Respecter ce lieu, c’est respecter la mémoire des victimes.
— Manuel Valls (@manuelvalls) 29 Novembre 2015

Plusieurs syndicats affiliés à Solidaires ou à la FSU demandent, eux, la libération des manifestants interpellés. D’après SUD-rail, ce rassemblement se déroulait "sans violence" quand "des casseurs ont infiltré la manifestation". Le syndicat reproche à la police d’avoir "chargé sans discernement" et procédé "à une véritable rafle aveugle" de manifestants, dont plusieurs militants du syndicat de cheminots. Avis partagé par SUD-PTT qui estime que ces arrestations montrent que l’état d’urgence est "détourné de la lutte contre le terrorisme".

La COP21 se tient jusqu’au 11 décembre au Bourget. 147 chefs d’Etat et de gouvernement sont à Paris ce lundi, pour lancer les négociations. L’objectif est de sceller un accord mondial pour limiter à 2 degrés le réchauffement climatique.