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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Quiévrechain (Nord) : "Si un jour l’hôtel de ville est visé, je ne sais pas comment on fonctionne"
Article mis en ligne le 8 décembre 2015
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Quiévrechain : l’incendie du bâtiment des services techniques serait criminel

L’Observateur du Valenciennois,5 décembre 2015 à 15h03min

La nuit de vendredi 4 à samedi 5 décembre a été agitée à Quiévrechain. Vers 23h, les élus et le personnel sont prévenus qu’un violent incendie s’est déclaré dans le bâtiment qui abrite l’ensemble du matériel des services techniques de la Ville, rue Henri Leblanc.

Avant même l’arrivée des pompiers, des élus et des habitants ont pu, en brisant une vitre, sauver un véhicule et un groupe électrogène. Les sapeurs pompiers sont restés longtemps sur place afin de circonscrire l’incendie. «  Les flammes ont été éteintes vers 2h du matin. Il y avait de la fumée sur tout Quiévrechain. A 10h, ça fumait encore », témoigne Maxence Maillot, directeur du cabinet du maire, Pierre Griner, qualifiant ce fait de « spectacle désolant ».
Actuellement, il ne reste plus rien de ce bâtiment. Il est apparu qu’un véhicule municipal avait été dérobé avant que l’incendie ne se déclare. « La thèse accidentelle est écartée », affirme Maxence Maillot, suite aux premiers éléments relevés par la police judiciaire. Le maire et la vice-procureure étaient tous les deux présents sur place. La mairie a porté plainte pour vol et dégradations de biens publics.

Ce bâtiment abritait quatre véhicules, les clés de l’ensemble des bâtiments communaux, des plans de bâtiments, des bonbonnes à oxygène et à gaz… Heureusement, il n’y a pas eu de victimes. Une vingtaine d’agents est aujourd’hui au chômage technique mais tous sont venus travailler. « Ils étaient là très tôt ce matin et le maire tient à les remercier. Cette nuit, certains étaient en larmes. Ici, on ne s’attaque pas à un bâtiment, on s’attaque à la Ville et à ses habitants », précise le directeur du cabinet.


Pierre Griner, maire de Quiévrechain : « On se sent un peu abandonnés »

La Voix du Nord, 07/12/2015

Dans une ville où l’abstention et le vote Front national sont devenus des valeurs refuges, le maire, Pierre Griner, confie son désarroi, deux jours après l’incendie qui a ravagé les services techniques. Ultime épisode d’une trop longue série.

Encore sous le coup de l’incendie derrière lequel subsiste un enchevêtrement de gravats et de carcasses métalliques calcinées, Pierre Griner n’a même pas tiqué quand les résultats du premier tour des régionales sont tombés, dimanche soir à Quiévrechain. Plus encore que le vote FN (47,87 % des suffrages exprimés), l’abstention a fait un nouveau carton plein (57,75 %) dans une ville où le communisme triomphait encore récemment. « Ça ne m’a pas étonné, malheureusement », glisse le maire, que des administrés étaient venus trouver dans la semaine pour lui demander conseil : «  Ils ne savaient pas pour qui voter, je leur ai dit de se prononcer en leur âme et conscience. »

« Si un jour l’hôtel de ville est visé, je ne sais pas comment on fonctionne... »

La fatigue qui se lit dans son regard, ce lundi après-midi, lui vient de cette terrible nuit de vendredi à samedi, qu’il a passée avec d’autres élus, des employés municipaux, des habitants, au côté des sapeurs-pompiers mobilisés, à tenter de sauver ce qui pouvait l’être : un fourgon, un groupe électrogène, une remorque contenant du matériel de marquage au sol… La solidarité des communes voisines s’est aussitôt manifestée : Crespin, Onnaing, Condé, nous l’avons déjà écrit, mais aussi Valenciennes, qui a mis deux véhicules à disposition, Wallers, Saint-Saulve, Bruay, Vieux-Condé, Denain…

Ça n’empêche pas Pierre Griner de se sentir « un peu abandonné » devant la répétition des incidents, dont l’accélération pose question. En août, c’est la maison de l’adjoint à l’urbanisme qui était visée par un cocktail Molotov ; en octobre, la mairie était visitée en pleine nuit et le bureau du directeur général des services retourné. « Ça va crescendo. » Avec l’incendie de vendredi, « on a touché à un point névralgique. Si un jour l’hôtel de ville est visé, je ne sais pas comment on fonctionne. »

Le maire attend de l’État, de la justice, qu’ils mettent un terme à cette spirale qu’alimentent régulièrement les menaces dont il est l’objet (par SMS, courrier, téléphone) avec son directeur de cabinet et au moins deux de ses adjoints. « En remettant tout à plat, on a touché à des intérêts particuliers. » Au cœur de cette « entreprise de déstabilisation », il n’est plus « question de gauche ou de droite  ». Pierre Griner fait mine de s’interroger : « On se demande si on n’est pas trop honnêtes pour faire de la politique. »

L’enquête

Le parquet confiait dimanche matin « privilégier l’hypothèse d’un incendie volontaire ». Un expert en la matière a été désigné, et s’il n’a pas encore rendu ses conclusions, la piste accidentelle est écartée. Des traces d’effraction ont été relevées, et l’alarme du bâtiment s’est déclenchée avant l’arrivée des secours.