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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Avis aux amateurs : construction d’une nouvelle taule au coeur de Paris
Article mis en ligne le 6 janvier 2016
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* Résultat de l’appel d’offre (TED, 16/12/2014) : Réhabilitation-reconstruction de la maison d’arrêt de Paris La Santé réalisée sous la forme d’un partenariat public-privé (PPP) signé le 13 novembre 2014 avec le consortium Quartier Santé. Le contrat de partenariat est entré en vigueur au jour de sa notification, soit le 13.11.2014, et prend fin 25 ans après la date de prise de possession par la personne publique de l’ouvrage. Ce contrat comprend le financement, la réhabilitation-reconstruction, l’exploitation-maintenance et la fourniture de prestations de services associées (Restauration des détenus, hôtellerie (fourniture et entretien du linge et des effets vestimentaires), cantine (vente de produits et services aux détenus), transport (transport des détenus et mise à disposition de véhicules administratifs), travail pénitentiaire, accueil des familles). Le travaux comprennent :
• la partie administrative (côté rue de la Santé) ;
• le quartier bas (partie rénovée en forme de panoptique, avec cellules individuelles qui passent de 7 à... 9m²) ;
• le quartier haut (partie neuve) ;
• le quartier de semi-liberté (côté rue Messier)

* Nombre de places après réhabilitation-reconstruction : 700 places en maison d’arrêt, 100 en quartier de semi-liberté.

* Durée des travaux : fin 2015-2018. La première grue a été montée du 2 au 4 décembre 2015.

* Mandataire du ministère de la Justice : Agence publique pour l’immobilier de la Justice (APIJ), soit notamment Marie-Luce Bousseton (directrice générale), Aurélien Defiguier (directeur adjoint), Nicolas Fournel et Aurore Fargette (chargés du programme de La Santé), Marion Moraes (mission communication), Jérémy De Conti (chargé du suivi avec les riverains)

* Construction : consortium Quartier Santé, 83-85 rue Henry Barbusse - Nanterre (92) avec Môssieur Xavier Duplantier pour Président, placé à ce titre en tant que directeur actuel d’ ADIM Concepts, la filiale de Vinci construction créée en 2013 et dédiée aux Partenariats Publics-Privés.
Le groupement Quartier Santé regroupe GTM Bâtiment et Lainé Delau, filiales du groupe de BTP Vinci, Gepsa, filiale de l’énergéticien GDF Suez, et Barclays Alma Mater General Partner Ltd. (BAM) , filiale du groupe britannique de capital-investissement 3i.

* Financement : La filiale de 3i portera le consortium Quartier Santé, dont elle va prendre 80% du capital, moyennant un apport de 11,65 millions d’euros, Gepsa et BAM GP en prenant 10% chacun. Quartier Santé va ensuite emprunter 190 millions d’euros à un groupe de trois banques, les japonaises Mizuho et Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ (BTMU), ainsi que la française Natixis, filiale du groupe BPCE [Banque populaire & Caisses d’épargne].
Pour infos, Natixis avait déjà investit 100 millions d’euros en 2013 comme banque principale (en qualité de « mandated lead arranger », banque de couverture, agent et banque teneuse de compte) de la construction en PPP (par Spie batignolles) des prisons de Valence (Drôme), Riom (Puy-de-Dôme) et celle optionnelle de Lutterbach (Haut-Rhin), dont l’appel d’offre vient d’être relancé en novembre 2015 et qui doit remplacer celles de Mulhouse et Colmar. Pour ce marché, Natixis s’est appuyé sur la compagnie d’assurances belge Ageas (ex-Fortis), via sa filiale AG Insurance.

* Juristes : pour réaliser un contrat aussi juteux, tous ces partenaires ont été assistés par des cabinets d’affaires qui eux aussi prennent leur part et leurs responsabilités, et dont la tâche reste bien souvent aussi discrète que fondamentale :
JeantetAssociés conseillait l’APIJ avec Philippe Malléa, associé, et Marie Veyretout en droit public.
Allen & Overy assistait Quartier Santé ainsi que ses actionnaires GTM Bâtiment, GEPSA et BAM. L’équipe était menée par Romaric Lazerges (associé en droit public) et Rod Cork (associé en bancaire). Ils ont été assistés par Antoine Coursaut-Durand et Arthur Sauzay sur les aspects de droit public, par Florent Belin sur les aspects liés au financement bancaire, et par Clément Saudo pour les aspects liés aux contrats de couverture.
Gide Loyrette Nouel conseillait Gepsa en qualité d’exploitant de l’établissement pénitentiaire, avec Thomas Courtel, associé, Marie Bouvet-Guiramand, counsel, et Anne Framezelle.
Dentons accompagnait Natixis, The Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ, LTD et Mizuho Bank, LTD en charge du financement bancaire du projet et des contrats de couverture de taux avec Jean-Marc Allix, associé, Bérénice Combette et David Kalfon en financement, et avec Marc Fornacciari, associé, et Justine Verrier en droit public.

* Maîtrise d’oeuvre : agence Pierre Vurpas & Associés Architectes (responsable du projet : Brigitte Scharff), et agences AIA Architectes (responsable du projet : Olivier de La Barre) et AIA Studio Paysages.
" Dans un espace limité, il convient d’accompagner au mieux l’enfermement que les personnes détenues subissent, de les apaiser, tout en facilitant la surveillance pour les personnels."
(Brigitte Scharff et Olivier de La Barre, interview dans Maison d’arrêt de Paris La Santé, Une prison rénovée au coeur de la cité, plaquette de présentation de l’Agence publique pour l’immobilier de la Justice (APIJ), p.23)
Vurpas Architectes / 29-31 rue Saint-Georges / 69005 Lyon
AIA Architectes / 23 rue de Cronstadt,/ 75015 Paris

* Collabos de proximité : Association « Riverains de la Santé » créée le 8 mars 2015 et domiciliée 25 rue Jean-Dolent 75014 Paris (Présidente actuelle : Anne-Laure Peugeot, fondateurs : Anne-Laure Guieysse (Présidente), Geneviève Hue (secrétaire), Hubert Peugeot (trésorier))
Extrait d’une lettre d’octobre 2015 de l’association à l’APIJ, présente sur son site : "Dans notre courrier du 20 février 2015, l’association mettait en garde notamment sur les parloirs sauvages et les agressions verbales sur les piétons provenant des cellules avec vue plongeante sur le trottoir de la rue Jean-Dolent... vous nous avez présenté un dispositif qui n’occulte en rien la vue plongeante sur le trottoir car le grillage comporte des lames verticales limitant les vues latérales mais pas la vue plongeante... Il nous semble qu’une première solution à étudier serait de pivoter le même dispositif, c’est-à-dire avec les lamelles placées horizontalement. En effet, la vue plongeante à 45° devient plus difficile et donc de nature à réduire fortement les risques d’agression verbale et de parloir sauvage."


Le chantier de la prison de la Santé fait trembler les riverains

Le Parisien | 04 Janv. 2016, 20h48

Les bulldozers et les pelleteuses s’activent encore sur ce terrain de 24 000 m2. Mais il ne reste déjà presque plus rien de la Santé (XIVe), site historique caché des regards par de hauts murs. D’ici trois ans, une prison flambant neuve pouvant accueillir jusqu’à 800 détenus s’élèvera ici.

Estimé à 800 M€, ce chantier titanesque confié à l’Agence publique pour l’immobilier de la justice (APIJ) inquiète de plus en plus les riverains. Réunis en association, ils s’apprêtent à confectionner des banderoles pour dénoncer « les dérives » du chantier.

« Ils ont utilisé le BRH (NDLR : brise-roche hydraulique, sorte de gros marteau-piqueur) alors qu’en dessous, il y a deux étages de catacombes, de carrières et de vides. Ils sont en train de fragiliser le sol », s’inquiète Marie-Jeanne Dumont, une architecte dont l’appartement offre une vue plongeante sur le chantier. « Ça crée des vibrations et ça endommage les murs de nos immeubles. Ils mettent en péril le quartier  », renchérit un confrère qui vit également rue Jean-Dolent.

Une noria de camions et de marteaux-piqueurs

« Nous avons érigé en sous-sol une barrière étanche, une sorte de voile de béton, afin de consolider le sol », se défend un porte-parole de Vinci construction, en charge du chantier. Selon lui, « toutes les mesures » ont été prises « pour protéger le quartier » : « Nous avons enclenché un référé préventif mené par un expert choisi par le tribunal. Il a fait un état du quartier de juin à septembre, visité les logements, afin de mesurer un éventuel impact des travaux. Le rapport est attendu ces jours-ci. »

Pas de quoi apaiser Brigitte Poisson, une autre riveraine : « Ils nous ont baratinés lors d’un premier comité de riverains avec petits fours et champagne mais ils ne tiennent pas leurs promesses. Ils devaient commencer le matin à 8 heures. En fait, dès 6 h 45, leurs camions de chantier immatriculés en Belgique dévalent à toute allure la rue Jean-Dolent. Sans parler des nuisances sonores des huit pelleteuses et des marteaux-piqueurs. »

« Je ne nie pas les difficultés mais un chantier ça fait du bruit », répond Aurélien Defiguier, directeur adjoint de l’APIJ. Et d’ajouter : « On tient les riverains informés de la réalisation des travaux les plus bruyants. » L’agence reconnaît toutefois que « certains sous-traitants indélicats n’ont pas respecté les horaires » mais ils auraient été « rappelés à l’ordre ». Quant au risque de dégâts sur les constructions voisines, Aurélien Defiguier affirme que « le référé permettra aux riverains de se retourner contre Vinci pour qu’ils fassent l’ensemble des travaux » en cas de problème.


Un PPP pour la prison de la Santé

Batiactu & AFP, 24/11/2014 à 19:41

L’Agence pour l’immobilier de la justice (Apij) a validé le contrat de partenariat public-privé (PPP) portant sur la rénovation de la maison d’arrêt parisienne de la Santé.

Cette réalisation s’effectuera via un consortium baptisé Quartier Santé regroupant GTM Bâtiment, filiale du groupe de BTP Vinci, de Gepsa, filiale de l’énergéticien GDF Suez, et de BAM General partner limited, filiale du groupe britannique de capital-investissement 3i.

Le chantier devrait démarrer au deuxième trimestre 2015. Dans le détail, la partie haute, celle orientée vers la rue Messier, sera détruite et reconstruite tandis que la partie basse, celle donnant sur la rue de la Santé, sera rénovée. Après les travaux, la maison d’arrêt pourra accueillir 708 détenus et le centre de semi-liberté, 100, avec 95% de cellules individuelles.

Quid du financement ? La filiale de 3i portera le consortium Quartier Santé, dont elle va prendre 80% du capital, moyennant un apport de 11,65 millions d’euros, Gepsa et BAM GP en prenant 10% chacun, a indiqué 3i à l’AFP. Quartier Santé va ensuite emprunter 190 millions d’euros à un groupe de trois banques, les japonaises Mizuho et Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ, ainsi que la française Natixis, filiale du groupe BPCE [Banque populaire & Caisses d’épargne]. Dans le cadre de ce partenariat, Quartier Santé gérera la totalité du coût du projet et percevra, dans un second temps, un loyer versé par l’Etat durant 25 ans. Le montant de ce loyer n’a pas été communiqué.

La maison [d’arrêt] de La Santé devrait rouvrir ses portes en 2018.


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  • Côté boulevard Arago
  • Côté rue Messier
  • Emeute ? Non, démolition-reconstruction
  • Le projet : panoptique modernisé + nouveaux bâtiments