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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Avis aux amateurs : Calais, mais où crèchent les CRS ? + Eurotunnel inonde, déboise & électrifie
Article mis en ligne le 15 janvier 2016
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[Les hôtels Première classe, Kyriad et Campanile où logent les CRS de Calais appartiennent tous à Louvre Hotels Group, qui possède aussi les marques Tulip Inn, Golden Tulip, Royal Tulip. L’autre marque d’hébergement des flics identifiée est Quality Hôtel.
Tous sont présents à travers tout le territoire, et chacun peut à tout moment leur rendre visite ici ou là pour leur exprimer ce qu’il pense de leur sale travail de collaboration avec la machine à expulser et à réprimer.]


Dunkerquois : la présence de CRS à Calais favorise l’hôtellerie locale

La Voix du Nord, 09/01/2016

Des CRS et gendarmes mobiles, appelés en renforts à proximité des camps de migrants de Calais, sont hébergés dans plusieurs hôtels du Dunkerquois et de la région, notamment à Loon-Plage et Armbouts-Cappel. Une bonne nouvelle pour les établissements locaux, qui pâtissent parfois d’une petite baisse de fréquentation durant l’hiver.

Vous avez peut-être remarqué la présence accrue de plusieurs cars de CRS et gendarmes mobiles à proximité des hôtels de Loon-Plage et Armbouts-Cappel depuis plusieurs jours. Pas d’inquiétude, il n’y a pas de menaces d’attentats, et cela n’a rien à voir avec l’état d’urgence. Il s’agit d’effectifs appelés en renforts à Calais pour gérer la situation des migrants. Quand ils ne sont pas en mission à proximité du camp, les gendarmes et CRS sont hébergés dans différents établissements du Dunkerquois et de la région (Calais, Béthune, Bruay-la-Buissière, Boulogne, Lens).

Bonne nouvelle

À Loon-Plage, 172 chambres ont été réservées depuis octobre dans les trois hôtels de la ville par les forces de l’ordre [soit Première classe, Kyriad et Campanile], via la plateforme de réservation de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) : « C’est plutôt une bonne nouvelle car nous ne sommes pas en pleine saison, les clients se font un peu plus rares en cette période de l’année, explique Christelle Foulon, directrice des trois établissements. Et ils devraient rester encore un petit moment puisqu’ils travaillent par missions, en fonction des événements de Calais. »

À Armbouts-Cappel aussi, on recense la présence, depuis mardi, d’une compagnie d’environ 80 CRS chez Quality Hôtel, Campanile et Première Classe. « Ça n’était pas arrivé depuis longtemps, explique-t-on chez Campanile, qui a rempli 20 chambres supplémentaires. L’hôtel est presque complet désormais. »

Même chose chez Quality hotel, où les CRS sont présents depuis juillet : « Ils ne sont pas là tout le temps, il y a des coupures, ajoute le personnel. Ils sont plus ou moins nombreux selon leurs missions pour lesquelles ils sont mobilisés, mais on arrive toujours à s’adapter. » 43 chambres sont encore réservées jusqu’à la fin du mois, et la réservation pourrait être renouvelée jusqu’en mars. Ce n’est pas tous les jours que les hommes en bleu nous font voir la vie en rose ! (...)

Et les restaurants ?

Si vous étiez présents à Dunkerque cet été, vous avez probablement croisé des cars de gendarmes mobiles à l’heure du midi, le long du trottoir de la rue des Fusiliers-Marins, à côté du Pôle Marine. La brigade avait l’habitude de déjeuner à La Pataterie : « Ils sont venus un jour sur deux, entre août et septembre, confie la direction. Cela représentait 35 à 70 couverts, c’était bon pour le chiffre d’affaires. » Les autres jours, ils se restauraient juste à côté, aux 3 Brasseurs.

Mais cette fois, leur présence, ainsi que celle des CRS, ne profite pas aux restaurateurs. Les forces de l’ordre déjeunent plutôt au buffet des hôtels dans lesquels ils logent.


Migrants de Calais : pour empêcher les intrusions, Eurotunnel inonde ses terrains

La Voix du Nord, 14/01/2016 à 15:55

Après le déboisement massif, les inondations . Le groupe Eurotunnel, opérateur du lien fixe transmanche, ne lésine pas sur les moyens pour tenter de remporter la guerre contre l’immigration clandestine.

En septembre, au nom de la sécurité du tunnel sous la Manche, 103 hectares de végétation ont été rasés . Il fallait faire place nette pour la vidéosurveillance et enlever toute possibilité, pour les migrants, de se cacher. Ce changement radical du paysage, avec à Coquelles, Fréthun, Peuplingues et sur l’A16, des vues sur 29 km de barrières de haute sécurité , s’accompagne d’une nouvelle trouvaille : l’inondation volontaire des terrains. « Le terminal, surélevé, est construit sur une zone marécageuse, explique un porte-parole d’Eurotunnel. Depuis la construction du site, un système de drainage avec des watergangs existe. On utilise ce réseau pour créer des obstacles naturels qui empêchent l’accès aux clôtures. »

Le terminal ultra-surveillé devient forteresse puisque les fossés, élargis, forment ce qui s’apparente à des douves. Au lieu-dit de la Belle-Hélène à la sortie de Calais, vers le centre commercial Cité Europe, les images apparues en décembre sont saisissantes. Là où la végétation existait à profusion se trouvent deux lacs formés par le détournement des eaux pluviales.

Même les cygnes qui barbotent le long de l’A16 s’y perdent. « Ces lacs ont été créés en réorientant les flux, que nous contrôlons grâce aux écluses », confirme Eurotunnel. C’est depuis la Belle-Hélène qu’ont eu lieu les intrusions interrompant le trafic cet été, avec jusqu’à 2 000 migrants la même nuit.

L’enjeu économique est de taille. Eurotunnel avance aussi un enjeu humain, car le terminal compte ses migrants morts (12), après la chute depuis une navette ou une électrocution.

Le système anti-intrusion ne s’arrête pas là. Aux contrôles infrarouges ou par ondes millimétriques passives, aux clôtures électrifiées et aux scanners, s’ajoutera bientôt… la plantation de haies défensives, avec des épines. Un retour à la nature en quelque sorte, qui donne à Eurotunnel, de nouveau soucieux de préserver l’environnement, l’occasion de remettre en avant une conscience écologiste mise entre parenthèses.