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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Espagne : sur le procès de Mónica et Francisco
Article mis en ligne le 10 février 2016
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Mercredi 3 février a été fixée la date de procès des anarchistes Mónica Caballero et Francisco Solar, qui devront affronter des réquisitions du procureur s’élevant à 44 ans de prison [pour chacun-e d’entre eux] pour « appartenance à une organisation terroriste, massacres, blessures et conspiration ». Le procès aura lieu au siège de l’Audiencia Nacional de San Fernando de Henares les 8, 9 et 10 mars et ils seront transféré-e-s vers des prisons madrilènes dans les jours qui viennent.

Presque six ans après la construction du dit « Caso Bombas » par l’Etat chilien, pour lequel ils ont tou-te-s deux été incarcéré-e-s, jugé-e-s, condamné-e-s puis finalement relaxé-e-s, et plus de deux ans après leur arrestation dans l’Etat espagnol, Mónica et Francisco vont à nouveau se retrouver dans un tribunal, face à des juges et des procureurs. Le processus légal contre les compagnon-ne-s a mis en évidence le travail de gestion commun des Etats chilien et espagnol en matière d’antiterrorisme, accompagné de l’habituel lynchage médiatique caractéristique de ce genre d’affaires. Celle-ci a aussi été le fer de lance de l’actuel contexte répressif lancé contre les luttes, puisqu’il s’est agi de la première d’une série d’opérations antiterroristes préparées par l’Etat contre des anarchistes et des antiautoritaires ces dernières années et qui ont mené à la mise en examen une quarantaine de personnes pour terrorisme.

Face aux brutales attaques de l’Etat et à ses différentes manières d’isoler , d’intimider ou de poursuivre les luttes avec celles et ceux qui y participent, nous, anarchistes et personnes en lutte, avons la capacité d’aiguiser nos mots et nos pratiques en remettant en question leurs modèles citoyens, en trouvant notre propre abécédaire pour dépasser le langage de l’ennemi et en défendant nos luttes et nos liens tout en évitant de tomber dans des postures victimistes pour aller au-delà de la logique innocentiste et/ou culpabilisatrice. C’est en partant de là que Mónica et Francisco ont affronté l’enfermement et c’est de cette manière que nous impulsons la solidarité.

Dans la négation de l’autorité et de sa légitimité créée pour nous juger, dans la réaffirmation des idées, des pratiques et des complicités rebelles, pour l’agitation constante et la solidarité combattive. Toujours avec celles et ceux qui luttent.

Force, [Solidarité] et Liberté pour Mónica et Francisco, ainsi que toutes les personnes en lutte emprisonnées et poursuivies !
Liberté pour toutes et tous !
A bas tous les murs !

Barcelone, Février 2016

[Traduit de l’espagnol de Indy barcelone, 08 feb 2016]