" />
Slogan du site

Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Toulouse : 48 vitres de "Toulouse Métropole" à coups de masse solidaire
Article mis en ligne le 2 mars 2016
Imprimer

Les locaux de Toulouse Métropole attaqués à coups de marteau : un « sabotage » revendiqué

Côté Toulouse, 02/03/2016 à 08:58

Vendredi 26 février, les locaux de Toulouse Métropole ont été attaqués à coups de marteau. Une attaque revendiquée par des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Vous avez peut-être remarqué les vitres fissurées sur la façade de Toulouse Métropole, à côté de la médiathèque José-Cabanis, à Toulouse ?

Une action revendiquée sur Internet

D’après nos informations, les faits remonteraient au vendredi 26 février 2016.

Il était 19 heures lorsque plusieurs personnes s’en sont violemment prises, à coups de marteau, aux locaux de Toulouse Métropole. Au total, 48 vitres ont été dégradées. Une attaque violente et « extrêmement sonore », ont rapporté des témoins sur place, revendiquée, mardi 1er mars 2016, sur un site internet, par des militants hostiles au projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes.

Quel rapport entre le projet de l’agglomération nantaise, contre lequel des voix s’élèvent depuis des années, et les locaux de Toulouse Métropole ? Aucun, si ce n’est qu’au lendemain de l’attaque, samedi 27 février, une manifestation était prévue à Toulouse, en soutien à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

« Le sabotage n’est pas un slogan, mais une pratique »

C’est donc en soutien à cette manifestation que des militants ont décidé de s’en prendre aux locaux de Toulouse Métropole. Attaque qu’ils ont ensuite revendiquée sur un site internet :

« Vendredi, nous avons choisi de défoncer à coups de marteau les vitres de Toulouse Métropole : et, ce, en solidarité avec la Zad, écrivent-ils ainsi. Car c’est bien ce processus de mise en concurrence de plusieurs “pôles compétitifs” qui doit nous faire avaler n’importe quel désastre du capitalisme.
L’aménagement du territoire est un processus global : à l’embourgeoisement d’une rue répond l’implantation d’un centre commercial en périphérie. À la construction d’un aéroport à Nantes répond la destruction d’un quartier pour y bâtir une nouvelle gare, TGV cette fois. Les cibles sont partout.

Visons les décideurs comme les exécutants. Partageons cette gueule de bois qui nous habite quand on saisit l’ampleur des dégâts du capitalisme avec ses responsables : que la nausée les gagne chaque fois qu’ils se réveilleront en apprenant que leurs profits potentiels se sont faits défoncer à coups de marteau, ou partis en fumée. Il ne tient qu’à nous de sortir du spectacle de la contestation. Le sabotage n’est pas un slogan, mais une pratique. »

Alertés par le bruit, des agents de Toulouse Métropole ont finalement mis fin à l’attaque, faisant fuir les assaillants. Une enquête a été ouverte.


Action de solidarité avec la Zad depuis Toulouse

Indy Nantes, 1 mars 2016

Le vendredi 26, février ; les locaux de Toulouse Métropole ont été attaqués, en fin d’après-midi.

Le 27 février a eu lieu une grande mobilisation en soutien à la Zad de Notre-Dame des Landes. Nous sommes tout à fait solidaires de la vie qui se construit là-bas : les gens tentent, avec leurs moyens, de poser les bases d’une autonomie à long terme, de plus en plus solide.

Si c’est un combat contre un aéroport qui est à l’origine de la densité des échanges que l’on perçoit à Notre-Dame, il nous apparaît cependant essentiel de ne pas se cantonner à une posture défensive vis à vis d’un territoire. Ainsi, nous avons en mémoire le 22 février 2014, date à laquelle la métropole nantaise a été égratignée par la colère de celles et ceux qui se mettent en jeu pour affronter ce monde de merde. Nous aurions préféré remettre les pieds à Nantes, plus nombreuses et plus déterminées, afin de signifier aux décideurs que nous pouvons être un obstacle à leur rêve de paix sociale, plutôt que de tester à proximité de la Zad, dans l’optique de faire une démonstration de ce que pourraient être nos forces en cas d’offensive.

Il nous paraît nécessaire de sortir d’urgence de cette stratégie qui consiste à ne pas se mettre en danger tant que la zone n’est pas attaquée. Les tentacules de la métropole rendent nos quotidiens chaque jour plus anxiogènes, la répression s’abat régulièrement sur nos gueules, les menaces planent constamment au-dessus de nos têtes.

Bien évidemment, la manière dont Vinci pollue nos vies nous donne envie de lui faire subir notre rage, toujours. Cependant, "ce monde" est bien plus large que ce seul géant du BTP. Vendredi, nous avons choisi de défoncer à coups de marteau les vitres de Toulouse Métropole : et, ce, en solidarité avec la Zad. Car c’est bien ce processus de mise en concurrence de plusieurs "pôles compétitifs" qui doit nous faire avaler n’importe quel désastre du capitalisme. L’aménagement du territoire est un processus global : à l’embourgeoisement d’une rue répond l’implantation d’un centre commercial en périphérie. A la construction d’un aéroport à Nantes répond la destruction d’un quartier pour y bâtir une nouvelle gare, TGV cette fois.

Les cibles sont partout. Visons les décideurs comme les exécutants. Partageons cette gueule de bois qui nous habite quand on saisit l’ampleur des dégâts du capitalisme avec ses responsables : que la nausée les gagne chaque fois qu’ils se réveilleront en apprenant que leurs profits potentiels se sont faits défoncer à coups de marteau, ou partis en fumée.

Il ne tient qu’à nous de sortir du spectacle de la contestation.

Le sabotage n’est pas un slogan, mais une pratique.