" />
Slogan du site

Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

"Loi Travail" : saccage en règle de l’université de socio à Bordeaux. "On ne veut plus rien, nous prenons, volons, pillons tout"
Article mis en ligne le 10 mars 2016
Imprimer

Bordeaux : la faculté de sociologie saccagée

Le Figaro, 10/03/2016 à 11:46

Hier dans la soirée, un groupe de plusieurs dizaines de casseurs ont saccagé les quatre étages du bâtiment de la faculté de sociologie de Bordeaux, rapporte France 3 Aquitaine ce matin. Un peu plus tôt, 300 étudiants s’étaient massés dans l’amphithéâtre Paul Broca afin d’organiser une assemblée générale et pour bloquer l’entrée des cours ce matin.

Les dégâts matériels sont conséquents. Tous les ordinateurs ont été détruits, les portes enfoncés à coup de pied, les murs tagués, l’ensemble des instruments de la salle de musique ont été détruits, de l’argent a été dérobé, et les dossiers administratifs confidentiels ont été dégradés ou détruits. Il y en a pour plusieurs centaines de milliers d’euros de dégâts.


Bordeaux : Ce que l’on sait après les dégradations des locaux de l’université

20Minutes, 10.03.2016 à 17:56

FAITS DIVERS Un groupe de plusieurs dizaines de personnes s’est livré à des dégradations dans le bâtiment Broca 1, attenant à l’université des sciences humaines de la Victoire ce mercredi, en marge de la manifestation contre la réforme El Khomri…

Les locaux de Broca 1, un bâtiment attenant à l’université de sciences humaines de la Victoire, dégradés ont été vandalisés dans la nuit de mercredi à jeudi. « On est atterré par ce type d’exactions qui pénalisent les étudiants » a réagi le président de l’université Manuel Tunon de Lara, ce jeudi.

Quels sont les dégâts ?

Des chaises et tables ont été empilées devant les portes pour permettre aux individus de se barricader dans le bâtiment de 5 étages. Du matériel informatique a été volé ou dégradé. Des outils pédagogiques appartenant à l’école de psychomotricité, comme des poupons, ont aussi été abîmés. Un ascenseur est à présent hors-service. Et de nombreux tags et inscriptions injurieuses figurent sur les portes, rideaux et sols du bâtiment.

Les portes de certains bureaux ont été défoncées à coups d’extincteur. Le président de l’université estime que les dégâts vont coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros. L’estimation exacte est encore en cours.

Que s’est-il passé ?

Après la manifestation des opposants au projet de loi El Khomri, Esteban, un étudiant en économie de 21 ans, raconte que des débats et échanges citoyens ont eu lieu entre étudiants, en fin de journée dans ce bâtiment de Broca 1 qui était librement accessible. Un groupe de plusieurs dizaines de personnes a occupé les lieux toute la nuit, vandalisant les locaux. « Nous qui avons des revendications, nous nous désolidarisons totalement de ces voyous », déclare le jeune homme, membre de l’union des étudiants communistes mais qui s’est exprimé en son nom propre.
A Bordeaux, des dégradations ont eu lieu dans les locaux de l’université de sciences humaines de la Victoire.

Pourquoi la police n’est pas intervenue ?

« S’agissant de locaux universitaires et d’occupants principalement étudiants, les policiers n’ont pas pu immédiatement pénétrer dans les lieux pour mettre fin à cette occupation. Les moyens dont disposait la police et la configuration des locaux (amphithéâtre situé au quatrième étage de l’immeuble) rendaient très délicate une opération d’évacuation », détaille la préfecture dans son communiqué.

Qui sont les casseurs ?

« Un groupe d’environ deux cents personnes, composé d’étudiants mais aussi de militants extrémistes et notamment des anarchistes, s’est introduit brutalement dans les locaux de la faculté pour y tenir une assemblée générale », estime la préfecture de Gironde dans son communiqué.

Les individus qui ont occupé le site ont laissé des affichettes pour expliquer les raisons de cette occupation. Ils racontent qu’ils n’ont pas pu organiser une assemblée générale initialement prévue dans les locaux principaux de la Victoire, car la police les aurait repoussé en formant « un cordon agressif ». Ils écrivent qu’elle était déjà « intervenue violemment le matin pour empêcher le blocage du lycée du Mirail ». Leur ambition affichée était de fonder « un espace de création, de réflexion et d’échanges ».

Où en est l’enquête ?

Les policiers ont commencé leur enquête, procédant aux constats et aux premiers relevés. Comme les deux auteurs de tags en pleine rue qui ont été interpellés pendant la manifestation, le préfet souhaite que les auteurs soient identifiés et présentés devant la justice.

Quand les cours vont-ils reprendre ?

Dès ce vendredi, le nettoyage des lieux va commencer. Les cours prévus dans ce bâtiment vont être transférés dans d’autres salles. Ils ont été annulés ce mercredi, en raison de ces dégradations.


« Ils étaient entre 20 et 30, cagoulés »

Figaro-Etudiant, 10/03/2016 à 17:59 (extrait)

De son côté, Alicia Bienfait, présidente de l’UNEF Bordeaux « condamne le saccage ». « Nous n’avons pas appelé à ce blocage. Ce sont nos outils de travail qui sont en jeu, et nous n’avons pas envie que notre mobilisation soit salie par des événements à la marge ». Elle parle non pas d’une Assemblée générale étudiante, mais d’un « mouvement de foule » non maîtrisé. Estelle, une étudiante en deuxième année à l’IFP a assisté aux premières minutes du débordement : « Ils étaient entre 20 et 30, cagoulés, cachés derrière des écharpes, ça faisait un peu peur. On nous a demandé d’évacuer les lieux ».