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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Paris : une joyeuse déambulation nocturne et "Nuit debout" fait appel aux keufs [mis à jour]
Article mis en ligne le 10 avril 2016
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Notre révolte n’est pas citoyenne

Indy Nantes, 10 avril 2016

A Paris, la révolte et la Nuit Debout ont bien du mal à être canalisées par les citoyennistes de tout poil, qui sont pourtant à la manoeuvre. Les gens ont la rage, et des manifs sauvages s’enchaînent. Hier soir, des caméras de vidéosurveillance, des banques et un comico ont été visés. Une manif est même partie en pleine nuit vers le logement de Manuel Valls, avant d’être repoussée par les flics.

Face à cette détermination difficilement contrôlable, les "leaders" de la Nuit Debout (c’est un mouvement qui se dit sans hiérarchie, mais pas sans porte-paroles et représentant-es, ni Service d’Ordre...) ont fini par appeler les flics, révélant très vite ce qu’ils et elles visent véritablement : maintenir la contestation dans les cadres du pouvoir, contrôler la colère pour la détourner vers des logiques électoralistes comme ce fût le cas avec Syriza et Podemos. Alors que la répression a rarement été aussi intense pour briser une lutte sociale, ces gentils citoyens ont choisi leur camp : travailler avec la police.

Sur la chaîne parlementaire, deux "représentants" de la Nuit Debout félicitaient même la police pour son savoir-faire et son calme. Et ce n’était pas de l’ironie... Faut-il rappeler qu’à Paris, il y a déjà eu des dizaines et des dizaines d’arrestations, parfois des cars entiers remplis de personnes interpellées, et tout autant de blessé-es...

Vive le feu !


[Préférant minimiser ce qu’ils ont choisi de ne pas taire, les médias ont mis en avant quelques faits résumés ci-dessous. Rajoutons que ce sont bien plus de 6 banques et assurances qui ont été attaquées ; que plusieurs journalistes ont été pris à parti car ils filmaient les anonymEs en action, leurs caméras ont été défoncées à coup de barre en fer. Le journaliste de tf1 à pris quelques coups ; que ces actions ont été accueillies par une "ola générale" ; et enfin à propos des "pacifistes" qui huaient les premiers actes de destruction, certain(e)s qui avaient au début cette attitude applaudissaient à la fin lors des derniers assauts sur les banques (là ou il y a eu les intrusions)...]

Paris, nuit du 9 au 10 avril : visite chez Valls, comico caillassé, Autolib cramée et banques pétées, "Nuit debout" collabos des keufs

(Paris-luttes, 10 avril)

[21h30] Un petit groupe de 200 personnes se sont rendues à Stalingrad pour dégager les grilles empêchant les migrants de s’installer à nouveau en campement.

23h30 Un cortège de plusieurs milliers de manifestants se dirige vers le domicile personnel du premier ministre Manuel Walls, rue Keller dans le 11e

00h20 Le cortège a été gazé par les gendarmes, au niveau de la rue de la Roquette, puis nassé. Des camarades sont venus en soutien.

00h45 Plus de 200 personnes partent en manif sauvage de la place Voltaire à la place de la République. De nombreuses banques se font défoncer au passage et des slogans anti-pub ornent désormais les panneaux JC Decaux.

03h00 : Toujours un gros millier de personnes sur la place, pendant que ça s’enjaille au centre sur du gros son d’autres commencent à bloquer la circulation au niveau de la rue du Temple à l’aide de barrières de chantier et de poubelles. Une caméra de surveillance est taguée sous les acclamations de la foule.

03h45 : Pendant que la fête bat son plein, une autolib est incendiée, les flics commencent à gazer, quelques projectiles en réponse.

04h00 : Ambiance émeutière : charges, grenades de désencerclement et tirs nourris de flashball. Au moins une arrestation sans motif apparent. Des blessé-e-s dont certain-e-s graves pris-e-s en charge par l’infirmerie de garde de la Nuit debout. Certain-e-s évacuées par les secours. Malgré tout du monde reste encore sur la place et la fête continue avec fanfare et batucada.


"Nuit Debout" : des manifestants tentent de prendre "l’apéro chez Valls"

AFP, 10/04/2016 à 08:31

Après avoir décidé de "prendre l’apéro chez Valls", de nombreux participants qui se trouvaient place de la République ont, d’un pas rapide, pris le chemin du domicile parisien du chef du gouvernement. Ils ont d’abord été bloqués non loin de la place de la République, avant de parvenir à poursuivre leur route par un autre chemin. Ils ont ensuite à nouveau été bloqués par un dispositif policier à proximité du domicile de Manuel Valls, dans l’est parisien.

"Paris, soulève-toi !"

Des projectiles ont été jetés sur le commissariat du XIe arrondissement, par un petit groupe de quelques dizaines de personnes, dont les actions violentes étaient visiblement désapprouvées par la plupart des manifestants. "Paris debout, soulève-toi !" ont crié des manifestants, ont indiqué des journalistes sur Twitter.

Huit personnes ont été interpellées et placées en garde à vue dans la nuit de samedi à dimanche, a annoncé ce dimanche la PP. Ces personnes ont été arrêtées pour des "jets de projectiles, port d’arme prohibé, vol par effraction, dégradations et dégradations par incendie", a précisé la préfecture dans un communiqué de presse.

"Des projectiles et des pierres ont été jetés sur la façade du commissariat du 11e arrondissement et deux véhicules de police en stationnement ont été fortement endommagés", explique la préfecture, ajoutant que les manifestants avaient tenté en vain d’entrer dans le commissariat. Vers 0h30, les forces de l’ordre ont procédé à la dispersion des manifestants, avait expliqué samedi soir une source policière à l’AFP.

Une agence d’intérim et des banques visées

Des dégradations - vitrines brisées, distributeurs de billets endommagés, tags - ont été aussi commises boulevard Voltaire dans "six agences bancaires" dont trois ont été victimes d’intrusion. "Une agence d’intérim et une agence de mutuelle" ont également été dégradées.

Place de la République, à 2h50, un responsable de "Nuit Debout" a demandé le concours de la force publique "en raison de la difficulté de son service d’ordre à assurer la sécurité" sur la place, selon la PP. Des policiers ont été envoyés pour sécuriser le rassemblement, et ils ont fait "l’objet de provocations et de nombreux jets de pierres". Un véhicule Autolib a été "incendié à l’angle de la Place de la République et du boulevard Saint-Martin", nécessitant l’intervention de sapeurs-pompiers, relève encore la PP.


fichiers joints

  • Beau comme une Autolib qui flambe
  • Le camping citoyen est débordé par de joyeux drilles qui entendent tout bloquer
  • Le service d’ordre de "Nuit Debout" essaye de virer un bout de barricade qui bloque la circulation
  • Paris, les restes de l’Autolib
  • Stalingrad, les barrières entourant les migrants démontées puis mises hors-service