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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Au nom des Risibles Saints
Article mis en ligne le 13 avril 2016
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A Fermo, dans les Marches (Italie), les âmes pieuses font désormais le signe de croix. En moins de deux mois, trois engins rudimentaires ont explosé contre trois lieux de culte. Comment un tel acharnement contre Sainte Mère l’Eglise est-il possible, surtout aujourd’hui, à un moment où elle n’est pas dirigée par un pape qui fait applaudir l’extrême-droite, mais par celui qui fait baver d’envie l’extrême-gauche ? Oui, comment est-ce possible ?

Les fins limiers de la police supposent qu’un seul et même responsable se trouve derrière ces actes, et ils ont lancé la chasse pour le retrouver. Snobant la « piste islamique » (qui n’aurait déclenchée que des sourires), ils sont plus enclins à supposer que ce qui a suscité tant de rage aient été les activités charitables d’assistance aux pauvres et aux miséreux, qui s’adressent aussi aux étrangers. A force de rendre des services de permanence juridique, de domiciliation, de distribution de nourriture avec le viatique du kamarade Francesco Ier — celui qui rencontre et bénit le centre social Leoncavallo* et pas Casa Pound, celui qui lave et baise les pieds des clochards, celui qui prend des trans et des ex-prostituées dans ses bras — l’Eglise pourrait bien avoir été prise pour cible par les petits soldats de Dieu-Famille-Patrie, nostalgiques de Herr Nazinger.

Mais pour nous, il est tout aussi probable que quelqu’un ait redécouvert l’ivresse de l’athéisme iconoclaste. Il serait ainsi plus facile de comprendre le triple attentat. Parce que Dieu est un en trois personnes ! Un dans son rôle d’autorité et de maître, et trois à travers ses manifestations de père, fils et saint-esprit. A notre humble et modeste avis, c’est là que réside la question.

Lorsque la nuit du 27 au 28 février quelqu’un a déposé un don explosif devant la porte d’entrée des résidences du vicaire général et des prêtres, derrière la cathédrale, il l’a fait pour rendre hommage au Père. Lorsque la nuit du 7 au 8 mars quelqu’un a déposé un don explosif devant le portail de l’église canonique Lido San Tommaso, il l’a fait pour rendre hommage au Fils. Et donc, le don explosif qui a causé la nuit dernière des dégâts importants à l’église San Marco alle Paludi, a été posé par quelqu’un qui voulait rendre hommage à l’Esprit Saint.

Ca s’arrête là, alors ? Qui sait. Au fond, l’Eglise est à présent de gôche, elle regarde vers le bas, mais il reste encore à rendre hommage à tous les Saints, et aussi aux Béatifiés, et aussi...

* Ndt : le 28 octobre 2014, le nouveau pape a reçu en audience au Vatican des centaines de militants du monde entier, dont le président bolivien Evo Morales, d’autres du réseau “Genuino Clandestino” (No Tav, No expo, etc.), ou du centre social historique des négristes à Milan, le Leoncavallo. Daniele Farina, porte-parole historique du centre social, a précisé dans un journal : " Tout l’honneur est pour nous !".

[Traduit de l’italien de finimondo, 13/4/16]