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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Seraing (Belgique) : mieux vaut tard que jamais...
Article mis en ligne le 14 avril 2016
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Conflit social chez ESB : les travailleurs s’en prennent aux actionnaires

RTBF, 12 avril 2016 à 11h58

Une violente altercation a opposé lundi après-midi certains membres du personnel d’ESB et des représentants des actionnaires.

Les ouvriers, dont le salaire de mars, n’a pas été payé, étaient très énervés depuis le début de la journée.

Après avoir retenu trois représentants de l’actionnariat dans les bureaux, ils ont pénétré violemment dans le bâtiment et ont débordé les responsables syndicaux. Des coups ont été portés.

[On peut voir l’attaque des actionnaires luxembourgeois de la holding Green Elephant dans leur bureau, au grand dam des syndicats SCS et FGTB, et le saccage de l’entreprise ici. Le patron blessé a du être évacué par ambulance de la Croix Rouge, et c’est le peloton de la police spécialisé "anti-banditisme" qui est intervenu pour libérer les deux autres dirigeants séquestrés.)]


Des travailleurs en colère détruisent une partie de leur entreprise à Seraing

Belga, 12 avril 2016 07h38

Non payés en mars, des travailleurs de chez ESB, une acierie à Seraing ont saccagé leur entreprise ce lundi avec une tractopelle.

Des travailleurs de l’aciérie électrique de Seraing (ex-ESB) ont saccagé dans la nuit de lundi à mardi une partie des bureaux administratifs de l’entreprise et ont mis le feu à une machine, a-t-on appris à bonne source.

Les travailleurs se sont servis de matériel roulant comme bélier pour éventrer le bâtiment. Ils ont également bouté le feu aux pneus d’une machine servant à déplacer des bobines. Selon les syndicats, ces actes sont l’oeuvre d’un groupuscule de travailleurs.

Ces incidents interviennent dans la foulée d’une journée de lundi très tendue à l’aciérie électrique de Seraing puisque la direction a été séquestrée par des travailleurs et sommée de trouver des solutions pour payer les salaires du mois de mars.

La direction d’Elephant Green, à la tête de l’entreprise depuis décembre 2014, a obtenu un sursis d’un mois par le biais d’un crédit-pont pour mars. Une mesure jugée insuffisante par une partie des travailleurs qui s’en est prise physiquement à la direction lundi en fin d’après-midi.

Ces actes avaient nécessité la présence de la police pour ramener le calme.


ESB : les salaires payés rapidement et une reprise compromise

Belga, 14/04/16 19h10

Les salaires du mois de mars du personnel de l’aciérie électrique de Seraing vont être payés dans les prochaines heures voire début de semaine prochaine, a appris Belga auprès du porte-parole de Green Elephant, repreneur d’ESB. Il ne s’agirait cependant que du salaire des ouvriers, selon une source proche du dossier.

L’opération de paiement des salaires de mars, grâce à la récupération de liquidités prévues au départ pour l’ONSS, est en cours et l’argent devrait être sur les comptes vendredi voire lundi, confirme une source syndicale.

Il semble cependant que Green Elephant ne paierait que les ouvriers, soit 70 des 95 travailleurs, afin de calmer leur colère qui s’est exprimée par la séquestration des représentants des actionnaires, des coups portés au directeur du site avant le saccage du bâtiment administratif dans la nuit de lundi à mardi.

Green Elephant est d’ailleurs sorti de son mutisme et a informé, par biais de communiqué, que la reprise des activités, prévue le 23 mai et déjà annoncée lors d’un précédent conseil d’entreprise, était compromise.

"Vu l’ampleur des dégradations causées aux installations, le redémarrage de l’activité prévu en mai est compromis. Nous allons dans les prochains jours évaluer l’étendue des dégâts et toutes les conséquences négatives des récents évènements", a souligné Green Elephant.

Le nouveau propriétaire, en place depuis janvier 2015, avait présenté un ambitieux projet et demandé à la Sogepa et la Sowalfin une ligne de crédit de 100 millions d’euros sans apporter de garanties suffisantes.

Les travailleurs, en chômage économique depuis 15 mois, craignent que la faillite soit prochainement prononcée en raison de l’absence de liquidités du repreneur et ce malgré ses promesses répétées de reprise effective dans les prochaines semaines.