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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

[Publication] : sortie de "Ricochets" n°15 (avril 2016)
Article mis en ligne le 19 avril 2016
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Bruxelles : Bulletin contre la maxi-prison et le monde qui va avec
n° 15 - avril 2016

On peut le lire en pdf sur La cavale ici


Pâques avec les militaires...

Lundi de Pâques, deux militaires barrent l’entrée de l’escalier de la station de métro Comte de Flandres et fouillent les sacs de tous les gens qui veulent rentrer. Juste derrière eux, un photographe immortalise la scène. A une autre station, deux autres militaires empêchent en plus des personnes de sauter les portiques. Une station sur deux est fermée pour permettre un déploiement étendu d’uniformes. Un couvre-feu qui ne dit pas son nom a été instauré avec la fermeture des rames de métro à 19h. Dans leur bouche, c’est la « sécurisation du réseau souterrain ».

Devrait-on se sentir en sécurité quand des militaires quadrillent le territoire ? En 1993, des centaines de ceux-là sont envoyés en Somalie dans le cadre de la mission « Restore Hope », destinée également à rétablir un « niveau de sécurité suffisant ». Certains paras belges commettent alors sur des civils des actes sadiques, tels que maintenir un jeune Somalien au-dessus d’un feu, puis le piétiner. Les paras belges sont en outre accusés d’avoir tué froidement des Somaliens, d’en avoir frappé à coup de crosse, un soldat ayant même été condamné pour avoir commis un meurtre dans le but de faciliter un trafic d’armes. Pour une fois, cela s’est su et la nouvelle est parvenue jusqu’ici. Ce que les médias avides de scandale ont en revanche bien caché, c’est que ce genre d’actes de barbarie accompagne toute guerre. Dans chaque camp. C’est cela des militaires.

A écouter les sirènes médiatiques, on dirait que les soldats belges sont de braves bonhommes inoffensifs qui ne font pas grand chose, tandis qu’ils sont intervenus en Irak, en Afghanistan, au Mali et maintenant en Syrie. Accompagner au sol des F16 hollandais qui frappent le sol syrien, c’est participer à la guerre et aux massacres qui l’accompagnent. Faut-il rappeler qu’un soldat est programmé pour appuyer sur la gâchette sans réfléchir par lui-même ? Pour obéir à tout ordre venu de sa hiérarchie ? Ils tuent sur commande tout comme leurs adversaires déclarés dont ils seraient censés nous protéger. Face à cette logique où l’individu ne pense plus par lui-même, une chose reste à faire : rompre les rangs !

[Ricochets (Bruxelles) n° 15 - avril 2016, p.2]