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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Finies les vacances ?
Article mis en ligne le 21 avril 2016
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Finies les vacances ?

Depuis plus d’un mois la chape de plomb imposée par l’Etat, avec l’état d’urgence en prime, est secouée par des turbulences allant bien au-delà d’une énième loi. Des cortèges offensifs débordent l’encadrement des croque-morts syndicaux et politiques. Des manifs sauvages foutent le dawa dans le béton fait pour produire, consommer, s’entasser et crever à petit feu. Des groupes et des individus se lancent dans les rues, exprimant leur rage destructrice contre ce qui pourrit la vie. Et le souffle de la révolte s’accompagne d’un avant-goût de liberté qui en désire toujours plus.

Cet air de liberté, qui ne peut se développer pleinement que sur les ruines de toute autorité, les puissants cherchent à l’étouffer à tout prix. Par la force brute de leurs chiens de garde armés jusqu’aux dents, et aussi en misant sur l’essoufflement et la récupération de celles et ceux qui combattent l’ordre des choses. Ce n’est pas par hasard que les porte-paroles et les représentants d’une lutte qui les dépasse largement ont fixé la prochaine « date de mobilisation » presque un mois après la précédente. Et ce n’est pas un hasard non plus si les Nuits debout font tout leur possible pour ramener la révolte à de beaux discours démocratiques et à quelque réforme du pouvoir.

Pour les tenants et les défenseurs de l’ordre, il faut surtout que tout revienne à la normale. En clair cela voudrait dire que d’autres pensent et décident sur notre dos, que tout le monde rentre dans le rang et continue à faire tourner la grande machine qui nous enchaîne, avec peut-être un peu plus d’huile dans les rouages.

Mais que se passerait-il si on se passait une bonne fois de tous les charognards des luttes ? Si on prenait l’initiative pour continuer à attaquer, directement et sans attendre, ce qui participe à l’oppression quotidienne ? Si les vacances n’étaient pas une parenthèse, mais l’occasion de réfléchir et d’agir, seul-e-s ou à plusieurs, pour faire en sorte que la rentrée ne se déroule pas comme prévu, qu’elle ne vienne pas siffler la fin de la récré et le retour aux places qu’on nous assigne.

Pas besoin d’instructions, il suffit juste d’un peu d’imagination pour inventer mille et unes manières de saboter le fonctionnement des lieux d’abrutissement, de travail et de contrôle ; pour expérimenter des moyens de bloquer tout ce qui assure la circulation de la marchandise humaine. C’est sans doute le cocktail inattendu de plein de bonnes idées et d’initiatives qui pourra permettre d’enrayer le système et d’arracher le temps et l’espace indispensables pour reprendre nos vies en main, et bouleverser ce monde d’exploitation, de guerre et de frontières.

Bloquons la rentrée !

[Indy Nantes, 20 avril 2016]


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  • Tract - Finies les vacances ?, avril 2016