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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Lesbos (Grèce) : émeutes ravageuses dans le centre de rétention de Moria
Article mis en ligne le 1er mai 2016
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Lesbos, émeutes dans le centre de detention de Moria

Le 26 avril, le vice-ministre grec de l’immigration, Muzalas est venu visiter Moria pour jeter un coup d’œil sur la situation dans le centre. A Moria, les mineur-e-s ne peuvent officiellement pas être maintenu-e-s en prison, d’où le fait qu’ils peuvent sortir une demi-heure par jour. Ces 30 mn à l’extérieur représentent beaucoup pour elles et eux et sont attendues impatiemment.
Le 26, elles n’ont pas été accordées à l’heure habituelle à cause de la visite du vice-ministre, et après des heures d’attente, la fureur de ne pas sortir est allée en augmentant. Pour exprimer leur rage, illes ont lancé de l’eau sur le vice-ministre, rapidement évacué de la prison pour sa sécurité. Des mineur-e-s ont alors commencé à se révolter encore plus en foutant le feu à des objets, probablement des poubelles et d’autres matériaux. La police a réagi en les frappant, ce qui a accru leur fureur.

Vers 16h la révolte a éclaté à la porte principale de Moria, avec des incendies de poubelles et des jets de pierre contre les anti-émeutes (postés près de cette porte). Ces derniers sont entrés mais ont dû se retirer à toute vitesse après quelques minutes, de même que des traducteurs, des agents de Frontex et des personnes travaillant dans le centre. Les émeutes se sont étendues à différentes sections de la prison où les réfugié-e-s ont réussi à briser le grillage pour sortir de Moria et aller à la confrontation avec la police anti-émeute. Celle-ci a été clairement dépassée par le nombre et par le manque de préparation, et les réfugié-e-s on eu l’opportunité de les affronter durant des heures.
Les gaz lacrymogènes qui ont été tirés n’ont eu que peu d’effet car il n’y avait pas de vent. Les réfugié-e-s ont réussi à faire irruption dans le bureau qui contrôle les différents haut-parleurs de Moria et les cris « Liberté ! » ont résonné dans tout le camp. Illes sont aussi parvenus à entrer dans le centre d’enregistrement où des documents et des ordinateurs ont été détruits. La nuit, les gens ont commencé à monter dans la partie supérieure des bâtiments, provoquant d’autres incendies à travers le camp et tentant de détruire les bâtiments eux-mêmes. Il y a aussi eu des tentatives supplémentaires de détruire les grillages à l’intérieur. Finalement, la police est entrée de nouveau, tentant désespérément d’en finir avec les émeutes en tirant diverses grenades assourdissantes à courte distance, visant directement les réfugié-e-s. 5 ambulances sont entrées et sorties mais on ignore si elles transportaient les flics ou les réfugié-e-s blessé-e-s à l’hôpital. On ne sait pas non plus ce qui s’est passé ensuite car la police à ordonné aux différent-e-s témoins de quitter la zone et a tout simplement fermé la route qui mène à Moria dans les deux sens ce qui empêchait de s’approcher. Le matin, le calme semblait être revenu.
Pour nous, ces incidents montrent que les êtres humains ne peuvent rester en prison sans avoir une réaction instinctive de résistance. Nous soutenons les réfugié-e-s dans leur lutte pour la justice (SIC !!!), la reconnaissance de leur situation et de leur existence à l’intérieur et à l’extérieur des frontières européennes. Nous soutenons aussi leur lutte pour la liberté !

Liberté pour tou-te-s les prisonnier-e-s tout de suite !

Quelques anarchistes

[Traduit de l’espagnol de instinto salvaje, 29 abril, 2016]