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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Nantes/Paris/Rennes/Rouen : manif du 17 mai, journaflics et SO dans leur face
Article mis en ligne le 18 mai 2016
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Nantes : vitrines et journaflics

Loi travail : incidents à Nantes lors de la manifestation
AFP, 17 Mai 2016, 18h14

A l’appel de l’intersyndicale et de la coordination lycéenne, le défilé s’était ébranlé vers 11h00 derrière une banderole jaune demandant le "Retrait du projet de loi travail". La tête du cortège a ensuite été prise par plusieurs centaines de jeunes défilant derrière une banderole proclamant "Résistances". "On n’est pas violents, on est en colère. Jeunes, précaires et révolutionnaires", ont-ils notamment scandé, ainsi que "Nous ce qu’on veut, c’est niquer l’État, le 49-3, on n’en veut pas".

A la mi-journée des manifestants ont lancé divers projectiles, dont des bouteilles en verre, sur la façade de la préfecture de Loire-Atlantique et en direction des forces de l’ordre présentes dans le jardin, qui ont répliqué avec des lances à eau.
Puis de nouveaux incidents se sont produits près du château des Ducs de Bretagne, avec échange de projectiles et de grenades lacrymogènes entre manifestants et forces de l’ordre.
Un peu plus à l’ouest, peu après, des manifestants, qui venaient de faire main basse sur une poubelle remplie de verre, ont jeté de nombreuses bouteilles sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué en faisant usage de grenades lacrymogènes. La Fnac, installée dans l’ancienne bourse, a aussi été visée par des projectiles.
Alors qu’ils couvraient la manifestation, un groupe de sept à huit photographes et journalistes vidéo a été victime de jets de bouteille. Bien que protégé par un casque, un photographe d’Ouest-France a été légèrement blessé par une bouteille de vin qui, sans se casser, lui a violemment frappé le côté du visage. Pris en charge et mis à l’abri par ses confrères, il a pu quitter les lieux par ses propres moyens.
Puis un groupe de jeunes manifestants a mis le feu à un scooter, près des rails du tramway, tout près de la place du Bouffay, où se tient la Nuit debout nantaise. Quelques poubelles ont été jetées sur le feu, dégageant une épaisse fumée noire. Les forces de l’ordre ont répliqué quelques minutes plus tard, à grand renfort de lacrymogènes.
En référence à l’incendie d’une voiture de luxe lors d’une précédente manifestation à Nantes, des manifestants ont tagué "Elle est où la Porsche ?", ou encore "Qui sème le gaz récolte le pavé", ou enfin "En cendre, tout devient possible".
Un "PS traîtres 49-3" a également été peint sur le rideau baissé du siège du PS.


A Rennes, pénurie de billets dans les distributeurs

Républicain Lorrain, 17/05/2016 à 11:08

Cibles récurrentes des casseurs en marge des manifestations contre la loi Travail, beaucoup distributeurs de billets sont désormais hors service à Rennes.

C’est une conséquence assez inattendue des violences survenues en marge des manifestations contre la loi Travail. A Rennes, de nombreux distributeurs de billets, victimes de vandalisme, ne remplissent plus leur fonction première, rapporte Ouest France.

Après les vitrines, les DAB (distributeurs automatiques bancaires) sont régulièrement visés par les casseurs qui, au minimum, les aspergent de peinture et empêchent les clients de pouvoir lire les instructions sur l’écran. D’autres sont littéralement cassés. Résultat, ceux qui sont encore en service ont été pris d’assaut par les Rennais à la recherche de petites coupures.

"Ça devient très dur de tirer de l’argent liquide sur Rennes", a confié un vendeur de viennoiseries à Ouest France. Certains commerçants acceptent même que leurs clients fassent une carte bleue en échange d’argent liquide.

Les distributeurs encore opérationnels devaient toutefois être réapprovisionnés ce mardi. Mais ceux qui ne fonctionnent plus, eux, ne peuvent pas être changés du jour au lendemain... Et les rassemblements contre la loi Travail ne sont pas finis.


Rouen : et la vitrine du PS est tombée

Loi travail : la permanence du PS saccagée par des manifestants
Tendance Ouest, 14h31 - 17 mai 2016

Les fenêtres de la permanence du Parti socialiste, rue de la République, ont volé en éclat, ce mardi 17 mai 2016. A Rouen (Seine-Maritime), lors de la mobilisation contre la loi Travail organisée par les syndicats, une partie des manifestants s’en est pris à cette vitrine en signe de protestation. Ce n’est pas la première fois qu’ils s’en prennent à la permanence.

Des tags "49.3"

Une poignée de ces manifestants ont également taggé des vitrines de banques dans le centre-ville de Rouen. A l’aide de bombes de peinture, ils ont inscrit "49.3" sur quelques fenêtres.


Paris : abribus et SO

Loi travail : à Paris, les syndicats sortent les matraques
Metronews, 17-05-2016 23:04 (extrait)

Ils sont casqués, armés et portent parfois des masques quand les gaz lacrymogènes pleuvent sur les manifestations. Eux, ce ne sont pas les CRS que l’on trouve habituellement en marge des cortèges, mais les services d’ordre de la CGT et de Force ouvrière. Ce mardi, ils ont participé, aux côtés des forces de l’ordre à isoler les groupes de casseurs du reste des manifestants, notamment à Paris. Et leur présence nombreuse et armée n’a pas manqué d’agacer les milliers de personnes venues défiler contre le projet de loi travail.

Ce mardi, les SO étaient donc déployés en nombre. Fait rare, toutefois, ils étaient également bien plus protégés qu’à l’habitude, avec des casques, des battes de base-ball, des manches de pioches, etc. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, ils ont été, comme les policiers avant eux, la cible de la grogne des manifestants, qui reprenaient en chœur "SO collabos !" Un homme présent dans le cortège affirme même avoir été blessé par un coup de coude, asséné par un membre d’un service d’ordre.

Un grand écart pour une organisation qui, au début du mois, dénonçait les violences policières. La CGT, de son côté, reste discrète sur le rôle des SO ce mardi. Dans un communiqué publié dans la soirée, elle se contente de saluer "le sérieux avec lequel les services d’ordre des organisations syndicales ont assuré la sécurité des manifestants."

Récit à chaud de la manif du 17 mai contre la loi Travail et son monde
Paris-luttes, 17 mai 2016

CRS + bacqueux + service d’ordre intersyndical ont tenté de faire taire les manifestant-e-s les plus déterminé-e-s. Encore raté !

Avant de commencer, je voudrais lancer un grand grand BIG UP à tout le monde, à tou-te-s celles et ceux qui ont rejoint cette fois encore le cortège autonome en tête de manif. Parce qu’aujourd’hui c’était tout sauf évident, le dispositif répressif était effrayant, le pire qu’on ait pu avoir depuis le début du mouvement. Et malgré ça, on était super nombreux-euses à l’avant, déterminé-e-s et solidaires. Bravo, merci, youpi.

Pour cette manif du 17 mai, donc, l’État, les bureaucraties syndicales et les médias mainstream s’étaient visiblement passé le mot pour qu’il ne se passe rien : interdictions de manif envers plusieurs camarades, parcours de manif très court et modifié au dernier moment, contrôles de police partout autour du point départ de la manif (dans un périmètre très large), annonces de soi-disant "rencontres informelles" entre "responsables" de la CGT et de la "mouvance autonome" pour que la manif reste calme, et le pompon, un dispositif CRS + service d’ordre intersyndical encore plus imposant que la semaine dernière.

La manif est partie bien avant l’heure prévue - 14h (avec l’idée grillée de nous empêcher d’aller devant) depuis la place de l’École militaire, avec en tête des dizaines et des dizaines de CRS, suivis par des dizaines et des dizaines de sbires armés du service d’ordre (SO) CGT-FO qui eux-mêmes encadrent le carré de tête officiel avec les représentant-e-s de la CGT, FO, Solidaires, UNEF et FSU. Et juste derrière, les cortèges syndicaux, et sur le côté gauche, des dizaines, puis des centaines, puis des milliers de personnes qui constituent peu à peu le fameux cortège autonome de tête.

Dans les premiers temps, l’ambiance est calme et tendue. Tout le monde semble horrifié par le dispositif CRS+SO (il y a de quoi !), mais au fur et à mesure que ça avance, notre cortège se fournit et commence à avoir de la gueule. En plus des slogans habituels ("Paris, debout, soulève-toi", "Tout le monde déteste la police", "À bas l’État, les flics et les patrons" et autres "Nous sommes tou-te-s des casseurs"), certains fusent à l’encontre du SO ("SO, collabo"), notamment de la part d’autres syndicalistes, dont certain-e-s avec drapeaux CGT.

Sur le boulevard du Montparnasse, une sorte d’énorme black bloc se constitue peu à peu, presque comme par magie. Malgré les contrôles policiers, plein de gens ont réussi à venir équipé-e-s, masqué-e-s, avec banderoles renforcées et tout. Bien ouéj ! De premières petites actions ont lieu (panneaux de pub tagués et/ou brisés, oeufs de peinture lancés sur les flics) et à un moment le cortège a la bonne idée de s’arrêter pour que tout le monde se resserre ensemble (avant ça, une partie des manifestant-e-s étaient sur le côté du SO, à l’avant). On laisse donc les CRS et le SO s’éloigner un peu (mais bon, ils s’arrêtent assez vite eux aussi, comme c’est bizarre, à croire qu’ils veulent manifester avec nous...).

Peu après être reparti-e-s en bloc derrière nos banderoles de tête, un premier affrontement a lieu avec un cordon de CRS situé sur une rue à gauche. Des pétards, des feux d’artifice et quelques autres projectiles sont lancés sur les flics, qui ripostent à la lacrymo. On avance, et on fait gaffe à ce que la manif ne soit pas coupée en deux.

Plus loin, au croisement des boulevards Montparnasse/Raspail, les flics se prennent une pluie de projectiles, il y a au moins un Molotov qui part, et le croisement est rapidement inondé par les grenades lacrymogènes (décidément !). Pendant ce temps-là, les bris de panneaux de pub et tags continuent. Il y a peut-être un dispositif policier de ouf, il y a peut-être un SO effrayant, on est nombreux-nombreuses et déterminé-e-s : même pas peur ! La place Picasso (c’est comme ça que s’appelle ce croisement) est toutefois tellement remplie de lacrymo que la manif se distend quelque peu. Alors ça s’arrête à l’avant, pour laisser le temps à celles et ceux resté-e-s à l’arrière de recoller.

Il y a des cordons de flics à pratiquement chaque intersection, mais pas au niveau de la rue Campagne-Première. Là, quelques personnes crient "À Matignon !" et bifurquent dans la rue. Ça part en manif sauvage, on est plein à s’engouffrer là-dedans, avec aussi un paquet de journaleux qui accourent tels des vautours à l’affût... Un hélico de flics surveille tout ça de haut. Ça accélère pour ne pas se faire bloquer au bout de la rue, mais le temps d’arriver au bout et on se retrouve face à une ligne de CRS qui envoient masse de lacrymo. Demi-tour en speed, on évite de peu la nasse en écartant/caillassant un nouveau groupe de CRS qui arrivent sur le bord du boulevard du Montparnasse. Là aussi, la flicaille balance de la lacrymo à tout-va. Le mélange de manifestant-e-s masqué-e-s et d’autres moins préparé-e-s se passe assez bien, encore dans un bon esprit de solidarité face à la police.

Ça continue ensuite sur le boulevard Raspail, les panneaux de pub continuent de prendre des coups (de marteau et/ou d’aérosol). Arrivé-e-s sur la place Denfert-Rochereau, des bacqueux menacent et se font caillasser comme il se doit. Le SO CGT-FO tente de s’interposer et se mettent carrément à lancer des projectiles sur nous ! Comme la semaine dernière, la question ne se pose pas de savoir de quel côté ils sont. Avec leurs brassards, leurs casques et leurs matraques, plusieurs personnes les ont d’ailleurs confondus avec des bacqueux... Des slogans sont criés de partout contre le SO ("Flics, SO, même combat"). Alors qu’on reprend le dessus et que la colère à leur encontre est généralisée, les flics viennent à leur rescousse et balancent plusieurs salves de lacrymos.

Peu après, des affrontements se fixent de l’autre côté de la place Denfert, sur l’avenue du Général Leclerc. Caillassages et lacrymos à répétition, puis, alors que ça s’est calmé depuis un moment, les flics re-balancent la dose de lacrymo pour disperser tout le monde.

Je pense qu’une bonne partie des gens sont parti-e-s à ce moment-là. D’autres retournent vers la manif (les 55 000 manifestant-e-s - selon la CGT - ne sont pas encore tou-te-s arrivé-e-s), et de nouveau face à l’hostilité d’un SO (de FO, cette fois), ça se crispe pas mal : "Tout le monde déteste le SO". Lorsque le SO se décide enfin à rebrousser chemin, ils se font copieusement huer, là encore par toute sorte de manifestant-e-s.

Il est environ 17h, ça ressemble à la fin, je me barre avec quelques ami-e-s.

Plus tard, j’apprends que vers 17h30, environ 200 personnes seraient parties en manif sauvage sur le boulevard Montparnasse. Je n’en sais pas plus. Pendant ce temps-là, Marine Le Pen a sans surprise choisi son camp et s’en prend aujourd’hui dans les médias aux "black blocs" et aux "étrangers"...

À demain, à après-demain, dans l’entraide et la détermination !


fichiers joints

  • Nantes
  • Nantes
  • Nantes
  • Nantes, la FNAC
  • Paris, camion du SO des syndicaflics CGT
  • Paris, molotov sur les flics
  • Paris, SO des syndicaflics avec battes de baseball
  • Paris, syndicaflics du SO de FO
  • Paris, une partie des 200 membres du SO des syndicaflics
  • Rouen, le PS perd ses vitres