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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Ni oubli ni oubli
Article mis en ligne le 22 mai 2016
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Pour mémoire...

Hordes sauvages & extrême barbarie
"Ce qui s’est produit à Paris hier - je veux parler de l’agression de deux policiers et l’incendie de leur véhicule - constitue des actes criminels d’une extrême gravité. Ces actes appellent la plus grande sévérité." Des "actes qu’il faut qualifier pour ce qu’ils sont : des actes de haine que j’ai trouvés d’une extrême barbarie". "J’aurais énormément de difficultés à considérer qu’il y a derrière ces hordes sauvages quelque chose qui ressemble à de l’humanité ou a fortiori à un début d’idéal. Il n’y a derrière cela que de la violence, de la brutalité, et cela traduit un abandon de tous les principes d’humanisme qui sont au fondement de notre civilisation et des valeurs républicaines."
(Bernard Cazeneuve, ministre (PS) de l’Intérieur, 19 mai à l’Assemblée nationale, à l’occasion du débat parlementaire sur une nouvelle prorogation de l’état d’urgence)

Minority report
"On est face à des militants politiques de la mouvance anar’ qui vont dans les manifestations pour casser du flic. C’est eux qu’il faut cibler. Je souhaite que le gouvernement prenne des mesures préventives. Et que ces personnes ne soient pas simplement interdites de paraitre en manifestations, mais qu’elles soient, le cas échéant, arrêtées préventivement, avant les manifestations. Ces attaques sont préméditées. Il faut essayer de les arrêter avant."
(François de Rugy, député (écolo) de Loire-Atlantique, 21 mai sur iTélé)

Pré-terrorisme
"Il y a des risques terroristes qui sont extrêmement avérés, des risques de dérives dans les manifestations, des risques de casseurs. Je pense que ce sont des actes pré-terroristes qu’on voit là. [...] Vous savez, le terrorisme, c’est une utilisation politique de la terreur. Quand vous avez des militants politiques qui mettent des rasoirs dans des boules de pétanque ou qui attaquent des policiers et qui les brûlent et qui prennent le risque de les tuer, c’est pas moi qui le dis. Le préfet de police a porté plainte pour tentative d’homicide volontaire. On est dans le pré-terrorisme, sans aucun doute."
(Frédéric Péchenard, vice-président (LR) du conseil régional d’Île-de-France, 19 mai sur Europe 1)

Terrorisme
"J’enlèverais ’pré’. Ce sont des actes terroristes. Quelqu’un qui incendie volontairement une voiture de police, avec deux policiers à l’intérieur, qu’est-ce qu’il cherche ? Il cherche à brûler des policiers. C’est à la fois une tentative d’assassinat et un acte politique. On ne brûle pas une voiture comme ça avec deux policiers à l’intérieur uniquement parce qu’on est un manifestant. Non, on est un casseur, ça c’est une chose. On est peut-être un pillard, ça c’est une deuxième chose. Mais on est surtout mu par une intention politique, hostile à la sécurité, donc terroriste."
(Roger Karoutchi, sénateur LR des Hauts-de-Seine, 19 mai sur Public Sénat)

Daech de l’intérieur
"Il faut avoir des sanctions beaucoup plus fortes. Honnêtement, il ne faut plus traiter ces casseurs comme de simples agités qui viennent dans une manifestation casser un abribus ou une vitrine. Il y a tentative de meurtre contre les gardiens de la République que sont les policiers. Cela est intolérable parce que si on laisse faire, il n’y a plus de limite et plus de société. [...] De mon point de vue, ce qu’il se passe là c’est du terrorisme, ce sont des Daech de l’intérieur. Cette guerre qui est déclarée, il faut que la République la mène."
(Jean-Pierre Giran, député-maire (LR) de Hyères (Var), 20 mai sur France Bleu Provence)

Responsabilité financière
L’ancien président de l’Assemblée nationale, maire d’Annecy-le-Vieux et député de Haute-Savoie Bernard Accoyer a annoncé qu’il avait déposé une proposition de loi destinée à engager financièrement la responsabilité financière des organisateurs en cas de casse ou de policiers blessés. Les forces de l’ordre ne sont pas "de la chair à canon, de la chair à insultes, de la chair à pavés" a-t-il martelé. Les organisateurs même s’ils n’ont pas voulu les violences, les ont "déclenché indirectement" a-t-il expliqué, "par le choix du trajet", "par le manque de service d’ordre".
(Bernard Accoyer, député-maire (LR) de Haute-Savoie, sur France 3 Alpes le 20 mai)

Abjecte
"Je condamne avec force les violences abjectes et inacceptables perpétrées aujourd’hui contre les policiers dans le 10e."
(Anne Hidalgo, maire (PS) de Paris, 18 mai sur son twitter)

Sévice public
"Les images sont d’une violence inouïe, et je tiens vraiment à dire qu’aucune bavure policière ne justifie que l’on porte atteinte à l’intégrité physique d’un policier, qui est d’abord et avant tout un fonctionnaire."
(Danielle Simonnet, coordinatrice du Parti de Gauche et conseillère de Paris, 19 mai sur Europe 1)

Justificateur policier
"Il n’y a pas besoin d’être un aigle pour comprendre que le fait de démolir toutes les vitrines dans une rue et de frapper un policier ne sert en aucun cas la cause que nous défendons [...] Cela produit des centaines d’images qui sont un régal pour le parti dit de l’ordre, qui peut à longueur de journée montrer un acte aussi déplorable qu’avoir incendié une voiture en menaçant les policiers qui étaient dedans de les assassiner", a-t-il expliqué."Cet homme et cette femme ont fait preuve d’un sang-froid extraordinaire. La situation eût justifié qu’il fasse usage de son arme, parce qu’il était menacé de mort", a estimé Jean-Luc Mélenchon.
(Jean-Luc Mélenchon, Parti de gauche, 20 mai, invité de l’institut de sondage BVA pour un de ses petits-déjeuners "Pop 2017")

Totalitaire et mortifère
"Les casseurs, ça suffit ! Assez de la violence comme moyen d’action, justifiée par une soupe intellectuelle avariée et totalitaire. (...) Les casseurs abolissent le sens des mots, ils brisent les codes, ils détruisent la société qu’ils haïssent. Pour mettre fin à leurs agissements mortifères, la mobilisation de toutes les institutions s’impose."
(Olivier Mazerolle, journaflic ex de France2-BFM-TV actuellement sur RTL, 22 mai, édito dans La Provence : "Cela suffit !")

Quasi fascistes
"Bientôt ce sont les forces de l’ordre qui vont demander directement des comptes. On les utilise jusqu’à leurs limites, on abuse de leur esprit d’obéissance, de leur dévouement, et on ne leur montre clairement aucun chemin. Se battre ? Ils répondent « oui ». Recevoir des coups ? « Oui ». Se faire insulter ? « Oui » mais pour quoi ? Pour aller où ? Non seulement ils protègent la population, mais où est la reconnaissance qu’on leur doit ? Mais surtout ils protègent la démocratie, face à ces quasi fascistes qui s’efforcent de la détruire."
(François-Régis Hutin, édito de Ouest-France, 15 mai : "Violences à Rennes. "Ça suffit !")

Commandos de fascistes cinglés
"Cette voiture en flammes, ces commandos de petits fascistes rebaptisés « antifa » ou « anarchistes » ne sont qu’un des multiples aspects du délitement de ce qui fut la France. (...) La chance de ce gouvernement, de ceux qui l’ont précédé et de ceux qui très certainement suivront, ce sont ces petits fachos à barres de fer et ces gentilles gourdes qui prétendent pendre les patrons. Parce que grâce à ces gens-là, la « convergence des luttes » dont rêvent les millénaristes du mouvement social n’aura jamais lieu. Parce que les paysans, à qui Mélenchon lance « qu’ils crèvent ! », les artisans qui ont le mauvais goût d’être des possédants et des amoureux de la liberté, les patrons de PME qui sont forcément d’infâmes suceurs de sang, tous ces gens qui se lèvent tôt, travaillent tard et subissent les assauts d’une administration dévorante dont le seul objet est de masquer l’impuissance absolue de l’État face au raz de marée qui balaie nos secteurs primaire et secondaire, tous ces gens se garderont bien de pousser plus avant leur colère, de peur qu’elle ne profite à des cinglés de cette espèce."
(Natacha Polony, journaflic ex-de On n’est pas couche (France2) et Le Grand Journal (Canal +) actuellement sur Europe 1, 20 mai, édito dans Le Figaro : "Voiture en feu et République en cendres")