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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Grenoble (Isère) : à chacun sa manière [Mis à jour]
Article mis en ligne le 23 mai 2016
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Le siège du PS visé par des tirs cette nuit à Grenoble

F3 Alpes, 23 mai 2016 à 15:30

Au moins une douzaine d’impacts de balles sur la devanture du siège du PS de Grenoble cette nuit : une enquête a été ouverte.

Le siège du Parti socialiste de l’Isère à Grenoble, rue Nicolas-Chorier, a été la cible de tirs d’armes à feu dans la nuit de dimanche à lundi.

Plusieurs douilles ont été retrouvées au sol, 5 ou 6, nous a précisé la police. Il s’agirait d’un calibre de 9 mm. En tout une douzaine d’impacts ont été relevés sur le volet roulant.

Plusieurs détonations ont été entendues dans la nuit par des riverains, qui ont appelé la police. Une patrouille a d’abord cherché à localiser un ou des individus armés, en vain. Ce n’est qu’au matin que les douilles ont été trouvées.

La police et l’identification judicaire sont actuellement sur place, ils n’ont trouvé aucune revendication sur les lieux. Un responsable du Parti socialiste du département de l’Isère est également arrivé, sans faire de commentaire pour l’instant. Une enquête pour "dégradation volontaire avec arme" a été ouverte et confiée à la Sûreté départementale de l’Isère.


Le PS s’inquiète de la multiplication d’actes de vandalisme contre ses locaux

Le Monde | 23.05.2016 à 18h45 |

Et maintenant, des tirs à balles réelles. Lundi 23 mai au matin, en découvrant douze impacts de calibre 9 mm sur le rideau de fer du siège de sa fédération de l’Isère, à Grenoble, le Parti socialiste (PS) n’a pu que prendre acte d’une nouvelle escalade dans les attaques contre ses locaux, qui se multiplient depuis des semaines. Si aucune trace de revendication n’a été retrouvée sur place et que les raisons des tirs sont encore inconnues, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, n’a pas eu besoin de ces informations pour dénoncer « une atteinte insupportable à la vie démocratique dans notre pays ». « Une enquête pour dégradation volontaire avec arme a été ouverte et confiée à la sûreté départementale de l’Isère », a-t-il également annoncé dans un communiqué.

« Nous condamnons avec la plus grande fermeté et nous allons immédiatement porter plainte », a de son côté réagi le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, auprès du Monde, dans la matinée. Depuis près de deux semaines, le député de Paris, qui a écrit « à tous les partis pour leur demander de réagir », dénonce un « climat des années 1930 » qui serait selon lui en train de s’installer dans le pays dans l’indifférence générale.

Les photos, parfois impressionnantes, de dégradation de locaux publiées depuis plusieurs jours sur le blog anonyme et ironiquement appelé « PS Déco » n’ont en effet pas beaucoup ému l’opinion publique ou les médias. On peut pourtant y voir un local aux vitres entièrement brisées à Lyon, le 10 mai, une inscription « Valls on te pendra » sur la devanture du local de la section de Rouen (le 19 mai), des énormes jets de peintures roses sur tout le mur de la fédération de Lille (le 15 avril), l’intérieur du local du Havre complètement saccagé (le 11 mai)… mais aussi des dégradations bien plus légères comme des petits tags sur les murs (Valence, le 2 mai), des murs en parpaings construits devant la porte (Toulouse, le 17 mai) voire même de simples affichettes collées avec du scotch (Rodez, le 12 mai).

31 attaques depuis décembre selon le Parti socialiste

Pour l’heure, difficile de différencier clairement ce qui relève de véritables saccages (comme par exemple à Caen où les dégâts ont été estimés à 20 000 euros) et les dégradations plus mineures. Le PS a communiqué au Monde, mardi, une liste faisant état de 31 attaques depuis le 14 décembre contre divers locaux socialistes et qui montre une nette accélération depuis la fin du mois d’avril, mais elle mêle tous les actes, quelle que soit leur gravité.

Toutefois, pour le moment, au moins trois parlementaires socialistes visés ont estimé que les faits méritaient d’être traités par la justice et ont porté plainte : Catherine Lemorton en Haute-Garonne, Laurent Grandguillaume en Côte-d’Or et Bernard Roman dans le Nord, deux fois. Quatre fédérations socialistes ont fait de même : celles de l’Hérault, du Calvados, de Seine-Maritime et de l’Isère. Cette dernière compte déposer une sixième plainte suite aux tirs à balles réelles de mardi matin.