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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Cajamarca (Pérou) : quelques détails sur la lutte contre l’extraction d’or
Article mis en ligne le 4 juillet 2012
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Cette semaine, la police a assassiné 5 personnes lors des manifestations contre la mine de Yanacocha, dans les provinces de Celendin et Bambamarca, situées dans la région de Cajamarca, au nord du Pérou.

Depuis un an, les paysannes et les paysans, avec les habitants de la ville de Cajamarca et des alentours, luttent contre le projet aurifère « Conga » de la compagnie minière Yanacocha, propriété des entreprises Newmont Mining Corporation (Canada), Compañía de Minas Buenaventura (Perou) et de la Corporazione Finanziaria Internazionale (IFC). Le projet Conga prévoit l’extraction d’or de deux lacs de la zone des Andes de Cajamarca, et la destruction de deux autres lacs qui seront utilisés comme dépôts de déchets. Ces quatre lacs constituent la source des principaux fleuves de la zone.

Depuis un mois, une grève illmitée, une période de protestations et de surveillance permanente des lacs ont été décrétés dans la région de Cajamarca, pour empêcher le démarrage des travaux de la compagnie. L’Etat péruvien a bien sûr toujours montré sa soumission à Yanacocha, et envoyé la police et les militaires à plusieurs reprises pour réprimer les protestations. Les habitants de la région, et surtout des provinces qui seront touchées directement par le projet ne se sont pas laissés intimider et ont continué leur lutte. Le 1er mai à Celendín, un contingent de la police national a été chassé de la ville par les manifestants.

Le 3 juillet, la police y est revenue avec l’ordre de tirer à vue contre des manifestants qui tentaient d’attaquer la mairie pour destituer le maire qui avait soutenu le projet Conga et au président Ollanta Humala. La violente répression a provoqué la mort de trois personnes, José Silva Sánchez (35 ans), Eleuterio García Díaz (40 ans) et C.M.A âgé de 17 ans, et provoqué plus de 30 blessés. Selon la presse locale, deux policiers ont été blessés par armes à feu utilisées par des manifestants. L’état d’urgence a été déclaré pendant 30 jours dans les provinces de Celendin, Huangayoc et Cajamarca (suspension des libertés individuelles, de réunion, de circulation et de l’inviolabilité du domicile), garantissant à la police toute marge de manœuvre nécessaire pour continuer son sale boulot. Malgré cela, les manifestations ont continué le 5 juillet dans toute la région, et la police a assassiné un autre manifestant à Bambamarca.


Pérou/mines : poursuite des manifestations dans le nord malgré l’état d’urgence

AFP / 04 juillet 2012 23h22

LIMA - Les manifestations hostiles à un projet minier du groupe américain Newmont se sont poursuivies mercredi, malgré l’instauration de l’état d’urgence dans la région de Cajamarca (nord du Pérou) à la suite de la mort de trois personnes mardi, ont indiqué les autorités régionales.

Un groupe de manifestants a été pris à partie par la police qui a arrêté trois personnes, a indiqué à l’AFP Gregorio Santos, président du département.

M. Santos, politiquement proche du président de gauche Ollanta Humala, est à présent en rébellion ouverte contre le gouvernement.

Il semble que le gouvernement cherche une issue sanglante parce qu’il ne trouve pas le moyen de briser la résistance pacifique contre le projet Conga, a ajouté le chef de l’exécutif provincial.

Un des leaders du mouvement hostile au projet minier, Marco Arana, un ancien prêtre dirigeant du parti écologiste Terre et Liberté, a affirmé pour sa part avoir été violemment frappé par les forces de l’ordre.

Au moment de mon arrestation, on m’a frappé et on m’a amené au commissariat de police où j’ai été frappé à nouveau, a-t-il dit à l’AFP.

L’état d’urgence a été décrété durant 30 jours dans les régions de Celendin, Hualgayoc et Cajamarca, dans le but de contenir le mouvement contre le projet d’aménagement de la mine d’or de Conga, appartenant à la société américaine Newmont et plus gros investissement minier du pays (4,8 milliards de dollars), qui doit voir le jour d’ici 2014.

Fin 2011, la province de Cajamarca avait déja été en partie paralysée par une série de manifestations et de blocages de routes contre le projet de Conga et le gouvernement avait alors déjà décrété l’état d’urgence.

Les opposants au projet redoutent principalement l’impact de la mine sur les fragiles ressources en eau de la région. Le projet doit sacrifier quatre lacs-réservoirs d’altitude pour les remplacer par des lacs artificiels.

Un rapport d’experts internationaux portant sur les modifications et améliorations pouvant être apportées au projet sur le plan de l’environnement a été remis au gouvernement au mois d’avril.

Le conflit de Conga est considéré comme un test sur la capacité de M. Humala, au pouvoir depuis moins d’un an, à ménager sa base populaire et défavorisée tout en assurant la pérennité des investissements miniers, un secteur pesant 60% dans les exportations du Pérou.


L’état d’urgence décrété dans le nord du Pérou après la mort de trois manifestants

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 04.07.2012 à 09h09

Le gouvernement péruvien a décrété l’état d’urgence, mardi 3 juillet, dans la région de Cajamarca après que trois personnes eurent été tuées et vingt blessées lors d’affrontements entre forces de sécurité et manifestants hostiles à un projet d’aménagement de la mine d’or de Conga, appartenant à la société américaine Newmont, a annoncé le ministre de la justice, Juan Jimenez.

Plus de mille personnes qui manifestaient dans la ville de Celendin s’en sont prises aux bâtiments municipaux, jetant des pierre et reprochant au maire de la ville d’être favorable au chantier. Les forces de l’ordre ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes et des charges pour disperser la foule.

"Nous déplorons trois tués par balle", a indiqué le responsable régional des services de la justice. Le ministère de l’intérieur a précisé que deux policiers ont été blessés par des armes à feu employées par les manifestants.

A la fin de 2011, la province avait été en partie paralysée par une série de manifestations et de bloquages de route contre le projet de Conga, plus gros investissement minier du pays (4,8 milliards de dollars), qui doit voir le jour d’ici à 2014. Le gouvernement avait alors déjà décrété l’état urgence.

Les opposants au projet redoutent principalement l’impact de la mine sur les fragiles ressources en eau de la région. Le projet doit sacrifier quatre lacs réservoirs d’altitude pour les remplacer par des lacs artificiels.

Le projet avait été approuvé par le gouvernement de l’ancien président Alan Garcia en 2010. Son successeur, le président Ollanta Humala, avait également soutenu ce projet, tout en insistant sur la préservation de l’environnement. Pour Gregorio Santos, gouverneur de la province de Cajamara et adversaire farouche du projet, le gouvernement du président Ollanta Humala favorise les mineurs au détriment des paysans pauvres, qui ne bénéficient pas de la croissance économique.


Conga, le projet minier qui révolte les indigènes péruviens

France24, 08/06/2012

C’est au cri de "Agua si ! Oro no !" (L’eau oui ! l’or non !) que les habitants de la ville de Cajamarca manifestent depuis plusieurs semaines contre le projet Conga, qui prévoit l’installation d’une mine d’extraction d’or et de cuivre dans cette région à majorité indigène du nord-ouest du pays. Pourtant, malgré la détermination des manifestants, le projet avance.

Le 31 mai, plusieurs milliers de personnes ont manifesté pour dénoncer les risques environnementaux de ce projet de mine d’extraction à ciel ouvert installé dans la zone des Bofelades, à plus de 4 000 mètres d’altitude. Lancé par la compagnie Yanacocha, détenue en majorité par des Américains, le projet coutera 3,9 milliards d’euros et prévoit l’assèchement de plusieurs lagunes d’altitude.

Ces dernières semaines, les rassemblements "anti-Conga" se sont multipliés dans la région et notamment à Cajamarca, donnant régulièrement lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre. Des affrontements qui ont déjà fait plusieurs blessés.

Les agriculteurs locaux ont été les premiers, en novembre 2011, à signaler les risques de ces mines pour l’alimentation en eau de leur commune. La vague de manifestation qui avait suivi avait abouti à la suspension du projet en décembre dernier. Mais quelques mois plus tard, en avril, une expertise internationale commandée par le gouvernement concluait que le projet rassemblait "toutes les conditions techniques exigées pour son approbation" bien que nécessitant des améliorations visant à réduire son impact environnemental. Une étude biaisée selon les opposants, qui reprennent immédiatement la mobilisation pour un abandon définitif du projet Conga.

Le Pérou est confronté à plus de 200 conflits sociaux liés au secteur minier ou énergétique.