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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Saint Henri (Montréal) : pillage d’épicerie fine contre la gentrification
Article mis en ligne le 29 mai 2016
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Attaque « anti-gentrification » contre une épicerie de Saint-Henri

La Presse, 29 mai 2016 à 15h58

Un groupe d’une trentaine de personnes masquées a vandalisé et pillé une épicerie du quartier Saint-Henri samedi soir avant de disparaître en laissant un manifeste dénonçant la présence de commerces « bourgeois » dans ce quartier populaire montréalais .

Une employée était seule à l’épicerie Le 3734, adjacente au restaurant du même nom, rue Notre-Dame, lorsque la trentaine de protestataires a fait irruption peu avant 21 h. Ils lui ont dit de ne rien faire car ils étaient uniquement là pour la marchandise. Puis ils ont remplis en quelques secondes des sacs de sports, principalement avec des produits de la saucisserie Ils en fument du bon, qui tient un comptoir bien visible sur place.

Quelqu’un a peint à la peinture les mots « Fuck empire » sur la vitrine et a collé des copies d’un communiqué célébrant la « dégentrification ».

« Avec les condos, sont arrivés dans Saint-Henri toutes sortes de commerces chers, de restos branchés et d’épiceries bourgeoises. Toutefois, malgré cette affluence de nourriture, le quartier reste pratiquement un désert alimentaire pour les gens qui ont peu d’argent », affirme le texte.

« On a tenté de rééquilibrer les choses, à la mesure de nos moyens », poursuit le communiqué, selon lequel la nourriture « hors de prix » a été prise pour être redistribuée dans le quartier.

Le groupe a pris la fuite avant l’arrivée des policiers, selon le SPVM. Le communiqué précise toutefois qu’« inspirés par les dernières actions contre la police dans différents quartiers », les pilleurs s’étaient équipés de « ce qu’il fallait pour nous protéger ».

(...) Ce n’était pas la première fois que l’épicerie était ciblée par des activistes anti-gentrification. Des autocollants avaient déjà été apposés sur la propriété et des gens avaient été bloqués lors d’une tentative précédente, alors qu’ils tentaient de s’introduire dans l’établissement. D’autres commerces de Saint-Henri ont été victimes de vandalisme, comme ce fut aussi le cas à plusieurs reprises dans Hochelaga-Maisonneuve ces dernières années.

Le charcutier Felipe St-Laurent, de la saucisserie Ils en fument du bon, s’est dit révolté par l’attitude des pillards, mais a utilisé sa page Facebook pour leur dispenser malgré tout quelques conseils culinaires de base en lien avec la marchandise qu’ils ont dérobée.

« Ne pas piquer les saucisses. Ne faites pas bouillir les saucisses. Cuire à feu moyen pendant 10-12 minutes à feu doux demi-couvert. Bon appétit, bande de crétins ! »