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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

La DGSI prend ses vessies pour une lanterne
Article mis en ligne le 2 juin 2016
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Loi travail : Julien Coupat dans le viseur de la DGSI

Le Point, 02/06/2016 à 07:35

Le renseignement intérieur soupçonne le cerveau présumé du "groupe de Tarnac" de s’activer en coulisse contre la loi travail.

Le militant anarcho-gauchiste Julien Coupat fait son grand retour dans les notes du renseignement intérieur. À en croire la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le leader présumé du « groupe de Tarnac » jouerait un rôle important dans la radicalisation du mouvement de protestation contre la loi El Khomri. « À Paris, Julien Coupat se rend visible tant lors des grandes manifestations qu’aux rassemblements Nuit debout, sans jamais prendre part personnellement aux exactions », lit-on dans un récent document intitulé « Implication de l’ultra gauche dans la contestation contre la loi travail ». Les fonctionnaires du renseignement évoquent « une véritable stratégie de tension » mise en œuvre par les amis de Coupat.

Présence continue sur la place de la République

Ces agents perturbateurs insuffleraient dans les manifestations contre la loi El Khomri une culture de la violence qui expliquerait en partie la gravité des récents heurts avec les forces de l’ordre. « Leur responsabilité dans le déroulement des derniers événements est avérée. Les anarcho-autonomes parisiens sont passés à l’acte les 28 avril et le 1er mai, faisant preuve d’agressivité et d’une violence jusqu’alors contenue. Certains d’entre eux se sont également engagés au sein de la commission infirmerie de Nuit debout pour s’assurer une présence continue sur la place de la République », écrivent les contre espions. Et de poursuivre : « Aguerris aux tactiques de violence urbaine, très mobiles, ils parviennent à se fondre parmi les émeutiers tout en les encourageant à des déambulations sauvages en dehors de l’itinéraire prévu, au cours desquelles de nombreuses exactions sont commises. Cette stratégie a été éprouvée à plusieurs reprises ces dernières semaines à Paris, Rennes, Bordeaux et Grenoble. »

Message insurrectionnel

Le « groupe de Tarnac » est soupçonné d’avoir saboté en 2008 l’alimentation électrique de plusieurs lignes de TGV. Les huit prévenus ont été renvoyés pour « dégradations » ou « association de malfaiteurs » et non pour « préparation d’actes terroristes » comme le souhaitait le renseignement intérieur, qui reste persuadé de leur implication.

À l’approche de son procès en correctionnelle, non seulement Julien Coupat n’a pas renoncé au combat politique, mais, d’après la DGSI, ses troupes entendent profiter de l’écho médiatique du procès pour rallier à leurs thèses de nouvelles recrues. « Jouant sur l’ambiguïté de leur médiatisation décomplexée depuis l’affaire de Tarnac, ils étoffent leur projet politique en exploitant la contestation sociale en cours », analyse la DGSI. Avant de se faire plus précise : « À la pointe du combat insurrectionnel, le réseau affinitaire Coupat organise des réunions clandestines visant à mettre sur pied un mouvement révolutionnaire, échafaudant des activités visant à affaiblir les institutions étatiques. »

En clair, Coupat et ses amis utiliseraient la grogne sociale comme un terreau pour y ensemencer des soulèvements violents. Et les rédacteurs de la note « confidentiel défense » d’avertir : « Le message insurrectionnel, habituellement cantonné à des sphères anarchistes qui méprisent les mobilisations sociales, est aujourd’hui rendu audible grâce au réseau affinitaire Coupat. »