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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Paris : En n’étant pas là où ils nous attendaient...
Article mis en ligne le 24 juin 2016
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Tandis que le piège de Bastille se refermait...

Paris-luttes, 24 juin 2016

Récit de la journée du 23 juin, omettant intentionnellement la mascarade syndicale.

Tandis que le piège de Bastille se refermait, certain-es se sont donné-es rendez-vous en dehors de cette nasse géante, à Hôtel de Ville. Surprise ! (ou pas) c’était des dizaines de keufs qui nous attendaient. Téméraires, quelque-unes armé-es d’une banderole partent malgré le dispositif policier imposant mais qui hésite à suivre, direction Rambuteau, les Halles, Montorgueil. On est peu, mais les slogans sont rafraîchissants, des tags ornent les murs bourgeois jusque la place de la Victoire, et les dans le cossu 1er arrdt. Le cortège grossit, et nous sommes presque 200 place de la Bourse. 15 flics débarquent derrière, autant devant, le groupe se disperse, non sans laisser de traces : le LCL au coin de la Bourse a reçu des projectiles, et une autolib’ est incendiée non loin de là.

J’apprends à ce moment-là que des gens ont réussi à sortir de la nasse géante pour occuper les voies gare de Lyon. Sur le chemin, deux "manifs sauvages", l’une partant de Bastille sur le boulevard Richard-Lenoir, l’autre remontant l’avenue Daumesnil. Et devant le comico du 12e, une centaine de personnes, bloquant la rue puis allant se solidariser des nassé-es sur les quais. Les flics sont omniprésents, ils nous attendent encore une fois.

Puis le mot tourne de se retrouver à 19h à Ménilmontant. Plus de 200 personnes répondent à l’appel, et rapidement les palabres des nuits-deboutistes sont remplacés par des slogans offensifs. On est peut-être 300 à partir, et cette fois pas un flic à l’horizon. Le temps de se masquer et de décider des cibles, d’essayer de rameuter les gens du quartier (qui, s’ils ne sont pas venu-es avec nous, nous ont plutôt encouragé-es), et c’est la CFDT qui trinque. Chaque vitre est méthodiquement défoncée, la porte d’entrée laisse place à un trou béant et un tag recouvre la façade : "Fini de trahir" (sic). Le cortège est plus offensif et recherche de nouvelles cibles dans ce quartier "pauvre", sans banques ni vitrines à tous les coins de rues.

Le Pôle-Emploi de la rue Vic-d’Azur voit ses vitrines tomber, sous les hourras de la foule et les coup de massettes... En bas, une voiture de flics va passer un sale quart d’heure. Malgré la cinquantaine de projectiles qui volent sur la voiture, l’un des flics, derrière son pare brise fendu, va tirer (mal, heureusement), trois coups de flashball, avant de se faire calmer par ses collègues et une Heineken en pleine tête ! Headshot ! (Pas assez de pavés, malheureusement.) Le cortège descend et c’est une banque et un concessionnaire auto qui tombent sous les coups des émeutier-es, ainsi qu’une voiture de la sécurité Mairie de Paris qui est incendiée. Arrivé-es au croisement entre la rue Saint-Maur et la rue du Buisson-Saint-Louis une dizaine de keufs sortent en trombe de leur voiture, bloquent la manif et jettent trois grenades de désenserclement accompagnées des habituels coups de tonfa et gaz. Le groupe, pourtant suffisamment fourni pour faire face, se désagrège, et une personne tombe inanimée. Après de longues minutes, elle reprend connaissance aux mains des pompiers, sans que je ne puisse dire quoi que ce soit sur son état [1].

En n’étant pas là où ils nous attendaient, en se posant des rendez-vous non négociés et hors des centrales syndicales, nous avons réussi à ce qu’il ne se passe pas juste rien aujourd’hui. Pour la prochaine, s’ils désirent nous empêcher, où même sinon, formons différents points de conflit, sortons des schémas militants. Ils ne nous autorisent même pas Bastille-Nation, soyons partout, et détruisons tout !
Notes

[1] BFM-TV parle d’un état préoccupant, Le Point : « un blessé avec plaie à la tête » a été constaté parmi ces manifestants, selon une autre source policière. Celui-ci « a été évacué vers un hôpital », a-t-elle ajouté, sans plus de précision. À 22 heures, neuf personnes avaient été interpellées au cours de ce rassemblement, a précisé cette même source.


Loi travail : le siège parisien de la CFDT dégradé en marge d’une manifestation sauvage

Le Monde.fr avec AFP | 24.06.2016 à 10h42

Après une nouvelle journée de mobilisation contre la loi travail, une centaine de personnes parties en manifestation non autorisée dans le nord de Paris, jeudi 23 juin au soir, ont dégradé la façade du siège du syndicat réformiste CFDT.

Peu après 21 heures, ces manifestants ont quitté le quartier de Ménilmontant pour rejoindre celui de Belleville, dans l’Est parisien, brisant les vitres du siège de la CFDT, principal soutien au projet de loi El Khomri parmi les syndicats. En lettres rouges, ils ont inscrit sur la façade : « C’est fini de trahir. »

« Les actes de dégradations du siège de la CFDT sont une attaque intolérable contre la démocratie sociale », a réagi sur Twitter le Premier ministre, Manuel Valls. Sa ministre du travail Myriam El Khomri lui a rapidement emboîté le pas, condamnant sur le réseau social une « atteinte intolérable ».

Sur RMC-BFMTV, Laurent Berger a mis en cause l’extrême gauche. Dans une série de tweets, il a écrit : « Nos locaux à Paris viennent d’être saccagés par des individus cagoulés. Cette attaque violente est un coup direct porté à la démocratie. Stop à l’indignation sélective, ces agressions doivent être condamnées ! »

« Un blessé avec plaie à la tête »

« La police est intervenue pour disperser cette manifestation sauvage », a dit une source policière. La centaine de personnes s’est dispersée en différents groupes, et chacun est parti de son côté. » Elle a ajouté que « la situation [était] calme pour l’instant ».

Selon une autre source policière, « un blessé avec plaie à la tête » a été constaté « parmi les casseurs rue Saint-Maur ». A 22 heures, neuf personnes avaient été interpellées au cours de ce rassemblement, a dit cette même source.