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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Berlin : nuit d’émeute après l’expulsion du squat autonome Rigaer 94 [mis à jour]
Article mis en ligne le 10 juillet 2016
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Berlin : la manif contre l’évacuation d’un squat tourne à la violence

Le Parisien |10 juillet 2016, 19h50|0

De mémoire de Berlinois, la capitale allemande n’avait pas connu une manifestation aussi violente depuis cinq ans, selon le quotidien local « Berliner Zeitung ». Quelque 123 policiers ont été blessés -la plupart légèrement- , 86 personnes ont été interpellées et nombre de véhicules incendiés. En cause : l’évacuation d’un squat occupé illégalement par des militants d’extrême gauche et des autonomes, à Friedrischain, un quartier de l’ancien Berlin-Est.

La ville de Berlin a une longue histoire de squats de ce type, et d’incidents à l’occasion de leur évacuation par les forces de l’ordre. Il n’en reste toutefois plus que très peu aujourd’hui. La manifestation de samedi soir a rassemblé jusqu’à 3 500 personnes et s’est poursuivie par des incidents dans plusieurs quartiers centraux de Berlin. Il s’agissait de défendre ce squat mais aussi de lutter contre la gentrification et la hausse des loyers dans la capitale allemande. La municipalité a d’ailleurs déclaré à la guerre à Airbnb.

L’ampleur des conséquences n’a été établie et communiquée que dimanche par les forces de l’ordre. Quelque 1.800 policiers ont été mobilisés durant la nuit. Outre les policiers blessés par des jets de pierre, de bouteille ou par des coups, et les interpellations, la police a fait état de nombreuses voitures incendiées et de vitrines de magasin brisées dans la ville. Plusieurs manifestants ont été également légèrement blessés. Sur les 86 manifestants interpellés beaucoup ont été depuis relâchés.

Le responsable de l’Intérieur de la Ville-Etat de Berlin, Frank Henkel, a dénoncé « une orgie de violence de l’extrême gauche » et un « abus » du droit de manifester par « des anarchistes et fauteurs de troubles ».


Nuit enflammée contre la ville de riches

Le chat noir émeutier, 2016/07/11

La soirée de ce samedi 9 juillet en solidarité avec les maisons occupées et les squats de la Rigaerstrasse (et notamment avec le squat ‘Rigaer94’ expulsé le 22 juin dernier, ce qui avait immédiatement mis le feu à la ville) s’annonçait enflammée. L’État avait bien sûr anticipé les multiples appels au désordre à la suite de l’expulsion et les attaques diverses en solidarité lui ont rappelé ce à quoi il pouvait s’attendre (cette manifestation n’étant qu’une étape dans la lutte polymorphe contre les responsables de la chasse aux pauvres et aux indomptés du capitalisme) : plus de 1800 policiers, dont beaucoup ont été réquisitionnés de plusieurs Länder (Saxe, Basse-Saxe, Saxe-Anhalt, Thüringe, Brandebourg) ont été déployés pour encadrer cette manif.

Bien que l’atmosphère de la manif soit restée hostile envers la police du début à la fin, c’est au cours de la nuit que la majeure partie des dégâts a été causée aux infrastructures de cette ville de riches et du capital.

Le rencart donné à 21h sur la ‘Wismarplatz’ a réuni 1500 personnes et le nombre de participantEs a rapidement grimpé à 2000 pour atteindre finalement 3500 personnes au niveau de la ‘Rigaerstr’. A l’angle des ‘Grünberger Straße/Scharnweber Straße’, des personnes montent sur un toit avec des fumigènes et suspendent une banderole qui donne tout de suite le ton pour la manif : « Love R94 / Hate CG-Gruppe [groupe immobilier qui a racheté les bâtiments du n°94 de la Rigaerstr., ce qui explique en partie le pourquoi de l’expulsion, NdT] ». Ça fait à peine une demi-heure que la manif a débuté lorsque les premières pierres et bouteilles volent en direction des véhicules de patrouille de police. Au niveau de la Voigtstraße, un flic est blessé par un jet de pierre. A l’angle de la Rigaer et de la Voigtstraße, une trentaine de personnes démolissent une clôture de chantier pour aller choper des munitions. Vers 21h45, les flics anti-émeute reçoivent une telle pluie de projectiles (tirs de feux d’artifice, pierres, bouteilles, etc…) que plusieurs d’entre eux sont blessés. Les vitres de deux voitures garées sont fracassées et les flics font massivement usage de gaz lacrymo. Jusqu’à 22h30, des projectiles volent en continue sur les forces de l’ordre, que ce soient au carrefour de la ‘Liebigstraße’ et du ‘Weidenweg’ ou celui de la ‘Proskauer Straße’ et de la ‘Bänschstraße’. Au niveau de la ‘Liebigstraße’, deux keufs sont amochés par des jets de pierres bien placés. Au croisement de la ‘Rigaer Straße’ et de la ‘Zellestraße’, les flics et leurs véhicules se font une nouvelle fois canarder. Alors que le cortège arrive au niveau de la ‘Frankfurter Allee’, une bombe agricole atterrit sur les rangées des flics, ce qui ne manque pas de les faire stresser un petit coup : les services de la police criminelle emporte l’engin avec eux pour l’analyser. La manif proprement dite prend fin vers 23h15 avec quelques jets de projectiles sur les chiens de l’État.

Un aperçu de cette belle nuit enflammée à partir de plusieurs articles de la presse allemande :

Vers 23h40 dans la quartier ‘Prenzlauer Berg’, une fourgonnette de la société ‘AEG’ (spécialisée dans la production et la vente d’appareils électro-ménager) est incendiée dans la ‘Oderbruchstraße’.

Vers 1h00 à ‘Mitte’, trois voitures (‘Mercedes, Smart, Passat’) sont incendiées dans la ‘Kurstraße’. Le bâtiment de l’administration du Sénat dédiée au développement urbain est attaqué par un groupe d’une trentaine de personnes masquées avec des pierres et des bombes de peinture.

Aux alentours d’1h20 à ‘Friedrichshain’, une voiture de l’entreprise publicitaire ‘Wall’ (filiale du groupe ‘JC-Decaux’) part en fumée sur la ‘Platz der Vereinten Nationen’. Quasi simultanément, un caddy Volkswagen et un autre véhicule sont incendiés respectivement ‘Landsberger Allee’ et sur la ‘Comeniusplatz’.

Vers 2h à ‘Neukölln’, deux pelleteuses d’un chantier sont incendiées. Sur la ‘Mariannenplatz’ à ‘Kreuzberg’, des flics sont attaqués à coups de pierres par un groupe d’une centaine de personnes masquées.

Peu après 3h du mat’ à ‘Steglitz’, cinq véhicules sont en flammes dans la Robert-Lück-Straße. Malgré l’intervention rapide des pompiers, quatre d’entre eux sont complètement détruits.

Cette soirée qui s’est prolongée jusqu’à tard dans la nuit s’est terminée par 123 flics blessés et 86 personnes interpellées. Les flics ont engagé plus de 100 procédures pénales à l’issue de cette nuit, notamment pour « entrave au travail des forces de l’ordre ; graves atteintes à l’ordre public ; violences et blessures sur agents ; infractions à la loi sur les feux d’artifice », etc…


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