" />
Slogan du site

Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Persan et Beaumont (Val-d’Oise) : enquêteurs versaillais cherchent amateurs de chasse aux poulets
Article mis en ligne le 27 juillet 2016
Imprimer

Leur objectif : retrouver les tireurs des émeutes

Le Parisien | 26 juillet 2016, 7h00

Persan - Beaumont. Des enquêteurs se mobilisent pour arrêter les individus armés de fusils de chasse qui ont mis en danger les forces de l’ordre depuis la mort d’Adama Traoré.

Un jeune épaule son fusil de chasse au milieu de la cité, entouré par une dizaine d’émeutiers, et ouvre le feu. Des tireurs, tapis derrière des bosquets, s’en prennent aux véhicules de gendarmerie ou de police qui passent à une dizaine de mètres, et s’enfuient aussitôt en disparaissant dans l’obscurité. Les enquêteurs de la section de recherche de Versailles sont désormais à la recherche des individus armés de fusils de chasse qui ont visé les forces de l’ordre ces derniers jours à Persan et Beaumont-sur-Oise.

Au total, huit véhicules (police, CRS et gendarmerie) ont été ainsi ciblés depuis la mort d’Adama Traoré, 24 ans, décédé mardi dernier lors d’une interpellation. Des actes de violence inédits dans le Val-d’Oise depuis novembre 2007 et les émeutes de Villiers-le-Bel, pendant lesquelles 90 policiers avaient alors été blessés par des tirs.

Pendant les émeutes de Beaumont et de Persan, une quarantaine de policiers et gendarmes ont ainsi essuyé des coups de feu, selon nos informations — des tirs opérés souvent à hauteur de visage avec des fusils de calibre 12, chargé pour la chasse au petit gibier. Dix d’entre eux ont été légèrement blessés par les plombs, malgré leurs casques et gilets pare-balles. Un policier et un gendarme ont reçu un plomb au visage, à quelques millimètres d’un œil.

Au total, 25 coups de feu ont été comptabilisés au cours de la première soirée de violences, dans la nuit de mardi à mercredi, principalement dans la cité de Boyenval à Beaumont, où vivait Adama Traoré. Puis cinq tirs dans la nuit de vendredi à samedi, surtout au Village, à Persan. Des tirs qui n’ont pas fait l’objet de ripostes de la part des forces de l’ordre, avec leurs armes de service.

Pour retrouver les tireurs, les enquêteurs disposent de douilles récupérées sur place, ainsi que d’une des armes probablement utilisées, qui vont être analysées. Le fusil a été découvert par les gendarmes dans une planque à Boyenval, avec ses cartouches. Toute une série de caches ont aussi été découvertes. Y étaient rassemblés des engins incendiaires ou des cailloux, traduisant une action coordonnée des émeutiers.

D’autres procédures ont été ouvertes pour menace de mort contre les gendarmes, et même leur famille et leurs enfants. Un jeune a été dans ce cadre déféré devant la justice, dimanche, et placé sous contrôle judiciaire. Il devrait comparaître devant le tribunal le 25 août.

La situation s’est notablement calmée au cours du week-end, pendant lequel aucun affrontement avec les forces de l’ordre ne s’est produit, aucune confrontation directe. Une accalmie qui arrive alors que le rapport d’autopsie d’Adama Traoré a été rendu public hier. Bilan : même s’il souffrait d’une « très grave infection » et qu’aucune « trace de violence significative » n’a été relevée sur son corps, le médecin légiste n’a pas pu conclure à la cause du décès, comme l’a révélé hier l’avocat de la famille.

Malgré le retour au calme, la gendarmerie a maintenu hier soir un important dispositif sur les deux communes concernées.