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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Nîmes (Gard) : "Je n’ai pas l’habitude de rester dans un aquarium"
Article mis en ligne le 7 septembre 2016
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De la prison pour les quatre évadés du centre de rétention

Objectif Gard, 6 septembre 2016 à 19:13 (extrait)

Ce mardi après-midi, Ahmed, Saddam, Youcef et Hmaied étaient jugés devant le tribunal correctionnel de Nîmes après leur évasion, dans la nuit de vendredi à samedi, du centre de rétention administratif (CRA) de Nîmes. Deux évadés sont toujours en liberté.

La présidente du tribunal correctionnel de Nîmes, Christine Ruellan, aborde la personnalité de chacun des prévenus âgés d’une vingtaine d’années. Tous ont des casiers vierges et, pour trois d’entre eux, des diplômes. Ahmed est diplômé en maintenance industrielle et est venu en France avec l’ambition de trouver le travail qu’il n’a jamais eu en Tunisie. Youcef, lui, a exercé la profession de cuisinier en Turquie avant de se fâcher avec sa famille et de tenter sa chance en France. Hmaied a un diplôme de peintre en bâtiment et Saddam un BTS informatique.

Dans la nuit de vendredi à samedi, les fenêtres du centre de rétention ont été démastiquées et les barreaux écartés avec des draps. Mais ils le jurent tous les quatre, ils n’ont rien à voir là-dedans :

C’est les deux autres !, clame Saddam.

Les deux qui n’ont pas été rattrapés… Comme quoi, les absents ont toujours tort et encore plus devant un tribunal. Pour l’évasion, en revanche, pas le choix : ils plaident coupables.

J’ai vu un trou dans la fenêtre et je suis sorti, explique Ahmed.
Je n’ai pas l’habitude de rester dans un aquarium, surenchérit Youcef.

Hmaied, qui s’est cassé le poignet en s’évadant car la fuite exigeait un saut de 7-8 mètres, explique qu’il voulait récupérer un mystérieux téléphone. Et Saddam voulait aller chercher des papiers. Pour les quatre prévenus, la fuite a été très brève : 15 minutes à peine. La justice prendra un peu plus de temps pour rendre son jugement : relaxe générale pour les dégradations. Ils ont néanmoins été reconnus coupables pour l’évasion et écopent d’un mois de prison chacun. Seul Youcef, qui a refusé de donner ses empreintes, a été condamné à trois mois de prison.