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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Vivonne (Poitiers, Vienne) : six heures de mutinerie à la prison, une aile saccagée et cramée [+mis à jour transferts]
Article mis en ligne le 13 septembre 2016
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[Selon les premières estimations, il y en aura pour au moins six mois de travaux. Le syndicat UNSA évoque une facture de plusieurs centaines de milliers d’euros.
France Bleu Poitou , mardi 13 septembre 2016 à 18:08]

Mutinerie à la prison de Vivonne : 80 détenus transférés

AFP, 13/09/2016 à 20:48

Environ 80 détenus de la prison de Vivonne (Vienne), théâtre d’une mutinerie lundi soir, ont été transférés mardi dans d’autres centres pénitentiaires, en raison des dégâts causés par les incendies allumés par les mutins, dont deux meneurs doivent être déférés mercredi, a-t-on appris de source judiciaire. "Le bâtiment est inapte à recevoir du public", a expliqué à l’Agence France-Presse Emmanuel Giraud, délégué régional du syndicat FO pénitentiaire pour la Nouvelle Aquitaine. Même si un seul des trois étages du bâtiment a été touché par les flammes, le ruissellement de l’eau déversée par les pompiers pour maîtriser les incendies a mis "hors service le système électrique et la vidéosurveillance pour l’ensemble du bâtiment", a-t-il précisé.

En conséquence, une centaine des 178 détenus de ce bâtiment vont être transférés vers d’autres prisons de la région (Uzerche en Corrèze, Neuvic en Dordogne et Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne), a expliqué Emmanuel Giraud. Selon le procureur de la République de Poitiers Michel Garrandaux, 80 détenus ont été transférés mardi, quelques dizaines d’autres le seront mercredi. Selon le syndicaliste, les détenus restants pourront encore être hébergés "pendant quelques jours" à Vivonne, mais une demande a été faite auprès de l’Administration pénitentiaire pour obtenir la fermeture du bâtiment touché le temps d’effectuer les réparations.

Placés en garde à vue

Le centre pénitentiaire de Vivonne, inauguré en 2009, est un établissement mixte, ultra-moderne, combinant maison d’arrêt (305 places) et centre de détention (271 places), où a eu lieu la mutinerie. Il hébergeait ces jours-ci 525 détenus. Lundi, durant près de six heures, une cinquantaine de détenus avaient pris le contrôle du bâtiment endommagé après que deux d’entre eux avaient "bousculé" un surveillant pour lui voler son trousseau de clefs et son dispositif d’alarme.

Ces détenus, un Poitevin de 34 ans condamné pour trafic de stupéfiants et un Rochefortais de 30 ans condamné pour violences, étaient libérables en 2019 et 2018 respectivement. Tous deux ont été placés en garde à vue, doivent être présentés mercredi à un juge d’instruction, et feront l’objet de sanctions disciplinaires parallèlement aux poursuites pénales. Une information judiciaire a été ouverte mardi pour "vol avec violence sur agent de la force publique, mise en danger de la vie d’autrui, et dégradation de bâtiment public", a précisé le procureur.

Un des agresseurs hospitalisé

Plusieurs incendies avaient été allumés par les détenus et une dizaine de personnes (membres des forces de l’ordre et détenus) ont été hospitalisées après avoir inhalé des fumées. L’un des deux agresseurs du surveillant a lui aussi été hospitalisé pour un infarctus léger, vraisemblablement provoqué par les fumées. L’incident aurait comme origine le refus de permission de sortie à un détenu, qui s’est rebellé, entraînant d’autres détenus dans son mouvement, selon des sources pénitentiaires. Le calme avait été rétabli lundi soir après l’intervention d’unités spécialisées, qui avaient permis aux pompiers d’accéder au bâtiment.

Une enquête devrait permettre d’établir la responsabilité d’autres détenus pendant la mutinerie en vue d’autres poursuites éventuelles, une tâche rendue délicate toutefois par la mise hors service du système de vidéosurveillance par les mutins.


Ce que l’on sait de la mutinerie à la prison de Vivonne

Franceinfotv, 13/09/2016 | 08:46

Tout est désormais sous contrôle. Une cinquantaine de détenus se sont engagés dans une mutinerie de près de six heures, lundi 12 septembre au soir, à la prison de Vivonne, près de Poitiers (Vienne). Les mutins ont déclenché des incendies au sein de la détention qui ont fait plusieurs blessés légers. Franceinfo résume les événements de la soirée.

Que s’est-il passé dans le centre de détention ?

La mutinerie a débuté vers 17 heures, lorsque des détenus "sont parvenus à s’emparer du trousseau de clés du surveillant d’étage", selon un communiqué du ministère de la Justice. Les deux mutins sont parvenus à subtiliser aussi le talkie-walkie d’alarme du surveillant, ce dernier ayant pu s’extraire indemne de la coursive.

Les mutins ont pris possession de l’étage, qui héberge une cinquantaine de prisonniers. Ils ont ouvert les cellules et ont déclenché plusieurs départs de feu. Après avoir "mis le feu aux coursives et à l’atrium" (le rond-point central), des détenus "ont tout cassé à l’intérieur", a ajouté un délégué régional du syndicat FO. Les équipes régionales d’intervention et de sécurité (Eris), basées à Bordeaux, et des gendarmes mobiles sont alors intervenus vers 20h30. Ils ont repris le contrôle du 2e étage du centre pénitentiaire peu après 22 heures.

Quelles sont les raisons de cette émeute ?

L’incident aurait eu comme origine le refus de permission de sortie à un détenu, selon FO cité par France Bleu Poitou. Le détenu se serait rebellé, entraînant d’autres personnes dans son mouvement.

Le centre de Vivonne, inauguré en 2009, est un établissement mixte, ultra-moderne, combinant maison d’arrêt (305 places) et centre de détention (271 places). Il hébergeait ces jours-ci 525 détenus, ne suggérant pas de problème de surpopulation. Mais un syndicat indique avoir alerté, ces derniers mois, contre une tendance au regroupement vers Vivonne de détenus "difficiles" d’autres structures, mettant en garde contre le risque de voir le centre se transformer en "poubelle pénitentiaire".

Cette mutinerie a-t-elle fait des victimes ?

Les incendies ont fait onze blessés, intoxiqués par des inhalations de fumée. Il s’agit de cinq membres des forces de l’ordre et de six détenus, qui ont tous été hospitalisés. Un des prisonniers blessés a été victime d’un infarctus, précise FO.

L’incendie, qui a touché un étage sur trois d’un bâtiment de la détention, a été maîtrisé par les pompiers. Mais la prison a subi des dégâts. Une soixantaine de détenus devraient être relogés car leurs cellules sont désormais hors d’usage.

Des poursuites judiciaires devraient être engagées contre plusieurs détenus au fur et à mesure de l’enquête, a précisé le ministère de la Justice. A la suite de l’intervention des forces Eris, deux détenus de 30 et 34 ans, l’un condamné pour stupéfiants, l’autre pour violences, ont été placés en garde à vue. Les autres prisonniers de l’étage "ont été évacués vers le gymnase" de la prison.