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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Saint-Laurent (Guyane) : il suffit parfois d’une simple étincelle...
Article mis en ligne le 15 septembre 2016
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Émeutes à Saint-Laurent : premier procès le 15 novembre

France-Guyane, mercredi 14 Septembre 2016 - 09h18

Des violences ont éclatées dans la nuit de mardi à mercredi à Saint-Laurent, suite à l’arrestation d’un jeune homme, jugée violente par sa famille. Durant plusieurs heures les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour tenter de repousser loin de leur caserne une foule en colère . Ce mercredi midi, le maire et le commandant de la gendarmerie ont appelé au calme. Le jeune homme placé en garde à vue doit être jugé le 15 novembre à 8 heures, à Cayenne.

Hier soir, Saint-Laurent du Maroni a connu une nuit d’émeutes. La gendarmerie a dû affronter les habitants en colère.

En fin d’après midi, un jeune homme nommé Fabrice a été arrêté par les forces de l’ordre après avoir refusé de signer un procès verbal pour avoir conduit sa voiture sans permis et sous l’empire d’un état alcoolique. Une arrestation jugée violente et abusive par les membres de sa famille. Lors de l’arrestation, les chiens accompagnant les gendarmes auraient mordu des membres de la famille qui ont été hospitalisés.

Prise de colère, la famille de Fabrice s’est ensuite rendue à la gendarmerie afin de demander des comptes, sans pouvoir obtenir d’explications.

Vers 19 heures, les esprits ont commencé à s’échauffer et des pneus ont été brûlés devant la caserne. Des bouteilles en verre ont également été lancées en direction de la gendarmerie. Une heure plus tard, les gendarmes ont tenté de disperser la foule en envoyant des bombes lacrymogènes.

Des jeunes venus de plusieurs quartiers de Saint-Laurent ont riposté en lançant des cocktails molotov. Dans la bousculade, le père de Fabrice affirme avoir reçu des coups de la part des gendarmes.

Au cours de la nuit, un incendie s’est ensuite déclaré à la sous-préfecture. Un feu qui a pu être maîtrisé grâce à l’intervention des pompiers.

Les dégâts sont important. Des voitures ont été brûlées, des vitres brisées et plusieurs commerces ont subi des dégâts. La pharmacie, située non loin du cimetière, a également été cambriolée.

Il n’y a pas de marché dans la ville aujourd’hui. Dans un communiqué publié ce mercredi midi, le préfet annonce que la sous-préfecture restera fermée jusqu’à nouvel ordre, en raison des dégradations qu’elle a subies.

Ce mercredi midi, le maire Léon Bertrand et le général Valentini, commandant de la gendarmerie de Guyane, ont appelé au calme, lors d’une déclaration à la presse. "Je demande aux parents de rappeler les enfants pour qu’il n’y ait plus de débordements. Saint-Laurent vit déjà une situation difficile", a exorté le maire. Le général Valentini a prévenu que des gendarmes lourdement équipés seront en ville ce soir pour éviter de nouvelles émeutes.

Le jeune homme placé en garde à vue ce mardi soir doit être présenté au parquet en fin de journée. Le procureur de la République envisage de demander qu’il soit jugé le 15 novembre, à Cayenne, pour des délits routiers et des outrages. Deux autres personnes ont été placées en garde à vue cette nuit suite aux émeutes, un majeur et un mineur. Leur garde à vue se poursuit.