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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Rouen/Lille/Paris/Nantes/Grenoble/Rennes : un enterrement de première classe...
Article mis en ligne le 16 septembre 2016
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"Depuis le début des manifestations autour de la loi travail, 620 policiers et gendarmes ont été blessés. Ces violences sont inacceptables et ont conduit les forces de l’ordre à interpeller aujourd’hui 62 individus, dont 32 ont été placés en garde à vue", a précisé Bernard Cazeneuve dans un communiqué. "Au total, 15 policiers et gendarmes ont été blessés à Paris et en province, dont deux grièvement, qui ont été hospitalisés", a-t-il ajouté, regrettant des incidents dans la capitale mais aussi à Nantes, Rennes, Rouen, Grenoble, Toulouse et Montpellier.

Selon la préfecture de police de Paris, 16 personnes ont été interpellées pendant la manifestation parisienne, pour "port d’armes prohibées, rébellion, violences sur agents de la force publique et dégradations de biens publics". Quatre manifestants ont été blessés, ainsi que huit policiers et gendarmes, dont "2 présentant des brûlures suite aux jets de cocktails Molotov".

Selon les autorités, 78.000 personnes ont défilé, 65.000 en régions et 13.000 à Paris. La CGT de son côté en a comptabilisé 170.000, dont 40.000 dans la capitale, des chiffres supérieurs aux deux manifestations précédentes des 5 juillet et 28 juin.

(diverses dépêches, 15 Septembre 2016 - 20:55)


Nantes : un petit tour

Ouest-France, 15 septembre 2016

9 h 30 - Blocage au lycée Albert-Camus
Depuis 7 heures ce jeudi, des lycéens ont monté des barricades devant l’établissement scolaire nantais, où l’entrée ne se fait qu’au compte-gouttes.

11 h 34 - Un défilé encadré par les forces de l’ordre
La préfecture affiche la même fermeté qu’avant l’été. Deux arrêtés ont été signés par le préfet. L’un interdit "tout défilé qui anticiperait ou prolongerait, au-delà du point de dislocation, le rassemblement intersyndical annoncé sur le territoire de la commune de Nantes". Un second a été pris pour interdire le port et le transport, sans motif légitime, d’objet pouvant constituer une arme, sur l’île de Nantes et dans le centre-ville depuis 8 heures ce jeudi.

11 h 56 - Les forces de l’ordre visées par des projectiles
La situation s’est tendue, ce jeudi matin, lors d’un arrêt du cortège devant la préfecture, quai Ceineray. Des projectiles ont été envoyés contre les forces de l’ordre.

12 h 05 - Gaz lacrymogènes et canons à eau utilisés devant la préfecture

12 h 24 - Près de 4 000 manifestants selon la préfecture
Alors que le cortège a repris son cheminement sous étroite surveillance, la préfecture vient d’annoncer un chiffre d’environ 4 000 manifestants.

12 h 30 - Le cortège de retour place du Commerce

13 h 08 - Les manifestants se dispersent
La plupart des manifestants ont quitté la place du Commerce. Ne restent que quelques petits groupes clairsemés, encadrés par de nombreuses forces de l’ordre.


Rouen : les permanences LR et PS, la Banque de France repeintes

À Rouen (Seine-Maritime), la manifestation s’est déroulée dans un climat parfois tendu. La vitrine du local du parti Les Républicains en centre-ville a été la cible de jets de projectiles tandis que le local du PS, rue de la République, complètement barricadé depuis les précédentes manifestations a une nouvelle fois été tagué. La Banque de France a également été « repeinte » par des manifestants. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène.
(Normandie-actu, 16/09/2016 à 08:28)


Grenoble : y en a un pas un cent...

F3Alpes, 15 septembre 2016 à 14:32

Ils sont partis de la gare de Grenoble ce jeudi 15 septembre 2016, en milieu de matinée, pour défiler jusqu’au centre-ville. Les opposants à la Loi Travail ne désarment pas à Grenoble. Les anarchistes non plus. Une quarantaine d’entre eux se sont imposés à la tête du cortège.

A Grenoble, le cortège s’est ébranlé vers 10h30. 3000 personnes selon les syndicats, moins de 2000 selon la police. A sa tête, les ex Ecopla toujours volontaires pour monter leur Scop et les Caterpillar inquiets pour leur avenir.

Le défilé qui se déroulait dans une ambiance plutôt bon enfant a été interrompu au niveau du quai Créqui. La CGT n’appréciant pas l’intervention d’une quarantaine d’anarchistes qui se sont imposés à la tête du cortège, en brandissant des fumigènes, visages masqués.


Rennes : fac bloquée

20Minutes, 15.09.2016 à 14:43

La journée avait commencé par le blocage de l’université Rennes 2. Tôt ce matin, des étudiants ont paralysé le campus de Villejean, barrant l’accès aux étudiants qui venaient en cours.

Les manifestants se sont ensuite réunis sur l’esplanade de Gaulle, encerclée par les forces de l’ordre. Le préfet avait de nouveau donné ordre de bloquer l’accès au centre historique, théâtre d’affrontements ces derniers mois. Les barrières anti-émeutes ont été installées. Le trafic des bus a d’ailleurs été fortement perturbé.

Le cortège a souvent été coupé en deux. D’un côté les syndicats, qui ont suivi le parcours établi, et de l’autre les jeunes. Quelques heurts ont éclaté lorsque les deux cortèges se sont réunis, place de Bretagne. Les CRS, en sous-nombre en raison de la tenue toute proche du Space, et souvent en retard, ont tenté de bloquer l’accès à la place. Plusieurs manifestants ont essuyé des coups de matraque, avant un retour au calme. Sur leur chemin, quelques individus ont laissé des tags anarchistes.

A 13h30, la manifestation commençait à se disperser.


Loi Travail : un militant syndical perd un œil dans la manifestation parisienne

AFP, 16/09/2016 | 22:29

La "police des polices" a été saisie après qu’un militant SUD a perdu, selon un syndicat, l’usage de son oeil lors de la manifestation parisienne du jeudi 15 septembre contre la loi Travail, "vraisemblablement" à cause d’un tir de grenades lancé par des policiers.

L’homme de 46 ans, secrétaire médical à l’hôpital Albert-Chenevier de Créteil, "a vraisemblablement reçu au visage un morceau d’une grenade lancée par les forces de l’ordre", écrit Solidaires dans un communiqué, dénonçant un "usage disproportionné" de la force. "Malheureusement, malgré les soins prodigués cette nuit à l’Hôpital Cochin", il "a perdu l’usage de son œil", poursuit l’union syndicale. De son côté, le beau-frère de la victime indique à BuzzFeed que les équipes médicales n’ont "pas réussi à sauver son œil". "Ils ont essayé de reconstruire son œil, mais ils ont dû remplacer sa rétine par une bille pour pouvoir installer une prothèse plus tard", explique ce proche.

Le parquet de Paris a saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", indique une source judiciaire. Aucune plainte n’a été déposée à ce stade, précise cette source..


Paris : un récit partiel
(extrait de "On est encore là... Récit de la journée du jeudi 15 septembre", Paris-luttes, 16 septembre 2016)

PENDANT

Alors faites vos jeux, rien ne va plus, on était 13 000 selon la police, et 40 000 selon la CGT.

Sur le boulevard Beaumarchais, le cortège de tête se met en place peu à peu. Ça fait plaisir de voir qu’on est super nombreux-nombreuses, quelques centaines au départ, puis quelques milliers au fil du défilé (certain-e-s disent qu’on constituait numériquement le tiers voire la moitié de toute la manifestation). Toujours aussi hétéroclite, entre les groupes de manifestant-e-s tout en noir et d’autres plus bigarré-e-s, les sans-parti-ni-syndicat et les avec-drapeau-syndical, le cortège de tête, autonome et déterminé, est celui qui porte l’esprit et la dynamique des manifestations contre la loi Travail depuis le 24 mars dernier ! Cette fois encore, il y avait beaucoup de banderoles, de pancartes, et dès le début des tags ont décoré le mobilier urbain. Une banque Société Générale a vu ses vitres brisées sous les clameurs de la foule et les slogans anticapitalistes, ce qui semblait annoncer une série d’attaques le long de la manif, mais l’omniprésence policière - notamment sur les côtés - a passablement niqué l’ambiance au niveau de l’offensive matérielle contre les représentations du capital. Si des panneaux de pub ont été attaqués (leurs protections en bois arrachées, leurs vitres brisées et/ou taguées), peu d’autres cibles commerciales ont trouvé les casseur-euse-s qu’elles méritaient pourtant. Au lieu de ça, les flics anti-émeute se sont fait remarquer par leurs nombreuses incursions et tentatives répétées de fragmenter le cortège de tête et/ou de le couper du reste de la manif. Des tentatives d’arrestation ont été mises en échec à plusieurs reprises, avec des combats au corps à corps parfois flippants mais une solidarité qui a permis d’éviter un paquet d’interpellations au fil du défilé. De nombreux affrontements ont donc eu lieu tout au long de la manif : caillasses, bouteilles et bombinettes incendiaires contre lacrymos, grenades de désencerclement et coups de flashballs et de matraques. Avec parfois l’impression que pour toute une partie du cortège de tête, l’habitude s’était perdue de venir avec masques efficaces et lunettes de piscine ou de ski pour se protéger des gaz lacrymogènes (peut-être était-ce par peur des contrôles/fouilles ? ou simplement par de nombreuses saisies pendant les fouilles ?). Le sérum phy’ a donc pas mal tourné, l’entraide étant palpable pour une grande partie des manifestant-e-s au sein du cortège de tête malgré la terreur policière.

Le nombre de blessé-e-s a semblé assez élevé à nouveau, les medic-teams ont été pas mal sollicitées...

La manif, trop courte, entre Bastille et République, du boulevard Beaumarchais au boulevard du Temple, a d’une certaine manière continué encore longtemps sur la place de la République, où des panneaux de pub ont été brisés et/ou tagués, et où les flics ont dans un premier temps pris cher à coups de projectiles divers et de bombinettes incendiaires assez impressionnantes. Mais la flicaille quadrillait évidemment toute la place, donc ça sentait pas mal le traquenard, il fallait regarder autour de nous en mode panoramique pour s’assurer de la situation... Plusieurs charges de flics se sont cette fois terminées par des arrestations, malgré l’autodéfense collective et les renvois à répétition des palets de lacrymo. La place a été noyée sous les gaz lacrymogènes à plusieurs reprises, divisant de fait la foule en plusieurs groupes.

Pendant ce temps, le reste de la manif arrivait, ou pas, jusqu’à République, parfois en quittant la place immédiatement par le boulevard Voltaire sous le regard dégueu des services d’ordre syndicaux et des flics anti-émeute (ces derniers étaient vraiment partout).

APRÈS

La place de la République se vidant progressivement, une manif sauvage a réussi à partir au nord-est de la place. On devait être 300 personnes, avec les flics aux trousses, des poubelles ont été renversées tout au long du chemin, parfois enflammées, tandis que les flics attaquaient sporadiquement à coups de matraques... Ça a duré comme ça jusqu’à Gare du Nord, où une dizaine de personnes ont été interpellées en groupe - avant d’être embarquée, une meuf a réussi à se libérer des menottes serflex et s’est évadée en beauté (big up à elle aussi, bah oui).

Au même moment, une AG étudiante était annulée avec les gros moyens du côté de Tolbiac (Paris I) : fac fermée de tous côtés, une quinzaine de fourgons de CRS protégant l’entrée principale de l’Université de toute intrusion éventuelle (avec certains CRS le fusil aux mains), dans l’indifférence générale des passant-e-s. Une AG interpro/interluttes s’est tenue, elle, à la Bourse du travail de la rue du Château d’Eau.

Peut-être plus que jamais depuis le début du mouvement, il va falloir se pencher sur la question de comment continuer sans les syndicats. Et plus largement, comment réussir à accroître la poussée révolutionnaire qui s’exprime dans ce mouvement sans créer de nouveaux suivismes, de nouveaux partis (même imaginaires), de nouveaux chefs et autres leaders charismatiques. Comment faire grandir l’auto-organisation et l’horizontalité recherchées. Et comment réussir à communiquer nos pratiques et perspectives révolutionnaires au-delà du cortège de tête et des luttes existantes...


Lille : le cortège de tête tient la tête

Loi Travail : les autonomes font main basse sur le baroud d’honneur
Voix du Nord, 15/09/2016

Malgré une composition de cortège qui a vu 150 autonomes en prendre la tête, la 14e manifestation contre la loi Travail s’est déroulée sans heurts significatifs ce jeudi. Le « baroud d’honneur » a réuni plus de 2 000 personnes dans les rues de Lille.

L’explication vaut son pesant d’or. Un premier syndicaliste CGT lâche : « C’est un tirage au sort qui les a placés là. C’est la démocratie. » Un autre membre du service d’ordre confirme « qu’il n’y a aucun malaise ». Un troisième dément les deux premières informations. « On ne voulait pas envenimer les choses. » Dès le début de cette 14e manifestation contre la loi Travail, 150 autonomes ont décidé de virer en tête. Le flottement est immédiat dans le cortège. Syndicalistes et manifestants prennent leurs distances. Physiquement. Une vingtaine de mètres les séparent. Le rythme est donné. Ceci posé, le baroud d’honneur annoncé est tout sauf ridicule, « malgré la difficulté à mobiliser ».

« Ne pas être présent aurait été accepter la victoire gouvernementale »

Plus de deux mille personnes sont présentes. Hugo Vandamme, secrétaire de la section lilloise du PCF, lâche « que ne pas être présent aurait été accepter la victoire gouvernementale ». Lui réfléchit avec d’autres à une action politique de fond. Parle d’économie solidaire, de services publics. Jean-Louis Van de Wiele pointe sa tête. Le retraité Sud est là depuis le début. Quatorze défilés et toujours en jambe. « On n’a jamais vu un gouvernement, qui plus est de gauche, recourir autant au 49.3. Cette manifestation est l’expression de la démocratie. » Le défilé s’ébroue. Sur un faux rythme. S’éternise parfois et agace quelques manifestants.

Deux manifestations en une

En tête, les autonomes s’arrêtent où ils veulent. Imposent leur rythme. Tentent de réduire la distance avec les autres manifestants. Font monter la pression devant le QG des identitaires, près de la rue des Arts. Crient leur hostilité aux banques de la rue Nationale. Essaient de saccager la Frite rit où travaillait Claude Hermant, figure de l’extrême-droite aujourd’hui placée en détention préventive. Sont calmés à coups de lacrymos. Bloquent le carrefour de la place Jeanne-d’Arc tandis que les autres manifestants regagnent, eux, la place de la République confirmant l’impression de deux manifestations en une. À l’heure de la dislocation, une interrogation se fait lancinante. « Que faire maintenant ? » Quelques-uns émettent l’idée d’une 15e manifestation. Celle-ci aura de toute façon battu tous les records par sa… durée.


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