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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

[Publication] : Avalanche n°8, journal international de correspondance anarchiste, est sorti !
Article mis en ligne le 20 septembre 2016
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Les anarchistes se sont toujours appropriés des moyens pour faire des idées antiautoritaires et des luttes une matière pour alimenter le dialogue et l’action subversives. C’est en ce sens-là que cette publication se veut aussi un moyen et plus précisément, celui d’offrir un espace pour nourrir le débat international entre anarchistes. C’est pourquoi ces pages laisseront surtout la place aux combats dont le ressort est anarchiste : des luttes autonomes, directes et auto-organisées ; des combats qui poussent vers la destruction du pouvoir sous toutes ses formes ; des luttes qui se déroulent aujourd’hui, comme hier ou qui sont à venir.

Lire ici Avalanche n°8, septembre 2016, 20 p
ou sur leur site (en anglais, français, espagnol, allemand) :
http://avalanche.noblogs.org/


Extrait de l’introduction :

Mais les idées ne suffisent pas. La volonté d’en découdre, le courage d’affronter les horreurs de ce monde, la décision d’attaquer sont tout autant nécessaires. Mais elles seules ne suffisent pas non plus. Il faut encore autre chose, il faut un projet, une orientation qui mette ensemble tous les éléments de l’agir anarchiste : les idées, les analyses, la méthodologie, la volonté, la perspective. Cette projectualité est notre boussole. Elle n’est pas « locale », elle n’est pas liée à une seule lutte ou à une seule intervention, elle traverse tous nos choix, tous nos engagements, toutes nos recherches, toutes nos discussions. Elle ne peut pas aspirer non plus à résoudre tous les problèmes qui peuvent se poser, à prévoir tous les obstacles à affronter, à donner, en quelque sorte, des garanties. Non, elle ne peut pas nous fournir une certitude, elle ne fait que nous accompagner sur la route. La certitude d’arriver n’en fait pas partie.

De nombreuses compagnonnes et de nombreux compagnons reculent devant ces réflexions, ou reculent à force de poser en quelque sorte les mauvaises questions. Qu’importe la forme dans laquelle notre projectualité pourrait s’incarner à un certain moment (une lutte spécifique, une intervention dans des troubles sociaux, une trajectoire autonome d’attaques diffuses...), on ne devrait pas avoir peur du fait que ces formes ne peuvent, en soi, contenir toute la complexité des choses. Tout choix qu’on fait nous amène à faire des expériences, à approfondir certains aspects, à apprendre des erreurs aussi, pour ensuite tout recommencer, mais avec quelque chose en plus dans nos bagages. En d’autres mots, il faut oser mettre, à un certain moment, aussi un point à l’accumulation quantitative des analyses, des capacités, des contacts... « Fermer les livres » (pas pour arrêter de réfléchir évidemment), pour rendre l’action possible. C’est le moment où la qualité fait irruption. N’ayons pas peur d’elle. Ne la détruisons pas avec trop de bavardages, trop de masturbations mentales : elle est la vie même, il faut l’embrasser, pas la rejeter.

Cette projectualité insurrectionnelle, est-elle capable d’identifier l’ennemi ? Est-elle capable d’aller au-delà des façades de la domination ? La production, le travail, la reproduction, le contrôle, la guerre : tous dépendent du bon fonctionnement de ce que le pouvoir définit lui-même comme des « infrastructures critiques » : l’énergie, le transport et la communication. La domination de demain, les chaînes de demain, sont forgées dans les laboratoires de nanotechnologies, de biotechnologies, de technologies de l’information et de la communication. La projectualité insurrectionnelle ne devrait alors pas s’arrêter à une seule façon de s’articuler, c’est la méthodologie et la perspective qui lient toutes les interventions entre elles. Ici elle prend la forme d’une lutte spécifique contre une nouvelle ligne de haute tension ou l’exploitation d’une mine à ciel ouvert, là-bas elle s’exprime dans la diffusion de sabotages contre les petites structures technologiques et énergétiques disséminés sur le territoires, encore ailleurs elle se concrétise dans la destruction des laboratoires du pouvoir.

Le deuxième aspect de cette projectualité, c’est d’être préparés pour intervenir lors des éruptions de rage qui ne cessent d’éclater autour des murs qui séparent les inclus et les exclus. Pour y intervenir, une certaine proposition organisationnelle pourrait être nécessaire, autant envers les anarchistes qu’envers d’autres rebelles. L’organisation informelle, des petits groupes basés sur l’affinité et orientés vers l’attaque, la coordination entre elles, une certaine mise en commun des connaissances, des informations et des moyens ; sans négliger que cette organisation informelle peut, à des moments d’explosion sociale et lors de luttes spécifiques, faire partie d’une proposition d’auto-organisation envers les exclus. Même si elle serait plutôt potentielle qu’effective, son mérite c’est de diffuser la méthodologie anarchiste, l’armement des exclus pour affronter leurs ennemis.

C’est le défi qui incombe aujourd’hui à tous les anarchistes qui partagent la perspective insurrectionnelle que de contribuer à clarifier cette projectualité, à l’articuler, à la faire vivre, à la proposer. L’alternative, c’est se laisser emporter par les vagues de la tempête et s’écraser sur les rochers. L’ennemi n’attend que cela.