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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Beaumont (Val d’Oise) : enquêteurs versaillais cherchent amateurs de chasse aux poulets (bis)
Article mis en ligne le 24 septembre 2016
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Beaumont-sur-Oise : un tireur des émeutes incarcéré

Le Parisien | 23 septembre 2016, 20h40

Les gendarmes avaient essuyé des dizaines de coups de feu lors des émeutes qui avaient éclaté pendant quatre nuits à Beaumont-sur-Oise et à Persan, après la mort d’Adama Traoré. Un homme âgé d’une trentaine d’années, soupçonné d’avoir ouvert le feu au fusil de chasse, a été interpellé par les gendarmes le 4 septembre dernier, puis mis en examen pour tentative d’assassinat. Le suspect, proche de la famille Traoré, connu pour des faits d’extorsion et de trafic de stupéfiant notamment, a été placé en détention provisoire. Les gendarmes de la section de recherche de Versailles (Yvelines), chargés de l’enquête sur commission rogatoire d’un juge d’instruction, l’ont identifié notamment grâce aux prélèvements ADN effectués sur les étuis retrouvés dans la cité après les émeutes. D’autres tireurs sont toujours activement recherchés par les enquêteurs.

Après la mort d’Adama Traoré, survenue le 19 juillet dernier après son interpellation, une vague de violence avait submergé les deux communes de Beaumont et de Persan. Pendant quatre nuits, les gendarmes ont essuyé au moins une soixantaine de coups de feu, tiré au fusil de chasse de calibre 12 pour une grande partie. Mais les enquêteurs ont pu déterminer que des projectiles de calibre 7.65 ou 22 long rifle avaient été utilisés contre eux, probablement avec des armes longues. Une première dans le Val-d’Oise depuis Villiers-le-Bel.

Douze gendarmes et un policier ont été blessés lors des émeutes par ces tirs d’armes à feux qui visaient le plus souvent les visages. Ils ont été touchés malgré les gilets pare-balles et les casques. Signe de la violence des affrontements, un fourgon de gendarmerie, parmi la dizaine visée par les tirs, présentait environ 400 impacts de plombs. Autant de tirs qui n’ont pas fait l’objet de ripostes des forces de l’ordre avec leurs armes de service. À ce jour 38 gendarmes ont déposé plainte pour tentative d’homicide. 16 plaintes pour menaces de morts ont été également déposées.

Pour retrouver les tireurs, les enquêteurs disposent de douilles récupérées sur place lors de plusieurs opérations de ratissages systématiques du quartier après les émeutes. Ils ont également saisi une des armes probablement utilisée, découverte dans une cache dans le quartier de Boyenval, avec ses cartouches. Toute une série de planques ont également permis de récupérer des engins incendiaires.

L’enquête sur la mort d’Adama Traoré est conduite par l’inspection générale de la gendarmerie. Malgré deux autopsies, qui relèvent l’absence de coups et un syndrome asphyxique, l’origine de la mort n’a pas pu être déterminée. Un rapport intermédiaire des analyses en cours évoque une maladie du muscle cardiaque. Cette instruction judiciaire pourrait être dépaysée à la demande de la famille Traoré.


A Paris, des lycéens en colère crient « Justice pour Adama »

AFP | 23 septembre 2016, 7h52

Le Mili, mouvement de lycéens et d’étudiants, avait appelé à faire hier une journée de « lutte contre la loi Travail » et à dénoncer les violences policières. Ainsi, une centaine de lycéens ont bloqué le lycée Voltaire à Paris (XIe). Plusieurs avaient le visage dissimulé et criaient « Justice pour Adama » pour soutenir la famille du jeune homme de 24 ans mort cet été à Beaumont-sur-Oise lors d’une interpellation.

Dans les rangs d’une manifestation — composée d’adultes autant que d’élèves — partie du lycée Bergson (XIXe) un petit groupe portait aussi une banderole de soutien à Jo Le Phéno. « Tout le monde déteste la police », pouvait-on entendre. Jo Le Phéno, rappeur amateur originaire de Paris, est dans la ligne de mire de Bernard Cazeneuve qui a porté plainte contre lui, l’accusant de « haine antiflics », et lui offrant ainsi une exposition médiatique qu’il n’a jamais eue.